August 13, 2019 / 8:12 PM / a month ago

Wall Street rebondit avec Apple, accalmie dans le commerce

(Reuters) - La Bourse de New York a fini en nette hausse mardi, sous la conduite des valeurs technologiques et notamment Apple, après l’annonce par l’administration Trump d’un report de trois mois de droits de douane qui devaient cibler des produits électroniques chinois.

La Bourse de New York a fini en nette hausse mardi. L'indice Dow Jones a gagné 1,44%. /Photo prise le 13 août 2019/REUTERS/Eduardo Munoz

L’indice Dow Jones a gagné 372,54 points, soit 1,44%, à 26.279,91 et le S&P-500, plus large, a pris 42,57 points ou 1,48% à 2.926,32.

Le Nasdaq Composite, à forte pondération technologique, s’est adjugé pour sa part 152,95 points (1,95%) à 8.016,36.

Après une ouverture en repli, les trois grands indices ont bondi à l’annonce du report des droits de douane, gagnant plus de 2% au plus haut de la séance en milieu de matinée.

La décision des Etats-Unis, qui tranche avec l’intransigeance jusque-là affichée dans leur conflit commercial avec la Chine, concerne les téléphones et ordinateurs portables, les consoles de jeux et certains vêtements ou chaussures qui ne seront taxés à 10% qu’à partir du 15 décembre et non au 1er septembre. Le président Donald Trump a expliqué par la suite avoir voulu préserver les achats de Noël des Américains.

L’annonce de ces tarifs douaniers, le 1er août, avait fait chuter les marchés en ravivant les craintes de représailles chinoises et d’une récession.

“L’escalade de la guerre commerciale USA-Chine pesait sur les marchés et ce répit ramène un peu d’optimisme”, commente Art Hogan, stratège chez National Securities à New York. “Le risque était que la Chine riposte en refusant de revenir à la table de négociations, mais là c’est un pas dans la bonne direction.”

Robert Pavlik, stratège et gérant senior chez SlateStone Wealth à New York, met cependant en garde contre tout excès d’optimisme : “Tout cela me rappelle quand on était au Vietnam et qu’il y avait des négociations pour mettre fin à la guerre - il y avait des périodes de grand espoir suivies de terribles désillusions.”

Quelque 7,95 milliards d’actions ont changé de mains, à comparer à une moyenne de 7,34 milliards sur les 20 dernières séances.

VALEURS

Les 11 grands indices sectoriels S&P 500 ont fini en hausse, emmenés par les technologiques (+2,47%) elles-mêmes dopées par Apple et les semi-conducteurs.

Apple, très exposé au marché chinois, a bondi de 4,23% pour signer la meilleure performance du Dow Jones, dont 28 des 30 valeurs ont fini dans le vert. L’indice Sox des semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie s’est adjugé 2,95%.

Aux industrielles, 3M et Caterpillar, sensibles aux questions commerciales, ont pris près de 2%. Boeing n’a pu suivre après avoir fait état d’une chute de 38% de ses livraisons sur les sept premiers mois de 2019 : le titre a cédé 0,02%, l’une des deux seules baisses du Dow avec le groupe pharmaceutique Pfizer (-0,54%).

Le report des droits de douane a aussi profité au secteur du commerce de détail, dont le sous-indice S&P a pris 1,86%. Le distributeur d’électronique grand public Best Buy s’est distingué avec une hausse de 6,47%.

Egalement concernés au premier chef, Nike a gagné 2,05% et le fabricant de jouets Mattel 4,64%.

Avec la remontée des rendements obligataires, le secteur financier a pris pour sa part 1,18%.

Aux médias, Viacom a gagné 2,38% et CBS 1,38% après la confirmation de leur projet de fusion.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté comme prévu de 0,3% en juillet, sans remettre en cause les attentes d’une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale le mois prochain dans un contexte économique international troublé.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les signes d’apaisement dans le conflit commercial ont aussi fait remonter les Bourses européennes, qui étaient dans le rouge jusque-là.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,99% à 5.363,07 points. Le Footsie britannique a gagné 0,33% et le Dax allemand 0,60%, tandis que la Bourse de Milan a grimpé de 1,36% après avoir ouvert à un plus bas depuis début juin.

