August 22, 2019 / 12:48 PM / in 3 months

La BCE privilégie un "paquet" de mesures face au ralentissement

FRANCFORT (Reuters) - Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont exprimé lors de leur réunion du mois dernier la crainte que la croissance soit encore plus faible que prévu et un “paquet” de mesures pourrait être plus efficace pour combattre le ralentissement qu’une série de mesures ponctuelles, montre le compte rendu des débats publié jeudi.

Les responsables de la BCE ont exprimé lors de leur réunion du mois dernier la crainte que la croissance soit encore plus faible que prévu et un "paquet" de mesures pourrait être plus efficace pour combattre le ralentissement qu'une série de mesures ponctuelles. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Face à la faiblesse de la croissance et de l’inflation depuis plusieurs mois, le président de la BCE Mario Draghi a quasiment promis de nouvelles mesures de stimulation de l’économie dès le mois de septembre et une série de mauvais indicateurs de conjoncture depuis la réunion des 24 et 25 juillet n’a fait que renforcer la nécessité d’un tel soutien.

La banque centrale pourrait aussi apporter un plus grand soutien au secteur bancaire, chargé de transmettre la politique d’assouplissement monétaire de la BCE à l’économie réelle, via un amortissement des effets d’un taux de dépôt négatif.

“L’avis a été exprimé que les différentes options devraient être vues dans leur ensemble, c’est-à-dire une combinaison d’instruments avec d’importantes complémentarités et synergies,” écrit la BCE dans les “minutes” de sa réunion.

“L’expérience a montré qu’un paquet - tel que l’association de baisses de taux et d’achats d’actifs - était plus efficace qu’une série de mesures ponctuelles”, ajoute-t-elle.

Un taux de dépôt modulable pourrait figurer parmi les mesures les plus controversées à l’étude.

Certains membres du Conseil des gouverneurs de la BCE ont noté que les taux négatifs exerçaient une pression croissante sur le secteur bancaire tandis que d’autres ont évoqué les conséquences involontaire d’un tel changement de politique.

Les marchés s’attendent au moins à une baisse de taux de 10 points de base et au lancement d’un programme d’achats d’actifs en septembre. Mais ils pensent qu’une éventuelle modulation ne sera pas décidée lors de la prochaine réunion.

Les responsables de la politique monétaire étaient aussi divisés sur la nécessité de redéfinir l’objectif d’inflation de la BCE “proche mais inférieure à 2%”.

A l’issue de sa réunion des 24 et 25 juillet, le Conseil des gouverneurs a maintenu ses taux directeurs inchangés mais a ouvert la voie à une refonte de son approche et de ses outils de politique monétaire en vue d’un nouvel assouplissement et a dit pour la première fois que son objectif d’inflation légèrement inférieure à 2% ne constituait pas un plafond.

Mais certains de ses collègues n’étaient pas d’accord, jugeant que toute discussion au sujet du plafond devrait s’inscrire dans un débat plus large sur la stratégie de la BCE.

A trois mois de la fin de son mandat de huit ans à la tête de la BCE, Mario Draghi n’a plus que deux réunions du Conseil pour consolider son héritage avant de céder la place à Christine Lagarde, le 31 octobre.

Les responsables de la politique monétaire ont également exprimé à la réunion de fin juillet leurs craintes que les indicateurs de conjoncture à venir n’obligent à une nouvelle révision des prévisions de la BCE et les perturbations en dehors de la zone euro menacent d’affecter l’économie du bloc.

“Les indicateurs ‘faibles’ du moment annoncent une croissance plus lente au troisième trimestre de 2019, ce qui accroît les doutes concernant la reprise attendue au deuxième semestre de cette année”, a déclaré la BCE qui ajoute que les risques baissiers sont devenus “plus généralisés” et que leur persistance pourrait mener à “une révision du scénario de base”.

Avec un ralentissement plus long que prévu, il y a aussi le risque que la faiblesse du secteur de l’industrie ne se propage aux services, l’activité manufacturière étant déterminante.

L’économie de la zone euro a quasiment stagné au deuxième trimestre et l’Allemagne, première économie du bloc, pourrait déjà être en phase de récession, le contexte de guerre commerciale, de ralentissement en Chine et d’incertitude sur le Brexit freinant la demande à l’exportation et sapant la confiance dans son important secteur manufacturier.

L’euro recule légèrement après ce compte rendu et le rendement du Bund à 10 ans a accru ses gains.

Le rendement du Bund à 10 ans a atteint un plus haut du jour à -0,626%, contre environ -0,65% avant les minutes.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Matthieu Protard

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