May 19, 2010 / 4:28 PM / 9 years ago

Les valeurs bancaires encore parmi les plus attaquées en Bourse

par Juliette Rouillon

A la Bourse de Francfort. Les banques européennes ont figuré parmi les valeurs les plus attaquées mercredi après la décision allemande d'interdire les ventes à découvert. L'indice Stoxx des banques européennes a terminé en baisse de 3,56%. /Photo prise le 19 mai 2010/REUTERS/Remote/Pawel Kopczynski

PARIS (Reuters) - Les banques européennes, pourtant jugées largement sous-valorisées en Bourse, ont figuré parmi les valeurs les plus attaquées mercredi après la décision allemande d’interdire les ventes à découvert.

La difficulté de l’Espagne la veille à placer ses bons du Trésor à 12 et 18 mois, qui augure mal du succès de son adjudication d’obligations d’Etat à 10 ans prévue jeudi, a aussi contribué à la baisse du secteur, selon des intervenants.

A cela s’est ajouté un vote du Sénat américain sur la protection des consommateurs ouvrant la voie à une réforme de la réglementation financière aux Etats-Unis, ajoutent-ils.

L’indice Stoxx des banques européennes a terminé en baisse de 3,56%, avec un recul de 4,21% à 35,565 euros de la Société générale, de 3,15% à 46,300 de BNP Paribas et de 3,61% à 9,380 de Crédit agricole.

Mardi, l’Espagne a manqué l’objectif qu’elle s’était fixé dans le cadre de son adjudication ses bons du Trésor. Elle n’a vendu que 6,44 milliards d’euros de bons à 12 et 18 mois, contre un objectif situé dans une fourchette de 6,5 à 7,5 milliards.

Les bons à un an ont été placés à 1,699%, un taux nettement plus élevé que lors de son adjudication d’avril (0,904%) et près de 50 points de base au-dessus de l’Euribor à 1 an (1,247%).

“TOUT EST LIE”

“C’est le placement de l’Espagne qui stresse tout le monde, d’autant que demain, l’Espagne a une grosse adjudication à long terme”, commente un analyste. L’Espagne s’est fixé pour objectif de placer 3,5 milliards d’euros d’obligations à 10 ans jeudi.

“Les banques européennes détiennent énormément de dette directe (espagnole) dans leur portefeuille et les investisseurs craignent une dévalorisation de ces dettes”, précise un trader.

L’exposition des banques européennes vis-à-vis de la dette publique et privée espagnole totalise 851 milliards d’euros, dont près de 220 milliards pour les banques françaises.

Par ailleurs, le Sénat américain a voté mardi soir une disposition donnant aux autorités des Etats un rôle de premier plan dans l’application des nouvelles règles de protection des consommateurs de produits bancaires, ce qui ouvre encore un peu plus la voie vers un vote final sur la plus vaste réforme de la régulation financière depuis les années 1930.

“On est dans la phase finale de la réforme Dodd (d’après le sénateur démocrate Christopher Dodd qui supervise la réforme) et on a l’air de s’orienter vers une copie assez dure”, dit-il.

Mais selon Sebastian Paris-Horvitz, responsable de la stratégie chez Axa Investment Managers, les valeurs bancaires ont souffert de l’ensemble de ces éléments.

“Tout cela est lié: les nouvelles des Etats-Unis concernant la régulation financière et cette décision unilatérale de l’Allemagne sont venues fragiliser le secteur financier et les marchés, qui ont besoin de confiance”, a-t-il dit.

“On part du problème de la dette publique, on va au bilan des banques et on finit par un problème systémique car, malgré leurs efforts, les banques ont des bilans fragiles”, dit-il.

Juliette Rouillon, édité par Matthieu Protard

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