August 2, 2019 / 8:09 PM / 3 months ago

Wall Street recule encore, les peurs pour la croissance pèsent

(Reuters) - La Bourse de New York a encore baissé vendredi, le regain de tension sur le commerce et des signes d’un ralentissement du marché de l’emploi aux Etats-Unis ravivant les craintes pour la croissance.

La Bourse de New York a encore terminé en baisse vendredi. L'indice Dow Jones a cédé 100,65 points (0,38%) à 26.482,77 points. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson

L’indice Dow Jones a cédé 98,41 points (0,37%) à 26.485,01 points.

Le S&P-500, plus large, a perdu 21,51 points, soit 0,73%, à 2.932,05.

Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 107,05 points (1,32%) à 8.004,07.

Sur l’ensemble d’une semaine marquée en outre par des annonces de la Réserve fédérale jugées insuffisamment accommodantes, le Dow a perdu 2,60% le S&P 3,1% et le Nasdaq 3,92%.

Le S&P et le Nasdaq viennent d’enchaîner cinq séances de baisse, ce qui n’était plus arrivé depuis cinq mois, et bouclent leur plus mauvaise performance hebdomadaire de l’année en pourcentage.

L’annonce jeudi par Donald Trump de droits de douane sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises non encore taxées aux Etats-Unis a ébranlé les marchés, conduisant les investisseurs à se rabattre sur les actifs refuges comme les rendements des Treasuries et le yen.

La Chine a répliqué vendredi en menaçant les Etats-Unis de mesures de rétorsion.

“La menace de nouveaux droits de douane a fait l’effet d’une douche froide”, commente Michael Antonelli, responsable de la stratégie de marché pour Robert W. Baird. “Le marché s’était habitué aux négociations mais une hausse des droits de douane lui rappelle que la guerre commerciale est toujours parmi nous.”

VALEURS

L’indice Stoxx de la technologie, secteur très exposé à la Chine, a perdu 1,68%, pénalisé notamment par Apple (-2,12%) et les fabricants de semi-conducteurs comme Intel (-1,66%) ou Nvidia NVDA.O (-2,26%).

Seuls les secteur défensifs comme l’immobilier, les services aux collectivités et les produits de consommation courante ont gardé la tête hors de l’eau.

LES INDICATEURS DU JOUR

La croissance de l’emploi aux Etats-Unis a ralenti en juillet et celle des salaires a légèrement accéléré, ce qui, dans un contexte d’aggravation des tensions commerciales avec la Chine, pourrait donner des raisons à la Réserve fédérale de baisser à nouveau ses taux d’intérêt le mois prochain.

Le département du Travail a fait état vendredi de 164.000 créations de postes non agricoles le mois dernier, un total en ligne avec la médiane des prévisions des économistes interrogés par Reuters, dont les estimations s’échelonnaient entre 74.000 et 236.000.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes, qui étaient fermées jeudi lorsque Donald Trump a fait ses annonces sur le commerce, ont accusé le coup vendredi.

À Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 3,57%, sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 24 juin 2016, au lendemain du vote britannique en faveur du Brexit.

Le Footsie britannique a cédé 2,4% et le Dax allemand a perdu 3,11%.

Sur la semaine, le CAC 40 a perdu 4,47% et le Stoxx 600 a abandonné 3,18%.

TAUX

L’aversion pour les actifs risqués favorise les obligations et pèse sur leurs rendements.

Celui du 10 ans américain cède ainsi cinq points de base à 1,84%.

L’inversion de la courbe entre bons à trois mois et Treasuries à 10 ans, considérée comme un signe annonciateur de récession, s’amplifie avec désormais un écart de 20 points de base entre les deux maturités.

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans, taux de référence de la zone euro, a perdu environ quatre points de base à -0,491% après avoir touché dans la matinée un plus bas record à -0,502%.

Le rendement de l’emprunt allemand à 30 ans est passé brièvement en territoire négatif pour la première fois de son histoire, jusqu’à -0,006%.

CHANGES

Le dollar accompagne la baisse des rendements obligataires et cède 0,3% contre un panier de devises de référence.

Il perd plus de 0,7% face au yen, à un plus bas de sept mois, et près de 0,8% face au franc suisse, deux monnaies refuges.

Le billet vert a amplifié ses pertes face au yen après le ralentissement de la croissance de l’emploi américain en juillet, qui favorise le scénario d’une autre baisse de taux en septembre aux Etats-Unis.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont nettement rebondi mais n’ont effacé qu’une partie des lourdes pertes subies la veille après l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane sur les produits chinois.

Le contrat septembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 1,71 dollar, soit 3,17%, à 55,66 dollars le baril.

Le Brent de mer du Nord à a échéance en octobre a pris 1,39 dollars (2,30%) à 61,89 dollars.

A SUIVRE LUNDI :

Les inquiétudes pour la croissance de l’économie européenne pourraient revenir dans l’actualité lundi avec la publication des enquêtes auprès des directeurs d’achat (PMI) sur l’activité des services en zone euro et en Allemagne.

Patrick Vignal pour le service Marchés, avec Terence Gabriel à New York

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