January 4, 2011 / 5:45 PM / 9 years ago

Athènes n'entend pas restructurer sa dette

par Dina Kyriakidou et Lefteris Papadimas

La Grèce va résoudre sa crise de la dette, en partie grâce aux sept milliards d'euros tirés des privatisations, et elle n'a pas entamé de discussions avec ses créanciers pour restructurer sa dette, assure le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis

ATHENES (Reuters) - La Grèce va résoudre sa crise de la dette, en partie grâce aux sept milliards d’euros tirés des privatisations, et elle n’a pas entamé de discussions avec ses créanciers pour restructurer sa dette, a déclaré mardi le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou.

Le pays dont les difficultés budgétaires ont déclenché une crise de la dette souveraine de la zone euro au printemps dernier, a mis en oeuvre des réformes pour remplir les conditions imposées lors de l’octroi en mai, par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, d’un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros.

La Grèce a en outre réduit sa dette et n’entend pas demander aux détenteurs d’obligations d’Etat de proroger leur période de validité.

“Il n’y a pas de discussion de cet ordre”, a dit George Papaconstantinou dans un entretien à Reuters, rejetant les informations de presse relatives à des négociations avec les banques commerciales.

“Cela ne serait d’aucun secours pour la Grèce, ni pour l’économie grecque, les banques grecques, les citoyens grecs ou le problème européen”, a-t-il ajouté.

Les efforts du gouvernement pour combler son gouffre budgétaire progressent, de même que la mise en oeuvre des réformes impopulaires visant à assurer le versement en mars de la quatrième tranche d’aide internationale, de 15 milliards d’euros.

“Nous achevons 2010 dans les clous, les réformes sont dans le temps”, a-t-il dit. “Je n’ai aucune raison de douter (du versement) de la prochaine tranche ou d’une autre tranche tant que nous faisons bien notre travail.”

CROISSANCE ATTENDUE EN 2012

La Grèce a lancé de grandes réformes pour durcir la loi contre le problème endémique d’évasion fiscale, libéraliser le marché de l’emploi et ouvrir certaines professions, et a engagé la privatisation d’actifs de l’Etat.

Selon George Papaconstantinou, ces privatisations qui incluent les aéroports, des biens immobiliers et des licences pour des jeux, devraient rapporter un milliard d’euros cette année et six milliards supplémentaires en 2012-2013.

“Notre processus est très flexible. Nous avons un objectif de recettes mais le plus important, c’est l’expertise, l’investissement et l’impulsion que les capitaux privés vont donner à ces secteurs”, a-t-il affirmé.

L’économie grecque a connu sa pire récession en 17 ans et devrait se contracter de 3,0% cette année. Le retour à la croissance est attendu pour 2012 grâce aux signaux encourageants donnés par les exportations, explique-t-il.

Le plan d’austérité budgétaire s’est traduit l’année dernière par une baisse du déficit à 9,4% du PIB. L’objectif pour 2011 est de 7,4%, mais la dette publique devrait atteindre dans le même temps 152,6% du PIB contre 142,5% en 2011.

RETOUR SUR LES MARCHÈS DÈS 2011

L’Etat maintient son objectif de revenir sur les marchés obligataires dans l’année, en fonction des conditions du marché, et d’émettre des obligations “diaspora” pour les Grecs de l’étranger, a encore dit George Papaconstantinou.

La flambée des coûts d’emprunt - l’écart de rendement entre l’obligation grecque à dix ans et le Bund allemand de référence était de 987 points de base mardi - a privé Athènes d’accès aux marchés financiers, mais le ministre espère que les politiques budgétaires drastiques permettront de restaurer leur confiance en son pays, également en discussions avec la Chine pour qu’elle achète de la dette grecque.

Afin d’éviter que le remboursement de l’aide d’urgence ne pèse trop d’un coup le délai devrait être rediscuté avec l’UE pour le porter au-delà de 2014-2015, comme le prévoit déjà le plan de sauvetage de l’Irlande.

“Nous aimerions que la prorogation couvre la totalité et pas seulement la partie qui n’aurait pas été versée (...) La Commission voit cela de façon positive, nous devons attendre la décision finale de l’Eurogroupe”, a expliqué George Papaconstantinou.

Il s’est en outre déclaré confiant en la capacité de l’UE à trouver prochainement un accord sur les “euro-bonds” - auxquels l’Allemagne s’oppose fermement - et à prendre les décisions adéquates pour sortir l’union monétaire de la crise souveraine.

“Je suis tout à fait confiant pour une raison très simple. Même si nous réagissons souvent en retard, une chose dont nous pouvons être absolument sûrs, c’est que l’UE se rassemble toujours et trouve toujours les solutions pour protéger sa construction à travers la monnaie unique”, a-t-il déclaré.

Grégory Blachier pour le service français, édité par Nicolas Delame

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