June 24, 2009 / 6:22 PM / in 9 years

La nouvelle banque "BPCE" est officiellement née

Par Matthieu Protard

Les Banques populaires et les Caisses d'épargne ont annoncé la naissance de leur nouvel organe central commun, baptisé "BPCE", qui sera véritablement opérationnel le 3 août prochain après la tenue des assemblées générales des deux banques mutualistes le 31 juillet. /Photos d'archives/REUTERS

PARIS (Reuters) - Les Banques populaires et les Caisses d’épargne ont annoncé mercredi la naissance de leur nouvel organe central commun, baptisé “BPCE”, qui sera véritablement opérationnel le 3 août prochain après la tenue des assemblées générales des deux banques mutualistes le 31 juillet.

La création du nouvel établissement, issu de la fusion de la Banque fédérale des Banques populaires (BFBP) et de la Caisse nationale des Caisses d’épargne (CNCE), intervient 24 heures après l’agrément du comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CECEI).

Avec un réseau de près de 8.000 agences, de 34 millions de clients et environ 20% de parts de marché dans la banque de détail en France, le nouveau groupe deviendra le deuxième réseau bancaire français après le Crédit agricole.

“Les actes juridiques nécessaires à la création du nouvel organe central ont été approuvés” par le conseil d’administration de la BFBP et par le conseil de surveillance de la CNCE, a indiqué François Pérol, le président de BPCE, lors d’une conférence de presse, sa première depuis qu’il a pris en mars dernier les commandes des deux établissements.

“Ils devront être confirmés par les assemblées générales” des deux banques mutualistes, a-t-il ajouté, indiquant au passage que le siège social de la nouvelle banque BPCE sera celui de la CNCE, avenue Pierre Mendès France dans le 13è arrondissement de Paris.

L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, dont le parachutage à la tête des Banques populaires et des Caisses d’épargne a provoqué un véritable tollé dans le monde politique et syndical, a par ailleurs estimé que le nouvel organe central était valorisé entre 15 et 16 milliards d’euros.

Pendant les cinq premières années, BPCE sera détenu à stricte parité par les Banques populaires et les Caisses d’épargne. Au-delà de ces cinq ans, François Pérol a expliqué que l’actionnariat de BPCE pourrait évoluer si une banque ou une caisse régionale était amenée à prendre plus d’importance.

PAS DE CALENDRIER POUR LE REMBOURSEMENT DE L’ETAT

“Le 50/50 n’est pas intangible éternellement. La part détenue par chaque caisse d’épargne et par chaque banque populaire est susceptible d’évoluer en fonction des résultats économiques de chaque caisse d’épargne et de chaque banque populaire”, a-t-il expliqué.

Prié de dire si la nouvelle banque était susceptible d’être cotée, il a répondu: “La cotation du nouvel organe central n’est pas à l’ordre du jour”.

L’Etat français s’est engagé à apporter à la nouvelle banque jusqu’à cinq milliards d’euros, une aide financière qui a été acceptée par la Commission européenne le 8 mai dernier et qui s’ajoute aux 2 milliards reçus en décembre 2008 dans le cadre de la première tranche d’aide au secteur bancaire français.

“On a le même objectif que l’ensemble des banques françaises: c’est de remplacer l’Etat au capital comme actionnaire à partir du moment où notre situation de solvabilité le permettra et où nos résultats nous permettront de le faire”, a fait savoir François Pérol.

“Je n’indique pas de calendrier a priori”, a-t-il ensuite souligné en réponse à une question sur la possibilité d’un remboursement de l’aide de l’Etat dès début 2010.

Le 12 juin dernier, Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, avait déclaré que les banques françaises commenceraient à rembourser l’aide de l’Etat à compter de début 2010.

En contrepartie de son aide financière, le gouvernement pourra désigner quatre des 18 membres du conseil de surveillance du nouveau groupe. François Pérol a indiqué mardi que les représentants de l’Etat seront désignés “probablement la semaine prochaine”.

Plombées notamment par leur filiale commune Natixis, qui a accusé en 2008 une perte nette de 2,799 milliards d’euros, et par des acquisitions en haut en cycle dans l’immobilier, les Banques populaires et les Caisses d’épargne ont vu l’an dernier leurs comptes virer dans le rouge.

L’Ecureuil a également subi de son côté une perte de trading de 751 millions d’euros en octobre 2008.

Edité par Marc Angrand

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