L’indice paneuropéen EuroStoxx 50 a avancé de 0,92% et le Stoxx 600 de 0,54%.

En tête du CAC parisien, ArcelorMittal a pris 5,46%. En queue du Stoxx 600, le fabricant allemand de produits de grande consommation Henkel a chuté de 7,12% après avoir réduit ses prévisions de résultats.

TAUX

Avec le retour de l’appétit pour le risque, le marché obligataire a été délaissé et les rendements sont repartis à la hausse. En fin de journée, le rendement des Treasuries à 10 ans remontait à 1,68% contre 1,64% lundi soir et celui de l’emprunt à 30 ans s’inscrivait à 2,14% contre 2,13%, après avoir reculé jusqu’à 2,097% le matin, un creux depuis juillet 2016.

Sur la partie courte de la courbe, le rendement des notes à deux ans a augmenté à 1,666% contre 1,58% lundi.

L’écart de rendement entre les taux à 2 et 10 ans s’est rétréci à 0,6 point, le plus faible depuis juin 2007 quand la courbe s’était inversée à l’orée de la crise des subprimes.

“Avec la manipulation de la courbe des taux par les banques centrales, on ne peut plus considérer l’inversion comme un signe avant-coureur de récession contrairement aux décennies précédentes mais (...) cela montre que les risques sont là”, note John Hermann, stratège taux chez MUFG Securities à New York.

CHANGES

Les concessions américaines à la Chine ont fait progresser le dollar et le yuan chinois, au détriment surtout du yen, qui avait profité précédemment d’achats refuge.

Le dollar a repris 1,33% contre la devise nippone, à 106,69, et le yuan s’est apprécié de 1,25% sur le marché offshore, à 7,0125 pour un dollar.

L’euro/dollar a cédé 0,4%, à 1,1170, et l’indice dollar a progressé de 0,47%.

Après son krach de la veille et un plus bas historique de 65 pour un dollar en séance, une chute de 30%, le peso argentin a encore cédé 4,29% à 55,9 pour un dollar en réaction à la défaite cinglante du président Mauricio Macri aux primaires en vue de l’élection présidentielle d’octobre. “Certes, l’Argentine est une petite économie. Mais la dernière chose que veulent voir les marchés, c’est encore un gouvernement pro-marchés qui tombe face au populisme”, dit Michael Every, stratège chez Rabobank.

MÉTAUX PRÉCIEUX

L’once d’or a reculé de 0,7%, revenant sur le seuil de 1.500 dollars l’once, après avoir inscrit un plus haut depuis avril 2013 à 1.534,31 dollars avant les annonces de l’administration Trump.

“Le report des nouveaux tarifs a stoppé le rally pour le moment mais sans fondamentalement changer les perspectives globalement positives pour l’or”, juge Tai Wong, responsable des dérivés sur métaux chez BMO.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont fini en forte hausse sur le Nymex en réaction à la décision de la Maison blanche de reporter une partie des droits de douane sur les importations chinoises.

Le contrat septembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s’est adjugé 3,95% à 57,10 dollars le baril et le Brent de mer du Nord a bondi de 4,66% à 61,30 dollars, soit sa meilleure journée depuis son rebond de 7,9% le 26 décembre.

“La guerre commerciale USA-Chine a fortement impacté les prévisions de croissance de la demande d’énergie. Toute lueur d’espoir dans ce dossier est positive pour l’évolution de la demande”, commente John Kilduff, associé chez Again Capital à New York.

A SUIVRE MERCREDI :

La production industrielle en Chine et des chiffres de la croissance en Allemagne et dans la zone euro dominent l’agenda de mercredi.

avec Stephen Culp à New York et Medha Singh à Bangalore, Véronique Tison pour le service français

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