1 février 2012 / 08:06 / dans 6 ans

Le marché automobile s'est effondré de 20,7% en janvier

PARIS (Reuters) - Le marché automobile français a chuté de 20,7% en janvier pour tomber à son plus bas niveau depuis 14 ans, la disparition des dernières primes à la casse et le contexte économique morose augurant pour la filière un premier semestre difficile.

<p>LES IMMATRICULATIONS EN FRANCE</p>

Selon les chiffres publiés mercredi par le Comité des constructeurs français d‘automobiles (CCFA), les immatriculations dans l‘Hexagone sont ressorties le mois dernier à 147.143 unités, soit près de 39.000 de moins qu‘en janvier 2011.

“Il s‘agit d‘un plus bas depuis 1998. Les mauvaises commandes de décembre ne font pas les immatriculations de janvier (...) Le premier semestre devrait être difficile”, a souligné mercredi François Roudier, porte-parole du CCFA.

Les ventes d‘utilitaires légers ont mieux résisté, mais signent néanmoins leur premier recul depuis plusieurs mois avec une baisse de 2,5% en données brutes (-7% en données CJO) à 32.707 unités.

“C‘est un indicateur de plus sur le contexte économique, un voyant orange supplémentaire s‘est allumé”, commente Flavien Neuvy, directeur de l‘Observatoire Cetelem de l‘automobile.

“La tendance est mauvaise pour les ventes aux particuliers, mais le climat dégradé va peser aussi sur les ventes aux sociétés”, a-t-il ajouté.

Vers 12h30, les valeurs automobiles sont malgré tout orientées à la hausse, opérant un rattrapage après plusieurs séances de baisse. L‘indice européen du secteur prend 2,6%, Volkswagen 2,1%, PSA 2,9% et Renault 3,4%.

TRÈS BON MOIS POUR VOLKSWAGEN ET NISSAN

Le CCFA souligne que les constructeurs qui ont bénéficié de la prime à la casse ont vu leurs immatriculations fortement baisser. En outre, la perspective de la sortie de nouveaux modèles durant l‘année suscite l‘attentisme des futurs clients, ajoute-t-on.

Les ventes de voitures du groupe PSA Peugeot Citroën ont chuté le mois dernier de 27,4%, tandis que celles du groupe Renault ont dégringolé de 32,7% (-36,9% pour la marque au losange et -10,5% pour la marque low cost Dacia).

Dans un communiqué, Renault a imputé son recul au renouvellement en cours de sa gamme, avec notamment l‘arrivée de la Clio 4 à l‘automne prochain. Le groupe a néanmoins confirmé son objectif d‘une part de marché française proche des 26,1% de 2011.

Côté PSA, Peugeot a continué lui aussi d’être affecté par l‘attente de l‘arrivée de la 208, programmée pour le printemps.

Parmi les autres généralistes, la marque Fiat a vu ses ventes en France chuter de 40,9%. En revanche, l‘allemand Volkswagen a encore tiré son épingle du jeu: les immatriculations du groupe ont augmenté de 18,2%, et celles de la seule marque VW de 26,8% grâce à une vaste offensive en terme de produits et de prix.

Nissan, partenaire de Renault, a quant à lui vu ses ventes sous sa propre marque grimper de 19%, ce qui lui a permis de dépasser sur le mois Opel (groupe GM) en volume.

Signe que les ventes pourraient rester faibles pendant au moins plusieurs mois, PSA Peugeot Citroën a annoncé mardi que la production serait arrêtée une semaine à Mulhouse et Sochaux début mars pour “adapter les stocks à la demande commerciale”. Ces deux sites produisent pourtant quelques best-sellers comme les Peugeot 308 et 3008, et les Citroën C4 et DS4.

PSA et Renault ont expliqué ces dernières semaines s‘attendre à un environnement difficile en 2012. Ils tablent sur une baisse d‘au moins 3% du marché européen cette année et sur un recul de 5 à 8% du marché français.

Noëlle Mennella, Gilles Guillaume et Laurence Frost, édité par Jean-Michel Bélot

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