August 15, 2019 / 4:50 PM / 4 months ago

Les Bourses européennes terminent en baisse, nervosité liée au commerce

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, la question du commerce ayant repris le dessus et provoquant un nouvel accès d’aversion au risque après les menaces de représailles lancées par la Chine.

Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,27%. Le Footsie britannique a cédé 1,13% et le Dax allemand a perdu 0,7%. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,27% à 5.236,93points. Le Footsie britannique a cédé 1,13% et le Dax allemand a perdu 0,7%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,18%, le FTSEurofirst 300 de 0,35% et le Stoxx 600 de 0,29%.

La Chine a annoncé jeudi qu’elle devra prendre de nécessaires contre-mesures après les droits de douane que les Etats-Unis menacent d’imposer sur 300 milliards de dollars (270 milliards d’euros) d’importations chinoises.

Ce nouvel épisode du dossier commercial entre les deux pays a entraîné vers la mi-journée le basculement dans le rouge des Bourses d’Europe, qui avaient déjà du mal à maintenir leur gain d’ouverture face aux signes de ralentissement de la croissance.

Les indices européens ont toutefois réduit leurs pertes - s’aventurant par moments en territoire positif - grâce notamment aux déclarations d’une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères qui a dit espérer que les Etats-Unis fassent un effort et mettent en oeuvre le consensus atteint lors du sommet du G20 à Osaka.

Ces déclarations chinoises ont nourri la confusion et la nervosité des marchés: l’indice mesurant la volatilité implicite de l’EuroStoxx 50 est remonté pour atteindre en séance un plus haut depuis fin décembre.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a par ailleurs annoncé s’attendre à un nouveau ralentissement des échanges commerciaux mondiaux au troisième trimestre face à la multiplication des incertitudes.

VALEURS

En Europe, les indices Stoxx de l’automobile (-1,61%), des ressources de base (-1,28%) et du pétrole (-1,13%) ont été les plus durement touchés par ces nouvelles appréhensions commerciales.

A Paris, PSA (-1,92%) a signé la plus forte baisse du CAC.

L’assureur néerlandais Aegon a chuté de 7,73%, l’une des plus fortes baisses du Stoxx 600, les investisseurs s’inquiétant de la détérioration de ses ratios financiers.

En hausse, le brasseur Carlsberg a gagné 4,23% à Copenhague après avoir annoncé de bonnes performances commerciales en Asie.

A WALL STREET

A mi-séance, la tendance à Wall Street était très hésitante, les bons chiffres des ventes au détail et les résultats de Walmart n’écartant pas totalement les interrogations sur le commerce.

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avançait de 0,24%, le Standard & Poor’s 500 s’adjugeait 0,29% mais le Nasdaq Composite reculait de 0,11%.

Walmart avançait de 4,43%, sa plus forte progression en séance depuis fin décembre, après avoir fait état d’une hausse plus marquée que prévu de ses ventes trimestrielles à magasins comparables aux Etats-Unis, ce qui a conduit le premier distributeur mondial à revoir à la hausse ses prévisions de bénéfice annuel.

LES INDICATEURS DU JOUR

Pas moins de huit indicateurs étaient à l’agenda ce jeudi aux Etats-Unis. Les investisseurs ont surtout retenu l’augmentation plus nette qu’attendu des ventes au détail, une progression qui pourrait apaiser en partie les craintes d’une entrée prochaine en récession de la première économie mondiale, l’une des principales causes des turbulences actuelles sur les marchés financiers.

Les autres indicateurs américains du jour ont montré notamment un ralentissement moins important que prévu de la croissance de l’activité manufacturière dans le nord-est du pays, une hausse inattendue de l’activité manufacturière dans la région de New York et une augmentation plus forte que prévu des inscriptions au chômage.

TAUX

Les rendements obligataires ont brièvement bénéficié des chiffres supérieurs aux attentes des ventes au détail avant de repartir en baisse, en proie aux doutes sur l’évolution de l’économie mondiale.

Selon plusieurs traders, le repli marqué des investisseurs sur les emprunts d’Etat en zone euro s’expliquent en outre par des déclarations au Wall Street Journal d’Olli Rehn, membre de la Banque centrale européenne (BCE), pour qui un geste d’ampleur de l’institut est nécessaire le mois prochain, alimentant ainsi les espoirs d’assouplissement monétaire.

Les rendements à 10 ans allemand et français ont atteint de nouveaux plus bas historiques, tombant respectivement à -0,706% et -0,438%.

Le rendement du Gilt à 10 ans a également inscrit un plus bas record, à 0,4070%, et même chose pour le 30 ans, qui est tombé pour la première fois sous 1%.

Le rendement des Treasuries à 10 ans perd environ trois points de base à 1,542%, après avoir touché en matinée, à 1,513%, un plus bas de trois ans.

“Je ne pense pas que les rendements aient atteint leur niveau le plus bas”, déclare Gary Pzegeo chez CIBC Private Wealth Management. “Nous aurons probablement une réaction de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion”, ajoute-t-il.

Selon le baromètre FedWatch de CME Group, les traders situent à 69,6% la probabilité d’une nouvelle baisse de taux de 25 points de base aux Etats-Unis le mois prochain. Ils estiment en outre à environ 30% la probabilité d’une baisse de taux d’un demi-point contre 20% la veille.

CHANGES

Le dollar évolue en hausse face à un panier de devises de référence, pour revenir à un pic de deux semaines, conforté par les ventes au détail.

Le billet vert se raffermit face au yen (+0,2%) et reprend 0,33% face à l’euro, qui recule sous 1,11 dollar.

La couronne norvégienne est tombée à un plus bas de 18 ans face au dollar après que la banque centrale a mis l’accent sur des perspectives plus incertaines pour la politique monétaire sur fond de montée des risques à l’international.

PÉTROLE

Les cours pétroliers reculent, accentuant leur repli de la veille, sous la pression des craintes de survenue d’une récession et d’une augmentation inattendue des stocks de brut américains annoncée mercredi.

Le contrat octobre sur le Brent de mer du Nord cède 2,29% à 58,12 dollars et celui de septembre sur le brut léger américain abandonne 1,32% à 54,5.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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