13 janvier 2012 / 16:13 / dans 6 ans

S&P sur le point de dégrader plusieurs pays de zone euro

par Matthias Sobolewski et Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - L‘agence de notation Standard & Poor’s s‘apprête à dégrader ce vendredi les notes de crédit de plusieurs pays de la zone euro, mais pas celles de l‘Allemagne et des Pays-Bas, a déclaré une source gouvernementale haut placée de la zone euro.

Cette source n‘a pas précisé quels pays seraient concernés par un déclassement de leur note de crédit, ni même leur nombre.

Une autre source a déclaré que “plusieurs” pays verraient leur note souveraine abaissée.

“Soyez en alerte ce soir à la fermeture des marchés américains”, a dit une autre source de la zone euro.

Selon une source gouvernementale citée dans l‘après-midi par plusieurs médias français, la note de la France sera bien dégradée par S&P.

Le Financial Times écrit de son côté sur son site internet que S&P va ramener la note de la France de AAA à AA+, tout comme celle de l‘Autriche.

Aucun commentaire n’était disponible dans l‘immédiat auprès des autorités françaises.

S&P a placé le mois dernier les notes de 15 pays de la zone euro sous surveillance avec implication négative, y compris celles des deux principaux pays de la région, l‘Allemagne et la France, en soulignant l‘accumulation des “tensions systémiques” sur fond de dégradation des conditions de crédit dans la région.

Depuis, la Banque centrale européenne (BCE) a inondé le système bancaire de liquidités à trois ans à un taux historiquement bas, afin de prévenir un assèchement du crédit bancaire.

S&P a aussi laissé entendre qu‘elle pourrait dégrader la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le principal instrument de soutien de la zone euro à ses pays membres en difficulté, pour l‘instant noté “triple A”.

LE “AAA”, ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION

S&P avait mis une pression particulière sur la France en précisant qu‘elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays “AAA” de la zone euro (Allemagne, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas).

“La conséquence (si la France est dégradée) sera que le FESF ne pourra pas conserver son triple A”, souligne Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank.

“Cela pourrait contrarier les marchés dans un premier temps mais ce ne serait pas un gros problème dans un monde où les Etats-Unis et le Japon n‘ont déjà plus le triple A. Le triple A est une espèce en voie de disparition”, ajoute-t-il.

S&P a refusé de commenter ces informations, qui ont fait chuter l‘euro à son plus bas niveau depuis 16 mois face au dollar, à $1,2636, et pèsent sur les indices boursiers du continent.

La monnaie unique se traitait autour de 1,2650 dollar vers 15h50 GMT. Au même moment, l‘indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perdait 0,63% et, à Paris, l‘indice CAC 40 abandonnait 0,8%, regagnant une partie du terrain perdu en milieu d‘après-midi.

Une dégradation pourrait contraindre certains fonds d‘investissement à vendre des obligations des pays concernés, ce qui aurait pour conséquence une hausse des coûts de financement de ces Etats.

“C’était intégré dans les cours depuis plusieurs semaines, mais le marché s‘est laissé aller à la complaisance pendant les fêtes, et le Nouvel An a été suivi par un regain d‘appétit pour le risque, grâce entre autres à la réussite d‘une adjudication espagnole”, explique Samarjit Shankar, directeur de la stratégie devises de BNY Mellon, à Boston.

Avec Ritsuko Ando à Helsinki, Martin Santa à Bratislava et le bureau de Paris, Jean Décotte et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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