February 15, 2011 / 3:27 PM / 9 years ago

L'UE entretient l'incertitude sur la réponse à la crise

par Julien Toyer

Les ministres des Finances espagnol Elena Salgado et allemand Wolfgang Salgado à Bruxelles. Les réunions des ministres de la zone euro et de l'UE ne se sont pas traduites par de grandes avancées vers une réponse globale des Européens à la crise. /Photo prise le 15 février 2011/REUTERS/Thierry Roge

BRUXELLES (Reuters) - Les réunions des ministres des Finances de la zone euro et de l’UE lundi et mardi ne sont pas traduites par de grandes avancées vers une réponse globale des Européens à la crise et les grandes décisions ont été reportées à mars.

Lundi soir, l’Eurogroupe s’est certes entendu pour que le futur Mécanisme européen de stabilité (MES) dispose d’une capacité effective de prêt de 500 milliards d’euros, renforcée par le FMI et les pays n’appartenant pas à la zone euro, mais les sujets clés, comme les missions du mécanisme ou l’implication du secteur privé n’ont pas été tranchés.

Surtout, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a refusé de s’engager mardi sur une échéance à fin mars fixée par les Européens pour réformer le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

“Nous n’avons pas parlé du FESF (...) Il n’était pas nécessaire de discuter du FESF. Nous devrons voir si nous le faisons d’ici la fin mars”, a-t-il déclaré à l’issue de la réunion du conseil Ecofin.

“Si contrairement à ce à quoi nous nous attendons il était nécessaire d’agir, nous pourrions (le faire). Mais nous n’avons pas besoin de ce débat en ce moment parce qu’il ne fait que créer l’impression qu’un Etat membre peut avoir besoin d’aide et nous ne sommes pas dans cette situation”, a-t-il ajouté.

Les Allemands, réticents à tout assouplissement du FESF, exigent qu’un accord soit trouvé au préalable sur l’architecture et les missions du MES, appelé à prendre le relais à partir de 2013, ainsi que sur le “pacte de compétitivité” présenté début février par Berlin et Paris.

SÉRIE SANS PRÉCÉDENT DE RÉUNIONS

Ce projet de pacte a suscité de fortes réticences, tant sur le fond que sur la forme, et a relancé une certaine cacophonie européenne face à des marchés déjà rendus inquiets par le retour des tensions inflationnistes.

Berlin et Paris ont d’ailleurs cherché ces dernières heures à désamorcer l’hostilité de plusieurs de leurs partenaires européens en indiquant que les propositions formulées le 4 février étaient négociables.

Il ne s’agit pas non plus, a insisté l’Allemagne, d’instaurer des règles uniformes dans l’ensemble des pays de l’UE, Paris soulignant de son côté avec insistance la nécessaire convergence des économies européennes, une manière de suggérer que les autorités allemandes devaient aussi s’attacher à soutenir leur demande intérieure.

Face aux difficultés à rapprocher leurs positions sur ces dossiers ainsi que sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance ou sur l’organisation d’une nouvelle série de “stress tests” bancaires, les Européens ont inscrit une série sans précédent de réunions à l’agenda du mois de mars.

Le 4, la Finlande organisera à Helsinki une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de la famille politique du Parti populaire européen (PPE).

Une semaine plus tard, le 11, les 17 dirigeants de la zone euro se retrouveront à Bruxelles pour un sommet de l’Eurogroupe.

De leur côté, les ministres européens des Finances se retrouveront pour leur réunion mensuelle les 14 et 15 à Bruxelles mais le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a annoncé qu’ils pourraient être amenés à se réunir à nouveau le 21.

Enfin, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept seront appelés à endosser le “paquet” de mesures les 24 et 25 mars, à l’occasion de l’un de leurs sommets annuels.

CONJONCTURE DÉCEVANTE

Après le vent d’optimisme qui a soufflé sur les marchés sur les premières semaines de l’année, le scepticisme a fait son retour.

“Les ministres des Finances de l’UE n’ont rien fourni de plus qu’un adoucissant pour 2013. Ils ne s’attaquent pas au fait que le Portugal doit faire face à de lourdes échéances en avril et pourrait être contraint à un plan de sauvetage dans les prochains mois”, expliquait un responsable de stratégie sur les monnaies de Rabobank.

Le rendement de la dette portugaise à dix ans a d’ailleurs atteint jeudi dernier un niveau sans précédent depuis la création de l’euro, à 7,656%, tandis que la prime réclamée par les investisseurs pour détenir le papier portugais plutôt que des Bunds allemands à même échéance a augmenté à 440 points de base.

Lisbonne a par ailleurs annoncé lundi que le produit intérieur brut portugais avait diminué de 0,3% au quatrième trimestre par rapport aux trois mois précédents, confortant les anticipations des marchés qui craignent une nouvelle période de récession, alors que le plan d’austérité pèse sur la consommation.

Les chiffres de la croissance grecque, publiés mardi, ont de leur côté fait ressortir une aggravation de la récession sur 2010, qui devrait se poursuivre sur l’ensemble de 2011.

Dans son ensemble, l’économie de la zone euro a enregistré une croissance stable selon les statistiques officielles rendues publiques mardi, décevant les attentes des économistes qui espéraient une accélération de la reprise.

Julien Toyer, édité par Nicolas Delame

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