April 18, 2010 / 2:40 PM / 9 years ago

Goldman Sachs pourrait ne pas être un cas isolé

par Aaron Pressman et Joseph Giannone

Le siège de Goldman Sachs, à New York. Alors que la Securities and Exchange Commission (SEC) accuse la banque de fraude sur des subprimes, il se pourrait que cette affaire ne soit peut-être pour Wall Street que le prélude à l'ouverture d'une multitude de contentieux émanant directement de la crise des subprimes. /Photo prise le 16 avril 2010/REUTERS/Brendan McDermid

BOSTON/NEW YORK (Reuters) - L’affaire Goldman Sachs n’est peut-être pour Wall Street que le prélude à l’ouverture d’une multitude de contentieux émanant directement de la crise des subprimes.

La SEC accuse la banque de fraude pour n’avoir pas dit aux acheteurs de CDO émis par un véhicule d’investissement du nom d’Abacus que le gérant de fonds spéculatifs John Paulson, qui avait contribué à la constitution du portefeuille de dérivés de créances immobilières de ce placement, pariait contre les dérivés en question.

La Securities and Exchange Commission (SEC) est l’organisme de tutelle des marchés financiers aux Etats-Unis. Les CDO (collateralized debt obligation) sont des titres adossés à divers types de créances que l’on a titrisées.

La pratique de créer des CDO synthétiques n’était pas rare en 2006 et 2007. Alors que la bulle immobilière touchait à sa fin, des investisseurs perspicaces cherchaient d’autres moyens de faire du profit.

L’action Goldman Sachs a plongé de 13% vendredi et les actions d’autres établissements financiers créateurs de CDO ont également fortement reculé. Deutsche Bank a perdu 9%, Morgan Stanley 6%, Bank of America 5% et Citigroup 5%.

Merrill Lynch, maintenant propriété de Bank of America, Citigroup et Deutsche Bank étaient les leaders du placement de CDO en 2006 et en 2007, selon des données de Thomson Reuters. Mais la plupart des ces opérations reposaient sur des valeurs mobilières adossées à des créances immobilières (MBS) réelles et non pas sur des dérivés comme dans le cas d’Abacus.

Des gérants de hedge funds (fonds spéculatifs) comme John Paulson avaient l’habitude de parier contre ces CDO synthétiques, fondés sur des contrats de dérivés et non sur des valeurs mobilières réelles. Ces CDO-là étaient moins courants.

AU-DELÀ D’ABACUS

Quoi qu’il en soit, l’acte d’accusation de la SEC contre Goldman Sachs mobilise déjà des investisseurs qui ont perdu gros sur ces CDO, affirme l’avocat Jake Zamansky.

“J’ai été contacté par des clients de Goldman afin d’engager des poursuites pour récupérer leurs pertes”, a-t-il dit. “Ca dépassera largement le seul Abacus. Les autorités et les avocats des plaignants vont examiner d’autres opérations et quels types de conflits se jouent chez Goldman”.

Une enquête du site internet ProPublica sur les paris contre des créances liées à des CDO engagés en 2007 par le hedge fund de Chicago Magnetar avait également débouché sur des allégations de conflit d’intérêt contre Deutsche Bank, Merrill et JPMorgan Chase.

La banque néerlandaise Rabobank a porté plainte en juin contre Merrill Lynch au sujet de l’implication de Magnetar dans un CDO appelé Norma.

“Merrill Lynch a fait équipe avec l’un de ses hedge funds clients les plus prisés - un vendeur à découvert réputé qui avait aidé Merrill Lynch à monter quatre autres CDO - pour créer Norma, un instrument personnalisé en vue de parier contre le marché des valeurs mobilières adossées à des créances immobilières”, explique Rabobank dans sa plainte déposée le 12 juin à la Cour suprême de New York.

La SEC et d’autres autorités financières ont fait savoir que le cas Abacus ne serait pas le seul étudié.

“Nous examinons avec soin ces produits et ces transactions”, explique Robert Khuzami, responsable de l’application des règlements de la SEC. “Nous explorons la totalité du spectre pour déterminer s’il y a eu des cas de fraude”.

Le procureur général du Connecticut Richard Blumenthal a déclaré que ses services s’étaient d’ores et déjà saisis du dossier Goldman.

“L’une des questions primordiales consiste à savoir s’il s’agit d’un incident isolé ou s’il y a un fait de collusion entre banques d’investissement et hedge funds en vue de laisser couler des valeurs qu’ils ont créées et vendues à des investisseurs qui n’en savaient rien”, explique-t-il dans un communiqué.

Avec Dan Wilchins et Rachelle Younglai, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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