21 février 2012 / 13:53 / dans 6 ans

Nicolas Sarkozy nie toute intervention dans le dossier Veolia

AYRTE, Charente-Maritime (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a nié mardi toute intervention de sa part en vue de remplacer le PDG de Veolia Environnement, après des articles de presse l‘accusant d‘avoir tenté d‘imposer l‘ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo à la tête du groupe.

<p>Nicolas Sarkozy a ni&eacute; toute intervention de sa part en vue de remplacer le PDG de Veolia Environnement, apr&egrave;s des articles de presse l'accusant d'avoir tent&eacute; d'imposer l'ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo &agrave; la t&ecirc;te du groupe. /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

Devant le tollé soulevé par le rôle supposé du chef de l‘Etat dans ce dossier, l’éventuelle éviction d‘Antoine Frérot pourrait ne plus être abordée lors du conseil d‘administration de Veolia prévu le 29 février, rapporte cependant la presse mardi.

“Je ne sais pas de quelle affaire et de quoi on parle. Comme vous le savez, l‘Etat n‘a pas une action dans Veolia. Par conséquent, c‘est une petite polémique, mais fort heureusement, comme toujours, la vérité finira par l‘emporter”, a déclaré Nicolas Sarkozy aux journalistes, en marge d‘un déplacement en Charente-Maritime.

“Je ne peux pas donner mon feu vert pour nommer un président dans une entreprise dont l‘Etat n‘a pas une action”, a ajouté le chef de l‘Etat.

La presse rapportait lundi que plusieurs administrateurs, dont le président d‘EDF Henri Proglio, proche de Nicolas Sarkozy et ancien patron de Veolia, s‘apprêtaient à demander la démission d‘Antoine Frérot lors du conseil du 29 février.

La Caisse des dépôts(CDC), un groupe public, est le premier actionnaire institutionnel de Veolia avec 9,5%, selon le site internet du groupe spécialisé dans le traitement de l‘eau et des déchets. Le Groupe Industriel Marcel Dassault (5,9% du capital), Groupama (5,7%) et EDF (3,9%) sont eux aussi des actionnaires de poids de la société.

VEOLIA “S‘ATTAQUE À SA CULTURE”

Citant une source anonyme, Mediapart écrit qu‘après la polémique déclenchée par l’évocation du nom de Jean-Louis Borloo pour lui succéder, le PDG de Veolia pourrait rester en poste jusqu’à l’élection présidentielle d‘avril-mai.

“Aujourd‘hui, la tentative de putsch a totalement avorté. Il ne se passera rien le 29 février, ni plus tard. Tout est repoussé après l’élection présidentielle”, écrit le site d‘informations. “Si Nicolas Sarkozy n‘a rien tramé avant, en revanche il a exigé maintenant que ce dossier soit refermé vite fait. Il refuse d‘avoir à traîner cette polémique pendant sa campagne.”

Jean-Louis Borloo, qui a quitté le gouvernement en novembre 2010, a renoncé en octobre à se présenter à l’élection présidentielle, après plusieurs déclarations laissant penser qu‘il serait dans la course et malgré des sondages assez favorables.

La volonté supposée d‘Henri Proglio de faire évincer Antoine Frérot, son successeur à la tête de Veolia, traduirait un rejet de la stratégie actuelle de la société, qui tente de se désendetter et de réduire sa présence géographique, s’écartant de la politique d‘expansion défendue par l’équipe précédente.

Veolia Environnement, qui a révisé deux fois à la baisse son objectif de performance opérationnelle en 2011, a publié en août des résultats semestriels fortement pénalisés par des dépréciations d‘un total de 800 millions d‘euros et annoncé qu‘il quitterait d‘ici la fin 2013 près de la moitié des pays où il est aujourd‘hui présent.

Antoine Frérot a ensuite annoncé fin 2011 son intention de céder les activités de Veolia dans les transports, le groupe abandonnant ainsi l‘un de ses quatre métiers pour se désendetter dans le cadre d‘un nouveau plan stratégique prévoyant au total 5 milliards d‘euros de cessions d‘actifs.

“C‘est la première fois que notre entreprise s‘attaque à sa manière de travailler, à sa culture”, avait dit le PDG à cette occasion.

Selon un banquier d‘affaires, le projet d‘Antoine Frérot de vendre les activités transport en cédant les parts du groupe dans Veolia-Transdev, société détenue à parité avec la Caisse des dépôts, a été vécu comme une “trahison” par la CDC.

Outre Jean-Louis Borloo, trois autres personnalités ont été citées parmi les candidats potentiels à une succession d‘Antoine Frérot : Augustin de Romanet, directeur général de la CDC jusqu‘au 7 mars mais dont l‘entourage dément tout contact, Jacques Veyrat, ex-patron de Louis Dreyfus, et Daniel Bouton, ancien PDG de la Société générale.

Yann Leguernigou et Benjamin Mallet, avec Thierry Lévêque et Julien Ponthus, édité par Dominique Rodriguez

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