for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up
Économie

Le plan de sauvetage de l'Irlande préoccupe la BCE

LONDRES (Reuters) - La Banque centrale européenne a fait part mercredi de “sérieuses préoccupations” quant aux effets que pourrait avoir le plan de sauvetage de l’Irlande sur ses opérations de liquidité.

La Banque centrale européenne fait part sur son site internet de "sérieuses préoccupations" quant aux effets que le plan de sauvetage de l'Irlande pourrait avoir sur ses opérations de liquidité. /Photo d'archives/REUTERS

Dans une tribune mise en ligne sur son site internet et datée de vendredi, la BCE observe en outre que des flous juridiques entourant le projet de loi qui permet la mise en oeuvre de ce plan en Irlande pourraient affecter ses droits en matière de collatéraux.

“La BCE nourrit de sérieuses préoccupations quant au fait que le projet de loi soit insuffisamment sûr sur le plan juridique sur plusieurs questions critiques pour l’Eurosystème”, dit le texte au sujet de la loi irlandaise visant à débloquer l’aide de 85 milliards d’euros de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.

Ces questions incluent “le champ des droits collatéraux des banques centrales comme sécurité dans le cadre de la fourniture de liquidités d’urgence”, ainsi que les droits de la BCE et peut-être d’autres banques centrales de la zone euro.

Le parlement irlandais a adopté mercredi le plan d’aide conclu par le gouvernement, l’UE et le FMI pour sortir Dublin de la crise provoquée par l’effondrement de son système bancaire.

Ce projet de loi ne doit pas affecter la capacité de la banque centrale ou de la BCE à “faire respecter leurs droits, y compris, sans limite, la mise en place d’une sécurité sur tout collatéral éligible émis par une institution habilitée”.

Une loi promulguée la semaine dernière par Dublin octroie par ailleurs à l’Etat irlandais des pouvoirs étendus pour mener la restructuration du système bancaire, notamment la possibilité d’imputer des pertes aux détenteurs d’obligations non prioritaires.

Le texte permet en particulier au ministre des Finances de transférer les actifs et le passif des banques et de “prendre ou empêcher toute action afin de soutenir la stratégie bancaire de l’Etat”.

L’opposition a prévenu que cette loi renforcera démesurément les pouvoirs du ministre des Finances Brian Lenihan.

Face aux inquiétudes européennes, l’Irlande a toutefois défendu cette loi et a garanti que la BCE ne serait pas affectée par ces mesures.

“Il n’est pas question qu’une banque centrale, que ce soit la BCE ou toute autre banque centrale nationale créancière des institutions, soit exposée financièrement par l’exercice des pouvoirs du ministre décrétés par cette loi” a déclaré un porte-parole du ministère des Finances dans un communiqué.

La note souveraine de l’Irlande a été dégradée la semaine dernière de cinq crans par l’agence Moody’s, de Aa1 à Baa1, ce qui risque de faire peser une pression supplémentaire sur des banques déjà en grande difficulté.

La BCE a ensuite signé un accord pour une facilité de swap de 10 milliards de livres sterling avec la banque d’Angleterre pour tenter de limiter les problèmes du système bancaire irlandais.

Karolina Tagaris et Paul Carrel, Grégory Blachier et Catherine Monin pour le service français, édité par Nicolas Delame

for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up