September 3, 2019 / 4:50 PM / 3 months ago

L'Europe finit en baisse, inquiétude sur le commerce et la croissance

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge mardi et Wall Street perdait du terrain à mi-séance après un indicateur américain décevant et dans un climat d’inquiétude persistante sur les négociations commerciales entre Washington et Pékin.

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge mardi. À Paris, l'indice CAC 40 a reculé de 0,49%. Le Footsie britannique a perdu 0,19% et le Dax allemand 0,36%. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Grimm

À Paris, l’indice CAC 40 a reculé de 0,49% à 5.466,07 points. Le Footsie britannique a perdu 0,19% et le Dax allemand 0,36%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,34%, le FTSEurofirst 300 0,22% et le Stoxx 600 0,23%.

Avec la mise en place de nouveaux droits de douane pendant le long week-end de Labor Day, les intervenants commencent à perdre confiance dans la capacité des deux premières économies mondiales à régler leur conflit commercial, qui dure depuis un an et demi et pèse sur les marchés et sur l’économie mondiale.

La publication dans l’après-midi des résultats de l’enquête mensuelle de l’Institute for Supply Management (ISM) montrant que les Etats-Unis ont connu la première contraction de leur activité manufacturière depuis 2016 a accentué le repli à Wall Street en Europe, ainsi que la baisse des rendements obligataires.

“Tout d’optimisme sur les négociations commerciales a été anéantie par l’indice ISM, qui a montré une contraction de l’activité manufacturière”, souligne Tim Ghriskey (Inverness Counsel).

“On espère que les Etats-Unis vont surmonter la tourmente avec l’aide de la Fed”, ajoute-t-il. “Mais la faiblesse de l’industrie manufacturière semble devoir durer. Ce rapport ne tient pas du hasard.”

Le marché évalue désormais à 10% la probabilité que la Réserve fédérale annonce une baisse de taux de 50 points de base (pdb) à l’issue de sa réunion, le 18 septembre prochain, contre 0% vendredi, selon le baromètre FedWatch de CME Group. Les 90% restants misent sur une baisse de 25 points de base.

VALEURS

Une grande majorité des indices sectoriels européens a fini dans le rouge. A Paris, les valeurs du luxe ont figuré parmi les plus fortes baisses du CAC 40, avec des replis de 1,69% pour Kering et de 2,0% pour LVMH, lanterne rouge de l’indice.

A noter aussi, la baisse de 6,29% d’Iliad qui a annoncé avoir perdu 127.000 abonnés en France au premier semestre.

Sanofi (+1,91%) a profité d’une note de Bernstein qui entame son suivi sur la valeur avec une recommandation à “surperformance”.

Renault est la troisième plus forte hausse du CAC, avec un gain de 0,83%, le titre s'étant retourné à la suite d'une information de Bloomberg signalant des progrès dans les discussions entre le Japon et la France en vue de renforcer le partenariat avec Nissan. (bloom.bg/2krzWC2)

A WALL STREET

A la clôture en Europe, la Bourse de New York recule nettement: le Dow Jones perd 1,12% à 26.107,97 points et le Standard & Poor’s 500, plus large, recule de 0,62% à 2.908,35 points. Le Nasdaq Composite cédait de son côté 0,93% à 7.888,49 points.

Apple et Caterpillar, sensibles aux négociations commerciale, perdent respectivement 1,75% et 2,63%.

Boeing est la valeur qui pèse le plus sur le Dow avec une perte de 2,93%. L’autorité fédérale de l’aviation civile, la FAA, a annoncé vendredi que le comité d’experts internationaux chargé du dossier du Boeing 737 MAX aurait besoin de quelques semaines supplémentaires pour achever son rapport sur la certification de l’appareil, immobilisé depuis près de six mois.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Europe, les prix à la production ont légèrement augmenté en juillet après quatre mois de recul, à cause de la hausse des prix de l’énergie.

Aux Etats-Unis en revanche, l’activité manufacturière s’est contractée en août pour la première fois depuis 2016, selon l’indice ISM et les dépenses de construction ont à peine augmenté en juillet.

CHANGES

L’”indice dollar”, qui mesure ses fluctuations face à un panier de devises de référence, a atteint un pic de plus de deux ans, les cambistes s’étant tournés vers la devise américaine dans l’incertitude sur le Brexit et le commerce, même s’il a réduit ses gains après l’indice ISM manufacturier.

“Il s’agit d’une quête de sécurité plutôt qu’un mouvement fondé sur le différentiel de taux”, dit Steven Englander chez Standard Chartered.

L’euro a touché un plus bas de 28 mois face au billet vert à 1;0927 sur des anticipations de taux durablement bas dans la zone euro. Les marchés monétaires intègrent désormais une probabilité de plus de 80% d’une baisse de 20 points de base du taux de dépôt de la Banque centrale européenne à sa prochaine réunion de politique monétaire.

La livre est remontée à 1,2085 dollar, après être tombée en séance sous le seuil de 1,20 dollar face au conflit au Parlement britannique sur le Brexit.

TAUX

Les rendements des obligations souveraines reculent encore. Celui des Treasuries à 10 ans perd 5,7 point de base (pdb) à 1,451% et le Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, suit le mouvement pour tomber à un nouveau plus bas record, de -0,70%, en baisse de 1,3 pdb.

Le rendement italien à 10 ans est tombé à un plus bas record de 0,855%, un mouvement favorisé par l’optimisme quant à la probabilité que le Mouvement 5 Etoiles (M5S) parvienne à un accord de coalition avec le Parti démocrate.

Le rendement des obligations britanniques à 10 ans a également touché un plus bas historique à 0,341% avant de remonter à 0,411%, alors que l’opposition à un Brexit sans accord s’organise pour tenter d’éviter un “No Deal” le 31 octobre prochain.

PÉTROLE

Les cours du pétrole brut américain, qui perdaient déjà du terrain en raison du conflit commercial sino-américain et de l’augmentation de la production de pétrole de l’Opep et de la Russie, ont creusé leurs pertes après l’annonce d’une contraction de l’activité manufacturière américaine selon l’enquête ISM.

Le contrat sur le brut léger texan (WTI) abandonne 2,96% à 53,47 dollars le baril tandis que le Brent cède 1,52% autour de 57,77 dollars.

Avec Stephen Culp, édité par Marc Angrand

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