1 mars 2012 / 08:49 / dans 6 ans

Grèce et austérité en question au sommet européen

<p>Le dossier grec et la difficile t&acirc;che d'associer aust&eacute;rit&eacute; budg&eacute;taire et politiques de croissance domineront l'agenda du sommet europ&eacute;en qui se tient jeudi et vendredi &agrave; Bruxelles. /Photo d'archives/REUTERS/Yannis Behrakis</p>

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Le dossier grec et la difficile tâche d‘associer austérité budgétaire et politiques de croissance domineront l‘agenda du sommet européen qui se tient jeudi et vendredi à Bruxelles.

Longtemps attendue, une décision sur le renforcement des capacités du futur Mécanisme européen de stabilité (MES) ne devrait finalement pas intervenir cette semaine, l‘Allemagne, qui s‘y est fermement opposée jusqu’à maintenant, ayant indiqué que cela serait étudié dans le courant du mois de mars.

Berlin souhaite non seulement attendre que le dossier grec soit réglé mais aussi profiter de ce sommet pour discuter de croissance et d‘emploi, ce qu‘un précédent Conseil européen fin janvier n‘avait pas vraiment réussi à faire.

“C‘est peut-être moins spectaculaire que des mesures sur les fonds de soutien, mais il est très important que les dirigeants européens discutent de choses aussi importantes que la croissance, l‘emploi et la compétitivité dès le début de l‘année”, a expliqué une source allemande.

Un groupe de pays, emmené notamment par l‘Italie et l‘Espagne, a engagé depuis plusieurs semaines une discussion avec les autorités européennes sur la nécessité d‘insister sur des politiques de croissance tout autant que sur les efforts d‘austérité budgétaire.

Le nouveau gouvernement espagnol de centre-droit de Mariano Rajoy a même intensifié ces derniers jours son lobbying auprès des responsables européens afin que les objectifs de déficit agréés avec Bruxelles soient adoucis.

L‘Espagne a annoncé mardi que son déficit pour 2011 serait de 8,5% du PIB contre un peu plus des 6% attendus. Le pays s‘est engagé à ramener son déficit à 4,4% du PIB d‘ici la fin de l‘année mais cet objectif signifierait réaliser plus de 40 milliards d‘euros d’économies, une somme jugée irréaliste dans un pays qui entre dans sa seconde récession en trois ans.

“MOINS DE DRAME”

Plusieurs sources de haut rang ont indiqué mercredi à Reuters que Mariano Rajoy avait convaincu l‘Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et une poignée d‘autres pays de soutenir son offensive afin que la Commission accepte de revoir les objectifs de déficit pour 2012.

Mais cette dernière a prévenu qu‘elle n‘avait aucune intention d’être flexible sur les objectifs avant de connaître les raisons du dérapage de 2011 et d‘avoir les détails de nouvelles mesures d‘austérité en préparation à Madrid.

“Seulement à ce moment-là nous serons en mesure de prendre une décision”, a réitéré José Manuel Barroso, le président de l‘exécutif communautaire, lors d‘une conférence de presse.

L‘ancien Premier ministre portugais a également promis un sommet avec “moins de drame” que les précédents et s‘est voulu résolument positif sur les réponses que l‘UE a mises en place pour répondre à la crise de la dette, qui vient d‘entrer dans sa troisième année.

Dix jours après l‘accord intervenu entre ministres des Finances de la zone euro sur un deuxième plan d‘aide à la Grèce, les chefs d‘Etat et de gouvernement des Vingt-Sept feront le point sur la mise en oeuvre des décisions en vue de débourser l‘aide à temps pour éviter un défaut incontrôlé du pays sur sa dette dans la troisième semaine de mars.

La Grèce a officiellement lancé vendredi son offre d’échange de dette pour les porteurs privés d‘obligations afin d‘effacer plus de 100 milliards d‘euros de dette dans le cadre du plan de sauvetage de 130 milliards d‘euros qui lui a été consenti.

Mais, avant de donner leur feu vert final, plusieurs pays, dont l‘Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, souhaitent vérifier si Athènes a bien mis en oeuvre un programme de 38 actions prioritaires qui lui avait été demandées.

UN SOMMET EXTRAORDINAIRE PAS EXCLU FIN MARS

Le parlement grec a approuvé des lois afin de réduire les salaires et les retraites. Il doit aussi s‘attaquer à une vaste réforme du système de santé.

Ces mesures sont également demandées par le Fonds monétaire international, qui doit encore décider mi-mars de sa contribution finale au nouveaux prêts consentis à la Grèce.

La contribution du Fonds dans de précédents plans de soutien à l‘Irlande et au Portugal était de 25% mais elle pourrait cette fois être bien plus faible, autour de 10%.

Selon la chorégraphie expliquée par plusieurs diplomates européens de haut rang, ces différentes décisions devraient permettre à Berlin de desserrer l’étau sur les ressources allouées au MES et d‘accepter que celles-ci soient utilisées en parallèle de celles encore disponibles dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Les deux fonds pourraient alors disposer d‘environ 750 milliards d‘euros et ainsi rassurer les marchés sur la capacité de la zone euro à venir en aide si besoin à des pays comme l‘Italie ou l‘Espagne.

Il n‘est pas exclu qu‘un sommet extraordinaire soit organisé à cet effet d‘ici la fin du mois de mars.

Edité par Dominique Rodriguez

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