22 février 2012 / 12:37 / dans 6 ans

La crise de la dette au menu du G20, à nouveau

<p>Le pr&eacute;sident mexicain Felipe Calderon s'adressant, d&eacute;but f&eacute;vrier, aux sherpas du G20 dont le Mexique prend la direction, &agrave; la suite de la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise. La crise de la dette souveraine au sein de la zone euro va &agrave; nouveau s'imposer comme le principal sujet au menu de la r&eacute;union des ministres des Finances du G20, &agrave; Mexico ce week-end. /Photo prise le 3 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Bernardo Montoya</p>

par Krista Hughes

MEXICO (Reuters) - La crise de la dette souveraine au sein de la zone euro va à nouveau s‘imposer comme le principal sujet au menu de la réunion des ministres des Finances du G20, à Mexico ce week-end.

Les partenaires de l‘Union européenne, pays développés comme émergents, veulent être rassurés sur les mesures prises pour contenir les conséquences de la crise. La capacité de persuasion des Européens lors de cette première réunion sous présidence mexicaine conditionnera d’éventuelles avancées sur le renforcement des moyens d‘intervention du Fonds monétaire international (FMI) pour secourir les pays en difficulté.

Le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, et le président du Conseil de stabilité financière, Mark Carney, doivent participer à cette réunion, qui se déroulera les 25 et 26 février en présence de représentants de pays émergents comme le Brésil, l‘Inde et la Chine dont le soutien sera déterminant pour un renforcement des ressources du FMI.

Aucune décision sur ce point n‘est attendue à l‘issue de la réunion des ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 alors qu‘un Conseil européen décisif sur les mécanismes de stabilité financière européens se tient la semaine suivante.

“Il est très peu probable que le G20 parvienne à un accord concret sur le financement du FMI ce mois-ci”, a déclaré un représentant du bloc. “Il est impossible qu‘une décision sur les ressources du FMI soit prise avant que la zone euro n‘ait proposé son propre pare-feu.”

Selon des sources internes au FMI, celui-ci a besoin de lever 600 milliards de dollars (468 milliards d‘euros) de ressources financières supplémentaires pour pouvoir venir en aide aux pays affectés par les retombées de la crise de la dette en zone euro. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et le Canada, n‘ont pas caché leurs réticences à ce projet.

JUSTE UN “TOUR DE TABLE”

Pour de nombreux partenaires de la zone euro, il revient d‘abord aux dirigeants européens de mettre en place les moyens nécessaires pour maîtriser les risques de contagion, par exemple en combinant les capacités de prêts de ses deux mécanismes de stabilité financière, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MES).

Les dirigeants de l‘UE doivent se prononcer sur la combinaison des deux mécanismes lors du Conseil européen des 1er et 2 mars et, selon un projet de conclusions que Reuters a pu consulter, ils envisagent d‘appeler à un renforcement des ressources du FMI en avril lors d‘une nouvelle réunion des ministres des Finances du G20, à Washington.

Les Européens seraient toutefois prêts à évoquer un renforcement de leur dispositif d‘endiguement de la crise de la dette souveraine lors de la réunion de Mexico, ouvrant ainsi la voie à une mention sur le renforcement des ressources du FMI dans le communiqué final, a dit une deuxième source proche du G20.

Selon cette source, l‘Europe contribuerait à hauteur de 250 milliards de dollars au renforcement des ressources du FMI, la Chine et le Japon ayant la charge de fournir l‘essentiel du complément avec de possibles petites contributions du Brésil, de l‘Argentine, de la Suisse et de l‘Australie.

Le ministre japonais des Finances a déclaré mardi que les discussions ne portaient pas encore à ce stade sur le montant des contributions, et d‘autres représentants du G20 ont déclaré sous couvert d‘anonymat qu‘aucun détail ne serait discuté avant la réunion d‘avril, la dernière avant le sommet du G20 de juin.

“Il est possible qu‘il n‘y ait qu‘un ‘tour de table’ sur l‘augmentation des ressources du Fonds lors de la réunion de samedi”, a déclaré une troisième source proche du G20.

UNE COMMUNICATION SUR LE “SHADOW BANKING”

Les représentants du G20 ont aussi jugé peu probable un durcissement de ton sur la question de la flexibilité des changes, un thème récurrent lorsque certains pays, au premier rang desquels les Etats-Unis, souhaitaient faire pression sur la Chine pour qu‘elle laisse sa devise s‘apprécier.

La crise de la dette a renvoyé cette question au second plan, d‘autant que Pékin pourrait être sollicité à hauteur de 100 milliards de dollars pour renforcer les ressources du FMI, un effort qui ne serait pas sans contrepartie.

Les Européens se verront aussi rappeler ce week-end leur engagement à réduire leur présence dans les instances dirigeantes du Fonds au profit de représentants des pays émergents.

En dépit de la volonté des autorités mexicaines de resserrer l‘agenda du G20, d‘autres points seront évoqués, allant de la situation économique mondiale aux institutions financières internationales en passant par l‘amélioration de l‘accès des pays en développement aux services financiers.

Une communication est aussi prévue sur les avancées concernant le durcissement des obligations de capitalisation des intervenants à la marge du secteur bancaire traditionnel. Les dirigeants du G20 ont en effet demandé au Conseil de stabilité financière de formuler des recommandations pour réglementer le système financier parallèle (shadow banking), dont la taille est estimée à 60.000 milliards de dollars.

La question du remplacement du président de la Banque mondiale Robert Zoellick, qui quittera son poste en juin, pourrait aussi être abordée lors de la réunion mais il est peu probable que les pays émergents désignent un candidat pour cette chasse gardée des Etats-Unis.

Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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