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Économie

Dans le rouge au 1er semestre, Accor prévoit 1.000 suppressions de postes

PARIS (Reuters) - Pénalisé par la crise sanitaire liée au coronavirus et par les mesures de confinement et fermetures de frontières qui l’ont accompagnée, le groupe hôtelier Accor a conclu le 30 juin un premier semestre catastrophique qui l’a conduit à annoncer mardi la suppression d’un millier de postes.

Pénalisé par la crise sanitaire liée au coronavirus et par les mesures de confinement et fermetures de frontières qui l'ont accompagnée, le groupe hôtelier Accor a conclu le 30 juin un premier semestre catastrophique qui l'a conduit à annoncer mardi la suppression d'un millier de postes. /Photo prise le 27 mai 2020/REUTERS/Charles Platiau

De janvier à juin, le chiffre d’affaires du groupe, qui exploite des chaînes haut de gamme telles que Raffles et Sofitel ainsi que des marques économiques telles que Ibis, s’est élevé à 917 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 52,4% par rapport au premier semestre 2019 (-48,8% à périmètre et changes constants).

Le résultat net part du groupe s’inscrit quant à lui nettement dans le rouge avec une perte de 1,52 milliard d’euros alors qu’il s’élevait à 141 millions d’euros un an auparavant et l’excédent brut d’exploitation est ressorti dans le rouge à -227 millions, ce qui représente une baisse de 153,7% en données comparables.

Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé de rentabilité du secteur, a chuté de 59,3% sur la même période.

Ce même indicateur est ressorti en baisse de 90,6% en Europe au cours du seul second trimestre, témoignant de la brutalité de la crise subie par le secteur du tourisme.

“VIOLENCE INOUÏE”

“Le choc que subit notre industrie est sans précédent et d’une violence inouïe”, constate d’emblée Sébastien Bazin, le PDG d’Accor, dans le communiqué accompagnant ses résultats.

“Après l’urgence, nous devons maintenant finaliser la transformation de notre business model ‘asset-light” en un groupe pleinement “asset-light’”, poursuit-il.

Dans une interview accordée aux Echos, Sébastien Bazin, le PDG du groupe, affirme que cette tranformation n’est pas une réponse aux retombées de la crise sanitaire mais le résultat du de l’évolution du “business model” d’Accor.

“Ce plan était en gestation avant. (...) Ce n’est pas parce que c’est la crise que nous allons vendre des marques ou réduire la voilure. (...) Cette crise révèle la nécessité d’évoluer rapidement. Elle prouve que nous n’avons pas le temps d’attendre”, a-t-il dit.

Dans le contexte actuel, le groupe se dit incapable de fournir la moindre perspective d’Ebitda pour 2020, un constat qui tranche avec les résultats record qu’il visait il y a tout juste un an.

L’apparition de l’épidémie a conduit le numéro un européen de l’hôtellerie à annoncer des mesures d’économie en se fixant un objectif de 200 millions d’euros par rapport à sa base de coûts de 1,2 milliard d’euros en 2019.

Deux tiers de ces économies devraient être atteintes à fin 2021 et 100% à fin 2022.

Accor indique que ce plan inclut “une simplification et un alignement des structures opérationnelles à travers les différentes régions” et “une automatisation des tâches basées sur des processus qui peuvent être répétés”.

“Ces initiatives vont concerner environ 1.000 personnes sur les 18.000 qui occupent des fonctions au niveau des sièges. Il est encore trop tôt pour évoquer les conséquences par pays, et nous aborderons ces sujets d’abord avec nos partenaires sociaux”, a déclaré Sébastien Bazin aux Echos.

Nicolas Delame, avec Charles Regnier

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