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Économie

L'Europe recule, freinée par les tensions diplomatiques et la pandémie

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes reculent mardi et effacent leurs gains de la veille, les investisseurs étant incités à la prudence avec le rétablissement de restrictions sanitaires en Californie face à la propagation du coronavirus et de nouvelles sources de tensions entre les Etats-Unis et la Chine.

Les principales Bourses européennes reculent mardi et effacent leurs gains de la veille. À Paris, l'indice CAC 40 perd 1,57%. À Francfort, le Dax cède 1,3% et à Londres, le FTSE abandonne 0,97%. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

À Paris, l’indice CAC 40 perd 1,57% à 4.976,82 points vers 08h10 GMT. À Francfort, le Dax cède 1,3% et à Londres, le FTSE abandonne 0,97%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro recule de 1,48%, le FTSEurofirst 300 de 1,57% et le Stoxx 600 de 1,14%.

Face à la flambée des contaminations par le nouveau coronavirus et des hospitalisations, la Californie a ordonné la fermeture des bars et imposé aux restaurants et musées d’arrêter toute activité en intérieur. Les églises, salles de sport et salons de coiffure devaient fermer dans les 30 comtés les plus touchés par l’épidémie.

Après avoir été portés lundi par un vent d’optimisme, les marchés craignent désormais que le rétablissement de ces restrictions sanitaires ne freine le rythme de la reprise économique.

La résurgence des tensions entre les Etats-Unis et la Chine tempère également la prise de risque en Europe après le rejet par Washington de la souveraineté revendiquée par la Chine sur les ressources de la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale.

L’administration Trump prévoit en outre de mettre fin à un accord de 2013 entre les autorités américaines et chinoises chargées de l’audit des entreprises, a déclaré un haut responsable du département d’Etat, une mesure qui pourrait accroître la pression sur les sociétés chinoises cotées à Wall Street.

“Ce n’est pas juste l’accélération des tensions qui inquiète mais aussi le fait qu’elles touchent tant de domaines différents (...) Ce qui avait été principalement un différend commercial prend une dimension politique et stratégique, rendant une résolution moins probable et les prochaines mesures moins prévisibles”, a déclaré Vishnu Varathan, économiste en chef chez Mizuho Bank.

La séance du jour sera marquée à Wall Street par le début des publications des résultats des banques pour le deuxième trimestre, avec JPMorgan Chase, Citi et Wells Fargo.

VALEURS

Le secteur technologique européen accuse de loin la plus forte baisse, son indice Stoxx reculant de 2,81%, après le recul de son équivalent à Wall Street.

Dialog Semiconductor, Dassault Systèmes, STMicro, Infineon perdent entre 1,6% et 3,99%.

Ocado, spécialiste britannique de la distribution en ligne, recule de 1,7% malgré sa bonne publication semestrielle.

Solocal prend 3,49% après la validation du projet de modification du plan de sauvegarde financière, qui doit encore être soumis au vote des actionnaires dans 10 jours.

A WALL STREET

Lundi, le S&P 500 (-0,94%) et le Nasdaq (-2,13%) ont fini en baisse, entraînés par le net repli en fin de séance des géants de la “tech” après leur récent rally

La dégradation de la situation sanitaire aux Etats-Unis a provoqué des prises de bénéfices sur les grands noms technologiques de la cote, Amazon, Microsoft, Nvidia et Facebook ayant perdu chacun plus de 2%. L’indice S&P du secteur a cédé 2,12%.

Le Dow Jones a quant à lui fini quasi stable (+0,04% ou 10,5 points).

EN ASIE

Les tensions diplomatiques entre Pékin et Washington et les incertitudes concernant la pandémie font reculer les places asiatiques.

En Chine, le CSI 300 des grandes capitalisations a perdu 1% et l’indice composite de Shanghai 0,8%. L’annonce d’une progression inattendue des exportations et importations chinoises le mois dernier n’a pas eu d’effet sur la tendance.

Au lendemain d’un pic d’un mois, le Nikkei à la Bourse de Tokyo a cédé 0,87% en raison de prises de profits et du recul des valeurs technologiques, en particulier des fabricants de semi-conducteurs, dans le sillage du Nasdaq à Wall Street.

Tokyo Electron a abandonné 1,45% et Advantest 2,43%.

CHANGES

Le yuan pourrait accuser sa plus forte baisse quotidienne en près de trois semaines avec le retour au premier plan des tensions sino-américaines.

Jouissant du statut de valeur refuge, le dollar monte face à un panier de six devises de référence et l’euro cède une petite partie des gains de la veille, à 1,1337 dollar.

La tendance pourrait évoluer avec la publication dans la matinée de l’indice du sentiment des investisseurs allemands puis, à 12h30 GMT, de l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis.

“Une nouvelle fois, nous réitérons notre mise en garde : une forme en V sur un indice de diffusion comme le ZEW n’indique en rien une reprise en V. Il y a eu ces dernières semaines de très nombreuses mauvaises interprétations des indicateurs par les investisseurs. Le scénario dominant reste celui d’une reprise graduelle”, ont commenté les économistes de Saxo Banque dans une note.

La livre tombe à un creux d’une semaine face au dollar et à l’euro après le rebond moins marqué que prévu de la croissance britannique au mai, à 1,8% contre un consensus à +5,5% et une contraction de 20,3% le mois précédent.

TAUX

Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans lâche deux points de base (pdb) à 0,6217% et celui du Bund allemand de même échéance recule à -0,434% (-3 pdb).

PÉTROLE

Les cours pétroliers cèdent du terrain dans la crainte que la mise en place de nouvelles mesures de confinement dans certains Etats américains ne menace la reprise naissante de la demande.

Le brut américain (West Texas Intermediate ,WTI) recule de 1,65% à 39,44 dollars le baril et le Brent de 1,33% à 42,15 dollars.

Laetitia Volga, édité par Bertrand Boucey

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