24 février 2012 / 20:13 / il y a 6 ans

La Grèce lance officiellement l'échange de dette

par George Georgiopoulos

<p>La Gr&egrave;ce a officiellement lanc&eacute; vendredi son offre d'&eacute;change de dette pour les porteurs priv&eacute;s d'obligations dans le cadre du deuxi&egrave;me plan de sauvetage de 130 milliards d'euros qui lui a &eacute;t&eacute; consenti. /Photo d'archives/REUTERS/Yannis Behrakis</p>

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a officiellement lancé vendredi son offre d’échange de dette pour les porteurs privés d‘obligations dans le cadre du deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d‘euros qui lui a été consenti.

Un communiqué du ministère grec des Finances confirme les modalités de cet échange telles qu‘elles ont été présentées cette semaine.

Cette procédure a été finalisée après des mois de négociations tortueuses entre Athènes et ses créanciers, compliquées par les exigences sévères posées par les partenaires européens de la Grèce, la présence de hedge funds jouant la montre afin que le pays fasse défaut et qu‘ils puissent encaisser les CDS sur les obligations grecques et celle de la Banque centrale européenne.

Cet échange de dette doit permettre à la république hellénique de réduire son endettement public de 100 milliards d‘euros sur un total qui dépasse 350 milliards.

Les banques, les assureurs et d‘autres investisseurs détiennent un total de 206 milliards d‘euros d‘obligations grecques qui subiront une décote faciale de 53,5% avec une perte réelle entre 73% et 74%.

Selon les termes de l‘accord, les investisseurs empocheront des obligations assorties de maturités allongées d‘une valeur représentant 31,5% des titres qu‘ils détiennent ainsi que des obligations à court terme émises par le Fonds européen de stabilité financière représentant 15% de la valeur des anciennes dettes.

Les nouvelles obligations serviront un coupon moyen de 3,65% et seront régies par la législation britannique.

Les créanciers ayant accepté d’échanger leurs titres se verront remettre en plus des titres qui leur permettront de récupérer des versement additionnels calculés selon l’évolution du PIB grec.

LE DOUTE DEMEURE

L’échange de dette, parfois appelé PSI (private sector involvment, implication du secteur privé), est censé permettre à la Grèce de ramener son ratio d‘endettement à 120% de son produit intérieur brut d‘ici 2020 contre 160% aujourd‘hui dans l‘espoir qu‘elle puisse à terme retrouver un accès aux marchés obligataires.

Le processus doit également permettre au bloc monétaire de retrouver une certaine stabilité et de le protéger du spectre d‘une faillite pure et simple de la Grèce qui continue de menacer l’équilibre de la zone euro.

S‘il offre un répit aux Grecs et aux responsables politiques athéniens, qui ne sont plus sous le coup d‘une banqueroute immédiate, l‘accord n‘a pas répondu à toutes les questions posées sur la viabilité de la dette du pays ni à la manière dont l‘Etat grec, presque exsangue, pourra retrouver le chemin de la croissance.

Les autres membres de la zone euro ont en effet exigé de la Grèce qu‘elle mette en oeuvre des mesures extrêmement dures et impopulaires qui, selon une partie de la population menace de les appauvrir.

Ces mesures, mélant hausse des impôts et baisses des salaires et des retraites ont provoqué une flambée des chiffres du chômage, conduit à la fermeture de nombreuses entreprises et amené des milliers de grecs à descendre dans la rue pour des manifestations quasi-quotidiennes et parfois violentes.

Athènes espère pouvoir conclure la procédure d’échange de dette d‘ici au 12 mars. Toute la question est désormais de savoir quelle proportion de créanciers y participeront.

Selon un responsable politique grec, le gouvernement est optimiste et pense qu‘elle sera massive.

Charles Dallara, directeur général de l‘Institut de Finance internationale (Ifi), qui représentait les créanciers privés, a lui aussi fait part de sa confiance.

“Nous sommes plutôt confiances sur le fait que, lorsqu‘ils auront pris connaissance des termes de l’échange de dette, il y aura une forte participation”, a-t-il dit depuis Mexico où s‘ouvre une réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays du G20.

La Grèce a indiqué qu‘elle ne serait pas obligée de procéder à l’échange de dette si la participation se révélait inférieure à 90%. Si elle ressort entre 75% et 90%, elle lancera alors des consultations associant ses créanciers publics.

À un taux inférieur à 75% l’échange ne se produira pas, a prévenu Athènes.

Le pays a par ailleurs fait adopter un texte de loi permettant le déclenchement d‘une clause d‘action collective, rendant l’échange obligatoire une fois qu‘un niveau de participation de 66% aura été atteint.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Cyril Altmeyer

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