November 10, 2010 / 9:26 AM / 8 years ago

Yoplait veut un investisseur pour s'élargir aux BRIC

par Noëlle Mennella et Dominique Vidalon

Lucien Fa, directeur général de Yoplait, estime que "la vraie valeur" de Yoplait est de 1,5 milliard d'euros, ce qui correspond à 12,5 fois l'Ebitda de la société. /Photo prise le 9 novembre 2010/REUTERS/Gonzalo Fuentes

PARIS (Reuters) - Le futur partenaire de Yoplait devra lui donner les moyens de croître à l’international et notamment dans les pays émergents où le groupe est encore absent, a déclaré Lucien Fa, le directeur général du fabricant de yaourts et fromages frais, lors d’une interview à Reuters.

Yoplait, numéro deux mondial des produits laitiers frais derrière Danone, est aujourd’hui détenu à parts égales par une coopérative agricole, la Sodiaal, et par le fonds français de capital-investissement PAI Partners.

Lucien Fa a jugé “logique” qu’un industriel rachète les 50% que PAI mettra prochainement en vente mais il n’a pas pour autant exclu l’arrivée d’un financier.

“La stratégie de croissance de Yoplait, c’est le développement à l’international, et le meilleur partenaire pour Yoplait, qu’il soit industriel ou financier, c’est celui qui aura le projet de faire croître le groupe à l’international car c’est là où on est relativement plus faible par rapport à Danone”, a-t-il dit.

Dans la course pour la reprise de la part de PAI, tous les grands groupes agroalimentaires “sont à égalité en termes d’argent, en termes d’organisation, en termes de structure”, a-t-il ajouté.

Parmi eux, le directeur général a cité Nestlé, “le plus multinational d’entres eux”, mais aussi Unilever, Kraft ou Coca Cola. Il a aussi déclaré que Lactalis “n’est pas exclu”.

Questionné sur l’intérêt que pourrait manifester General Mills, le groupe américain sous licence de Yoplait aux Etats-Unis, Lucien Fa a répondu :

“General Mills n’a jamais démontré qu’il était intéressé par Yoplait. De mon avis personnel, il est peu probable qu’il le fasse aujourd’hui.”

Yoplait a dénoncé le contrat de licence avec la société américaine estimant qu’il est “déséquilibré” d’un point de vue économique et financier, et le dossier est en cours d’arbitrage.

REPRISES DE FRANCHISES PRÉVUES

Lucien Fa a estimé que “la vraie valeur” de Yoplait était de 1,5 milliard d’euros, ce qui correspond à 12,5 fois l’Ebitda de la société.

Cette valorisation, a-t-il précisé, est basée sur les paramètres des opérations de cessions de grandes marques de la grande consommation réalisées ces deux dernières années.

Entre 2002, date de l’entrée de PAI dans son capital, et 2010, Yoplait s’est surtout employé à ne plus perdre d’argent et des parts de marché par rapport à Danone.

Ainsi, le groupe a affiché sur l’exercice 2009-2010, clos le 30 juin, un Ebitda de 127 millions d’euros, contre un peu moins de 50 millions en 2002.

Dans le même temps, ses investissements publicitaires ont triplé à 25 millions d’euros et sa part de marché s’est stabilisée à 12% en France, alors que celle de Danone a baissé de 36% à 32%. Yoplait est redevenu bénéficiaire en net depuis 2007.

A partir d’une base aujourd’hui “saine”, Yoplait doit maintenant “trouver les ressources pour aller investir dans les BRIC” (Brésil, Russie, Inde et Chine), a déclaré Lucien Fa.

Les moyens financiers que lui donnera le repreneur de la part de PAI lui permettront aussi de reprendre le contrôle de sa marque en rachetant les droits de distribution de certains de ses franchisés. Aujourd’hui, sur le chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros réalisé par la marque Yoplait, 3,5 milliards sont engrangés par les franchisés.

L’ambition de Yoplait est de continuer à réduire l’écart de parts de marché avec Danone et de rester le numéro deux mondial dans un secteur qui croît de 1,5% par an en valeur, a ajouté Lucien Fa.

Il a estimé que le groupe pouvait accroître sa part de marché aux Etats-Unis, aujourd’hui d’environ 35% contre 30% pour Danone.

Prié de commenter l’idée d’une éventuelle introduction de Yoplait en Bourse, Lucien Fa a répondu :

“Je pense qu’elle serait envisageable le jour où le groupe sera plus international, plus gros en taille et plus riche. Je vois cela dans une dizaine d’années.”

D’ici là, il faut passer de 4,5 milliards de chiffre d’affaires à 13-14 milliards, a-t-il dit, avant d’ajouter :

“Compte tenu de mon âge, cela se fera sans moi.”

Lucien Fa fêtera le 27 novembre son 66e anniversaire.

Edité par Dominique Rodriguez

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