6 janvier 2012 / 09:53 / dans 6 ans

Le refinancement massif des banques porte ses fruits, dit Noyer

PARIS (Reuters) - Le refinancement massif des banques par la BCE commence à porter ses fruits et l‘institution est prête à répéter l‘opération en février, a déclaré vendredi Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de l‘institut de Francfort.

Le gouverneur de la Banque de France a pressé les banques d’être plus actives dans la distribution de crédits aux entreprises et aux particuliers et a dit n‘avoir aucun doute sur la capacité de la France à rembourser sa dette publique.

“Depuis que la BCE a fait sa grosse opération de refinancement à trois ans - plus de 500 milliards (d‘euros) - on a des opérations d’émissions publiques par les Etats qui se sont très bien passées, et celle du Fonds européen de stabilité financière aussi”, a-t-il dit sur Europe 1.

La France a émis sans difficulté majeure près de 8 milliards d‘euros de dette à long terme jeudi, soit dans le haut des objectifs annoncés, à un taux moyen qui s‘est tendu à 3,28% contre 3,19% en décembre. Le succès de l‘opération “est un très bon signe”, a dit Christian Noyer.

Le FESF a quant à lui emprunté 3 milliards d‘euros, une opération qui a attiré une forte demande.

Christian Noyer a ajouté que la BCE ferait une deuxième opération de refinancement des banques à trois ans en février, pour un montant qui dépendra de la demande de ces dernières.

Prié de dire si le montant de l‘opération pourrait atteindre 500-600 milliards d‘euros, il a répondu : “Si c‘est nécessaire absolument, on fera la même opération.”

La BCE est seulement limitée par son devoir de maintenir la stabilité des prix, donc de limiter l‘inflation, a-t-il précisé, et “dans la situation actuelle, nous considérons que nous pouvons refinancer massivement les banques sans risque”.

LES BANQUES DOIVENT PRÊTER PLUS

Les banques ont à nouveau placé un montant record auprès de la BCE, soit 455 milliards d‘euros, un signe selon certains observateurs de leur réticence à se prêter entre elles et à réactiver le marché du crédit.

“J‘attends des banques qu‘elles soient plus actives sur le crédit à l’économie, qu‘elles soient vraiment dynamiques”, a ajouté Christian Noyer. “C‘est pour ça qu‘on leur prête de l‘argent, qu‘on leur prête à de très bonnes conditions et qu‘on leur garantit ça sur plusieurs années.”

Selon les chiffres publiés fin décembre par la Banque de France, les crédits au secteur privé ont ralenti en novembre, pour les entreprises comme pour les ménages.

En outre, “elles (les banques) ont toutes les capacités d‘acheter des dettes d‘Etats, c‘est un placement sûr, qui leur rapporte, il n‘y a aucune raison qu‘elles soient timorées là-dessus”.

Interrogé sur une éventuelle perte prochaine par la France de sa notation souveraine triple A, il a répondu : “Compte tenu des intentions de politique budgétaire et des décisions qui ont été prises, la dette de la France est parfaitement fiable, il n‘y a aucun doute sur sa capacité à rembourser intégralement.”

“Les taux auxquels on emprunte sont encore absolument excellents” malgré les tensions sur les marchés, a-t-il ajouté.

Sur l‘euro, “il faut cesser de fantasmer sur la disparition de l‘euro, c‘est vraiment un choix irréversible, c‘est notre monnaie pour l‘avenir”, a dit Christian Noyer.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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