September 4, 2019 / 8:17 PM / 18 days ago

Wall Street applaudit de bonnes nouvelles économiques et politiques

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York a fini en nette hausse mercredi, profitant tout à la fois d’une accélération de la croissance dans le secteur des services en Chine, d’un apaisement de la crise politique à Hong Kong et du vote des députés britanniques visant à éviter un Brexit sans accord.

La Bourse de New York a fini en nette hausse mercredi. L'indice Dow Jones a gagné 237,24 points, soit 0,91%, à 26.355,26. /Photo prise le 3 septembre 2019/REUTERS/Andrew Kelly

Reprenant une bonne partie du terrain perdu la veille, l’indice Dow Jones a gagné 237,45 points, soit 0,91%, à 26.355,47.

Le Standard & Poor’s 500, plus large, a pris 31,51 points, soit 1,08%, à 2.937,78.

Le Nasdaq Composite a progressé de 102,72 points, soit 1,3%, à 7.976,88.

En Chine, la croissance du secteur des services a atteint en août son rythme le plus élevé depuis trois mois, l’indice des directeurs d’achats (PMI) remontant à 52,1 après 51,6 en juillet.

Ce chiffre a rassuré des investisseurs qu’avait au contraire alarmés mardi l’annonce du passage de l’indice ISM manufacturier américain sous 50 pour la première fois depuis 2016, un basculement traduisant une contraction de l’activité qui avait fait reculer le Dow et le Nasdaq de plus de 1%.

Autre facteur de soulagement pour les marchés: l’annonce par la dirigeante de l’exécutif de Hong Kong du retrait du projet de loi d’extradition de suspects vers la Chine, le texte à l’origine de la grave crise qui secoue la région administrative spéciale depuis des mois.

Les marchés ont aussi salué l’adoption par les députés britanniques d’un projet de loi visant à reporter la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, à laquelle le Premier ministre, Boris Johnson, a riposté en réclamant des élections législatives anticipées le 15 octobre.

“Un peu du pessimisme dans lequel le mois avait commencé s’est dissipé”, explique Chris Zaccarelli, directeur des investissements d’Independent Advisor Alliance.

“Tout ce qui est susceptible de faire capoter un Brexit dur est positif pour les actions”, ajoute-t-il.

La tendance haussière n’a pas été remise en cause par la publication, deux heures avant la clôture, du Livre beige de la Réserve fédérale, un état des lieux de l’économie américaine qui servira de base aux débats de la réunion de politique monétaire des 17 et 18 septembre. La banque centrale évoque une croissance “modeste” malgré les inquiétudes liées à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

INDICATEURS

Le déficit commercial des Etats-Unis a légèrement diminué en juillet à 54,0 milliards de dollars (49,03 milliards d’euros), sous l’effet d’un rebond des exportations, mais le déficit avec la Chine a augmenté de 9,4% pour atteindre un pic de six mois et celui avec l’Union européenne a inscrit un record.

VALEURS

Les 11 grands indices sectoriels S&P ont tous fini la journée dans le vert, les meilleures performances étant pour ceux des hautes technologies (+1,71%), des services de communication (+1,61%) et de l’énergie (+1,39%).

L’indice des valeurs bancaires a gagné quant à lui 1,22% avec la remontée des rendements obligataires tandis que le Philadelphia Semiconductor prenait 2,79%.

La plus forte hausse du Dow est pour Intel, qui a gagné 4,13%.

A la baisse, Tyson Foods, premier transformateur de viande des Etats-Unis, a chuté de 7,75% après avoir abaissé sa prévision de bénéfice annuel.

LA SÉANCE EN EUROPE

Le PMI des services chinois, le soulagement lié à l’apaisement de la crise politique italienne et l’espoir de voir le Royaume-Uni échapper à un Brexit sans accord fin octobre ont permis aux marchés actions européens de finir la journée en nette hausse.

À Paris, l’indice CAC 40 a progressé de 1,21% à 5.532,07 points, sa première clôture à plus de 5.500 depuis le 1er août. Le Footsie britannique, freiné par le rebond de la livre sterling, a pris 0,59% et le Dax allemand 0,96%. La Bourse de Milan a gagné 1,58%.

L’indice EuroStoxx 50 a avancé de 0,88%, le FTSEurofirst 300 de 0,93% et le Stoxx 600 de 0,89%.

A Paris, les valeurs du luxe ont profité du retrait du projet de loi à l’origine des tensions politiques à Hong Kong: LVMH a gagné 3,61% et Kering 2,96%.

TAUX

Le retour en force de l’appétit pour les actifs risqués a permis à la courbe des rendements américains de poursuivre sa repentification, l’écart - très surveillé - entre les taux à deux et dix ans remontant autour de trois points de base, son plus haut niveau depuis le 21 août.

En fin de séance, le rendement des bons du Trésor à dix ans était pratiquement stable à 1,464% alors que le deux ans cédait près de trois points à 1,4339% après être tombé à 1,430%, son plus bas niveau depuis deux ans.

Le 30 ans était en hausse de plus d’un point de base à 1,9652%.

La remontée des rendements longs est favorisée entre autres par la multiplication des émissions de dette d’entreprise, qui incite les investisseurs à vendre des titres du Trésor.

CHANGES

L’apaisement au moins temporaire des tensions à Hong Kong, en Italie et en Grande-Bretagne s’est traduit par une baisse du dollar et du yen.

Au moment de la clôture de Wall Street, le billet vert cédait 0,57% face à un panier de devises de référence et la monnaie japonaise abandonnait 0,41% face au dollar et 0,91% face à l’euro.

La monnaie unique se traitait alors autour de 1,1030 dollar, en hausse de 0,5%, s’éloignant du plus bas de plus de deux ans touché mardi à 1,0924.

Elle a bénéficié des déclarations de Christine Lagarde, la très probable future présidente de la Banque centrale européenne, soulignant la nécessité de veiller aux effets secondaires indésirables d’une politique monétaire durablement ultra-accommodante, qui ont nourri les doutes sur l’ampleur des mesures d’assouplissement attendues le 12 septembre.

PÉTROLE

Le PMI chinois des services, en rassurant les investisseurs sur la santé du deuxième consommateur et premier importateur mondial de brut, a permis aux cours du pétrole de terminer en forte hausse après trois séances consécutives de baisse.

Le contrat octobre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 2,32 dollars, soit 4,3%, à 56,26 dollars le baril, enregistrant sa plus forte hausse en pourcentage sur une séance depuis le 10 juillet.

L’échéance novembre sur le Brent a pris 2,44 dollars (+4,19%) à 60,70 dollars.

Avec Sinéad Carew à New York

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