May 4, 2010 / 6:20 AM / in 9 years

L'aide à la Grèce laisse les marchés sceptiques

par Lefteris Papadimas et Kirsten Donovan

Les marché financiers ont réagi avec scepticisme lundi à l'aide sans précédent mise en place pour la Grèce, les investisseurs redoutant toujours une contagion de la crise de la dette à d'autres pays de la zone euro. /Photo prise le 3 mai 2010/REUTERS/John Kolesidis

ATHÈNES/LONDRES (Reuters) - Les marché financiers ont réagi avec scepticisme lundi à l’aide sans précédent mise en place pour la Grèce, les investisseurs redoutant toujours une contagion de la crise de la dette à d’autres pays de la zone euro.

En dépit du feu vert donné dimanche par les pays de la zone euro au déblocage de 110 milliards d’euros sur trois ans, avec la contribution du Fonds monétaire international, l’euro a nettement reculé face au dollar et évoluait aux environs de 1,3185 dans la soirée.

Sur les marchés de taux, contrairement à ce qui avait été observé lors de précédents sauvetages opérés avec l’aide du FMI, la situation ne s’est améliorée que modérément.

L’écart de rendement entre obligations grecques et allemandes est revenu aux niveaux observés il y a dix jours, avant le mouvement de panique qui s’est emparé des marchés la semaine dernière à la perspective d’un risque de défaut de la Grèce.

L’écart de rendement des obligations espagnoles et portugaises par rapport aux Bunds s’est également resserré.

“Les acteurs du marché ne sont pas totalement convaincus que nous avons là la solution idéale. On peut s’interroger sur la capacité (du gouvernement grec) à maintenir un tel niveau d’austérité sur une période aussi longue”, a commenté Tony Morriss, analyste spécialiste des changes chez ANZ Bank.

PRESSIONS SUR MERKEL

La hausse des primes demandées par les investisseurs n’est plus un souci, au moins pour l’instant, pour Athènes, dont les besoins de financement des trois prochaines années sont censés être couverts par les prêts du FMI et des membres de la zone euro, assortis d’un taux plafonné à 5%.

Cette aide, sans précédent dans l’histoire de la zone euro, doit être formellement déclenchée vendredi lors d’un sommet européen extraordinaire mais également être validée dans chacun des pays contributeurs.

Les ministres des Finances de Corée du Sud, du Canada, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France ont salué, dans un communiqué commun, “le programme économique fort que la Grèce met en place avec l’aide financière des Etats membres de la zone euro et du FMI”. Ils ajoutent que “ce programme mérite le soutien de la communauté internationale”.

Le gouvernement allemand, qui a longtemps traîné des pieds, a donné son feu vert lundi à un projet de loi autorisant le déblocage d’une enveloppe de prêts de 22 milliards d’euros, la plus forte contribution d’un Etat membre de la zone euro.

La chancelière Angela Merkel qui essaie de justifier cette volte-face auprès de son opinion publique, espère obtenir le soutien des deux chambres du parlement vendredi mais le SPD, dans l’opposition, réclame en échange la création d’une taxe sur les transactions financières.

La chancelière doit affronter dimanche une élection cruciale dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie qui pourrait se transformer en vote sanction contre sa formation.

Témoin du climat d’hostilité qui règne dans une partie du pays, le quotidien populaire Bild a écrit à sa “une” : “Ruinée, la Grèce obtient le chèque le plus rapide de l’histoire”.

En France, les députés devraient adopter lundi soir, sauf coup de théâtre, le volet français du plan de soutien à la Grèce. Le Sénat votera jeudi et vendredi sur ce projet de loi de finances rectificative.

LES SYNDICATS GRECS MENACENT D’AMPLIFIER LA CONTESTATION

Pour obtenir l’aide des européens et du FMI, Athènes s’est engagée à réduire son déficit budgétaire de 30 milliards d’euros supplémentaires.

Pour le quotidien de centre-gauche Ethnos, ce nouveau plan d’austérité sera synonyme de cinq ans d’”asphyxie” pour le peuple grec et d’une modernisation à marche forcée de l’économie.

Le principal syndicat de la fonction publique, Adedy, a menacé lundi de durcir la contestation en amplifiant les manifestations contre les mesures d’austérité.

Même si celles-ci sont pleinement mises en oeuvre, la Grèce devrait rester plombée par une dette publique qui pourrait avoisiner près de 150% de la production nationale en 2013.

Les dirigeants de la Grèce, de la zone euro, de la Commission européenne et du FMI ont cependant exclu l’hypothèse d’une restructuration de la dette.

La Banque centrale européenne a fait geste supplémentaire en annonçant lundi qu’elle suspendait le seuil d’éligibilité des titres de la Grèce acceptés en échange des crédits de la BCE, afin de permettre au pays de continuer à se financer auprès de la banque centrale en cas de nouvelle dégradation de sa dette souveraine par les agences de notation. et

La Commission européenne estime que la Grèce devrait pouvoir à nouveau se financer sur les marchés au deuxième semestre de 2011, une fois regagnée sa crédibilité auprès des marchés grâce à la mise en oeuvre de réformes difficiles.

Dans ce contexte, l’agence de nation Fitch Ratings a dit qu’elle n’envisageait pas de nouvelles décisions sur la dette grecque avant le quatrième trimestre 2010.

Le gouverneur de la Banque de Grèce George Provopoulos a dit que l’économie grecque subirait une contraction de l’ordre de 4,0% cette année, alors qu’il anticipait voici deux semaine autour de -2%. Les nouvelles mesures d’austérité annoncées par Athènes expliquent cette nouvelle projection, a-t-il déclaré.

Vincent Chauvet et Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Marc Angrand

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