23 janvier 2012 / 09:28 / il y a 6 ans

La balle dans le camp de l'Eurogroupe sur l'aide à la Grèce

<p>Dans une art&egrave;re commer&ccedil;ante &agrave; Ath&egrave;nes. Alors que la Gr&egrave;ce n&eacute;gocie en vain depuis des mois avec ses cr&eacute;anciers priv&eacute;s les modalit&eacute;s d'un &eacute;change de dette, la journ&eacute;e de lundi devrait &ecirc;tre d&eacute;cisive lors de la r&eacute;union des ministres des Finances de la zone euro qui d&eacute;cideront quels termes ils sont pr&ecirc;ts &agrave; accepter pour la restructuration de la dette d'Ath&egrave;nes. /Photo prise le 16 janvier 2012/Yiorgos Karahalis</p>

par Jan Strupczewski et Ingrid Melander

BRUXELLES/ATHENES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro devront décider lundi quels termes ils sont prêts à accepter pour la restructuration de la dette grecque dans le cadre d'un deuxième plan d'aide à Athènes, alors que les créanciers privés de la République hellénique ont dit dimanche avoir mis sur la table le maximum de ce qui leur était possible d'offrir.

La Grèce négocie depuis des mois avec ses créanciers privés les modalités d'un échange de dette, condition indispensable à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros, sans lequel le pays risque de faire défaut dès la fin du mois de mars.

L'échange d'obligations vise à réduire de 100 milliards d'euros le montant de la dette publique grecque, qui dépasse pour l'instant 350 milliards, soit environ 160% du produit intérieur brut. Au total, le second plan d'aide doit en principe permettre à Athènes de ramener son ratio d'endettement à 120% du PIB en 2020.

Mais il implique aussi des mesures d'austérité supplémentaires dans un pays frappé par sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et qui devrait connaître en 2012 sa cinquième année consécutive de récession.

Le taux de chômage dans le pays dépasse 18%, un niveau sans précédent, et il approche 50% chez les jeunes, ce qui entretient les tensions sociales. Manifestations et grèves ont lieu presque quotidiennement contre la hausse des impôts et des taxes et le gel des salaires.

Des sources proches des pourparlers ont rapporté ce week-end qu'Athènes et ses créanciers obligataires se rapprochaient d'un accord mais que de nombreux détails devaient encore être réglés. Selon elles, les discussions s'orientent vers une perte de 65 à 70% pour les investisseurs privés.

LE PRIVÉ DIT AVOIR FAIT LE MAXIMUM

La Grèce et ses créanciers se sont globalement mis d'accord sur le fait que les nouvelles obligations auraient une maturité de 30 ans et un taux d'intérêt progressif atteignant 4% en moyenne.

"Ce sur quoi je suis confiant, c'est que notre proposition, qui a été transmise au Premier ministre (Lucas Papadémos), est la proposition maximale par rapport à un PSI (NDLR - participation du secteur privé) volontaire", a déclaré Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la Finance internationale (Ifi), le lobby bancaire qui représente les créanciers privé dans les négociations.

Il faut désormais que les ministres des Finances de la zone euro déterminent une ligne de conduite claire qui permette que les discussions sur la restructuration puissent être finalisées en fin de semaine.

"Le moment est délicat", a déclaré le porte-parole du gouvernement grec Pantelis Kapsis à la radio publique grecque.

"La seule chose que je puisse dire en tant que porte-parole du gouvernement est que cette nuit, il y aura une réunion très importante de l'Eurogroupe et que nous espérons que l'on aille sérieusement vers un accord."

Un responsable de la zone euro a déclaré que les ministres des Finances de la zone euro allaient se prononcer sur ce qui serait acceptable et sur ce qui ne le serait pas.

"Nous travaillons à un accord qui serait conclu à temps pour le sommet des dirigeants de l'Union européenne du 30 janvier. La proposition de restructuration doit être présentée courant février", a dit le responsable qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.

Nicolas Delame et Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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