August 29, 2019 / 1:50 PM / in 23 days

Ralentissement confirmé de la croissance américaine au 2e trimestre

WASHINGTON (Reuters) - La croissance de l’économie américaine a ralenti au deuxième trimestre, montrent les statistiques officielles publiées jeudi, mais le dynamisme de la consommation des ménages, au plus haut depuis quatre ans et demi, et la bonne santé du marché du travail pourraient tempérer les craintes de récession qui perturbent les marchés.

La croissance de l'économie américaine a ralenti légèrement plus qu'estimé initialement au deuxième trimestre, montre jeudi la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB). /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 2,0% en rythme annualisé, a annoncé le département du Commerce, contre 2,1% en première estimation. Sur janvier-mars, la croissance américaine avait atteint 3,1%. Le premier semestre 2019 se solde ainsi par une croissance de 2,6%.

La révision annoncée jeudi est conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters.

La phase actuelle d’expansion, entrée dans sa onzième année, semble menacée par la guerre commerciale ouverte avec la Chine par l’administration Trump, qui pèse sur l’investissement des entreprises et la production manufacturière.

La détérioration des relations commerciales entre les deux premières économies du monde inquiète les marchés boursiers et a favorisé l’inversion de la courbe des rendements obligataires américains, un phénomène rare considéré comme un signal avant-coureur de récession.

Si les indicateurs récents sur l’activité du secteur manufacturier et de l’immobilier suggèrent un nouveau ralentissement de la croissance au début du troisième trimestre, la consommation reste soutenue, favorisée par la faiblesse du chômage, au plus bas depuis près de 50 ans.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a jugé vendredi dernier que la situation économique restait “favorable” mais il a ajouté que la banque centrale agirait de manière “appropriée” pour assurer la poursuite de la croissance, ce qui pourrait la conduire à baisser de nouveaux les taux en septembre.

Pour l’ensemble de cette année, en prenant en compte l’impact de la guerre commerciale et un impact de plus en plus faible de la réforme fiscale mise en oeuvre l’an dernier par l’administration Trump, les économistes prévoient en moyenne une croissance d’environ 2,5%, donc inférieur à l’objectif de 3% affiché par la Maison blanche.

LE RALENTISSEMENT RESTE MODÉRÉ

Au deuxième trimestre, la croissance de la consommation des ménages, qui représente plus des deux tiers de l’activité économique aux Etats-Unis, a atteint 4,7% en rythme annualisé sur avril-juin, son niveau le plus élevé depuis le quatrième trimestre 2014. Elle avait initialement été estimée à 4,3%.

Les chiffres du département du Commerce montrent aussi que le déficit commercial s’est creusé à 982,5 milliards de dollars au deuxième trimestre contre 978,7 milliards en première estimation. Le commerce extérieur affiche ainsi une contribution négative de 0,72 point de pourcentage à l’évolution du PIB, contre 0,65 point estimé initialement.

La croissance des stocks a été révisée en baisse à 69,0 milliards de dollars au deuxième trimestre contre 71,7 milliards annoncé fin juillet. Les stocks ont retranché 0,91 point de pourcentage à l’évolution du PIB, contre 0,86 points dans l’estimation initiale.

Confirmée à 0,6%, la baisse de l’investissement des entreprises au deuxième trimestre est la première depuis le premier trimestre 2016.

Les bénéfices après impôt ressortent en hausse de 4,8% sur avril-juin, après une baisse de 1,5% sur janvier-mars.

Si l’économie ralentit, ce mouvement ne semble pas pour autant s’emballer: selon la première estimation du département du Commerce, le déficit commercial s’est réduit de 2,5% au mois de juillet à 72,3 milliards de dollars grâce à un rebond des exportations: les exportations de biens ont augmenté de 0,7% alors que les importations diminuaient de 0,4%.

Les ventes au détail hors automobiles et pièces détachées, qui entrent dans le calcul du PIB, affichent quant à elles une progression de 0,3% le mois dernier après une baisse de 0,2% en juin.

Le chiffre hebdomadaire des inscriptions au chômage, lui, est en légère hausse à 215.000 mais sa moyenne sur les quatre dernières semaines recule à 214.500.

Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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