13 janvier 2012 / 16:38 / dans 6 ans

Les 'périphériques' soufflent, le marché du crédit en profite

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La pression sur les taux de l‘Italie et de l‘Espagne, les deux pays de la zone euro actuellement dans l‘oeil du cyclone, s‘est nettement desserrée cette semaine, ce qui a conforté la reprise du marché du crédit qui voit les émetteurs privés affluer depuis le début janvier, après un long silence.

Toutefois, la durée de l‘embellie fait question d‘autant que, selon une source européenne de haut rang, Standard & Poor’s s‘apprêtait à dégrader vendredi soir les notes de crédit de plusieurs pays de la zone euro, mais pas celles de l‘Allemagne et des Pays-Bas. Plusieurs médias français citaient de leur côté une source gouvernementale selon laquelle la note de la France serait bien dégradée par S&P.

La France perdrait ainsi son triple A et l‘Allemagne le conserverait. Cela s‘est traduit par une légère tension sur le rendement de l‘emprunt d‘Etat français à 10 ans, qui est passé de 3,05% en début d‘après-midi à 3,09% vers 17h00, mais contre 3,27% mardi.

Plusieurs professionnels soulignent qu‘une dégradation de la note de la France est déjà intégrée dans les cours.

En attendant que S&P mette à exécution des menaces qu‘elle a formulées en décembre, un signe de changement à l’égard des Etats ‘périphériques’ de la zone euro s‘est matérialisé par l‘arrivée pour la première fois depuis plusieurs semaines d‘un émetteur privé d‘un de ces pays sur le marché du crédit.

Le groupe pétrolier espagnol Repsol, noté Baa1 par Moody‘s, BBB par Standard & Poor’s et BBB+ par Fitch, a ainsi levé 750 millions d‘euros d‘obligations 4,875% 2019 avec une prime d’émission de 22 points de base. Le carnet a atteint 2,4 milliards d‘euros en 45 minutes, selon les chefs de file de l’émission.

L‘action de la Banque centrale européenne, en particulier son opération de refinancement sans limite de montant des banques de la zone euro pour une durée de trois ans, et le succès d‘adjudications italiennes et espagnoles cette semaine, ont largement contribué à détendre l‘ambiance.

MUR DE DETTE ET MONTAGNE DE CASH

Le rendement du BTP italien à 10 ans, qui dépassait les 7% mardi encore, est tombé à 6,68% vendredi après une adjudication à trois ans dont le taux de couverture (1,36) témoignait d‘une prudence des investisseurs. Toutefois, le Trésor italien a levé 4,75 milliards d‘euros, au taux moyen de 4,63% contre 5,62% en décembre.

Dans le même temps, le Bund allemand à 10 ans, benchmark de la zone euro, s‘est détendu de 11 points de base à 1,77% et se rapprochait de ses plus bas historiques (1,69% en septembre).

“Le mur de la dette a rencontré une montagne de cash qui a profité à la plupart des produits de taux. Les inquiétudes entourant les souverains se dissipent actuellement”, soulignent les stratégistes taux de Société générale, Ciaran O‘Hagan et Vincent Chaigneau.

“Le resserrement des spreads (écarts de rendement) périphériques ne s‘ancrera qu‘après l‘adoption de réformes audacieuses et d‘une action plus résolue de la BCE”, ajoutent-ils dans une note.

Le niveau des taux pourrait baisser encore si la participation du secteur privé au nouveau plan d‘aide à la Grèce est réglée et si une dégradation des notes des pays de la zone ne venait pas troubler le jeu.

Selon les stratégistes de Société générale, S&P ne dégraderait que d‘un cran les notes des pays, dont la France, qu‘elle a menacés d‘un abaissement de deux crans quand elle a mis sous surveillance négative tous les pays de la zone euro qui ne l’étaient pas déjà.

Ils ajoutent, comme d‘autres acteurs du marché, que l‘Allemagne, menacée d‘une dégradation d‘un cran, conserverait son triple A mais resterait sous surveillance négative.

“Les marchés ont ‘pricé’ un scénario de dégradation d‘un cran”, disent-ils.

Les analystes de Natixis constatent de leur côté que l‘amélioration du marché du crédit est directement liée à la détente sur les souverains.

Les banques des pays ‘non périphériques’ ont continué à émettre des obligations sécurisées, le montant émis depuis début janvier dépassant les 22 milliards d‘euros.

Les entreprises non financières ont émis près de 12,0 milliards d‘euros depuis le début de l‘année, après une fin d‘année 2011 atone marquée par un marché terrassé par la crise de la zone euro.

Edité par Dominique Rodriguez

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