July 30, 2019 / 4:44 PM / 23 days ago

Les craintes sur le commerce font baisser l'Europe en attendant la Fed

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi et la Bourse de New York recule à mi-séance, emportées par les inquiétudes sur les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis dans l’attente de la décision monétaire de la Réserve fédérale mercredi.

Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,61%. Le Footsie britannique a finalement cédé 0,52% et le Dax allemand a chuté de 2,18%. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,61% à 5.511,07 points. Le Footsie britannique, soutenu le matin par la baisse de la livre, a finalement cédé 0,52% et le Dax allemand a chuté de 2,18%, sa plus forte baisse en une séance depuis début février, pénalisé notamment par la baisse du secteur automobile, de Lufthansa et de Bayer.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,72%, le FTSEurofirst 300 de 1,36% et le Stoxx 600 de 1,47%, sa plus forte baisse journalière depuis le 9 mai.

Sur le Stoxx 600, les volumes ont été supérieurs de 25% environ à la moyenne des derniers jours.

Les négociations sur le commerce entre les deux grandes puissances économiques ont repris ce mardi à Shanghai et le président américain n’a pas manqué de brouiller les pistes sur le déroulement des discussions.

Avant l’ouverture de Wall Street, Donald Trump a mis en garde la Chine contre la tentation d’attendre le résultat de l’élection présidentielle américaine de novembre 2020 pour conclure un accord commercial, soulignant que Pékin risquerait alors d’avoir un accord moins intéressant, voire pas d’accord du tout.

Cette déclaration faite sur Twitter a accentué le repli des futures de Wall Street et des actions européennes qui n’a pas été enrayé par l’annonce quelques heures plus tard, toujours par Donald Trump, du bon déroulement des négociations.

“Tout cela a servi de prétexte à des prises de bénéfice (...), les tweets de Trump n’ont été qu’un déclencheur”, affirme Stephane Barbier de la Serre, stratégiste macro chez Makor Capital Markets.

Le comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale se réunit mardi et mercredi. Si le marché anticipe à une grande majorité une baisse de taux de 0,25 point, il s’interroge sur les intentions qu’affichera la banque centrale américaine pour les prochains mois.

VALEURS

En Europe, les déclarations de Donald Trump sur le commerce ont particulièrement pesé sur le secteur automobile dont l’indice Stoxx a perdu 2,30%, sa plus forte baisse en une séance en deux mois. PSA a reculé de 3,40%, Continental de 2,8% et Daimler de 2,54%.

Le secteur bancaire a également été délaissé, dans la perspective d’une baisse des taux aux Etats-Unis. Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale ont perdu entre 2,83% et 3,71%.

Lufthansa a signé la plus forte baisse du Dax (-6,02%) après avoir annoncé un bénéfice en repli au deuxième trimestre et prévenu que les conditions de marché en Europe resteraient difficiles au moins jusqu’à la fin de l’année.

Les déboires de la compagnie aérienne allemande ont pesé sur ses concurrents comme Air France (-2,27%) et IAG (-5,43%).

Le groupe chimique Bayer, dernier fournisseur de produits agricoles en date à être affecté par des inondations aux Etats-Unis, a estimé mardi que son objectif annuel serait plus difficile à atteindre. L’action a perdu 3,66% à Francfort.

Seules valeurs du CAC à avoir terminé en hausse, Capgemini a pris 2,57% et Air Liquide 0,76% après des résultats semestriels bien accueillis.

A WALL STREET

A l’heure de la clôture en Europe, les trois indices majeurs de Wall Street perdaient entre 0,2% et 0,4%, le regain d’inquiétudes sur le commerce entre les Etats-Unis et la Chine faisant pression sur les valeurs technologiques.

Apple perdait 0,82% dans l’attente de ses résultats publiés à la clôture et les valeurs financières (-0,5%) pesaient également sur la tendance à la veille des annonces de la Fed.

En tête du Dow Jones, Procter & Gamble s’adjugeait 4,25%, à un plus haut record, après avoir publié un chiffre d’affaires et un bénéfice meilleurs que prévu pour la période avril-juin.

LES INDICATEURS DU JOUR

La séance a été riche en indicateurs, notamment aux Etats-Unis où l’on peut retenir que les dépenses de consommation et les prix ont augmenté modérément en juin, pointant vers un ralentissement de la croissance et une inflation bénigne, ce qui plaide en faveur d’une baisse des taux de la Fed.

La confiance du consommateur a elle fortement rebondi en juillet pour atteindre son meilleur niveau de l’année, effaçant la forte baisse du mois précédent.

En Europe, La croissance de l’économie française a ralenti de manière inattendue au deuxième trimestre sous l’effet d’une consommation qui reste poussive et la confiance des ménages allemands s’est dégradée pour le troisième mois d’affilée en août, illustrant le ralentissement de la croissance de la zone euro dans son ensemble. L’inflation allemande, elle, a ralenti à 1,1% d’après la première estimation publiée mardi, à son plus bas niveau depuis novembre 2016.

CHANGES

Le dollar est en légère hausse face à un panier de devises de référence à la veille de la décision de la Réserve fédérale sur ses taux d’intérêt..

La livre sterling continue de reculer, toujours affaiblie par la perspective d’un Brexit sans accord alors que le Premier ministre Boris Johnson a déclaré que le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne le 31 octobre, “quoi qu’il arrive”.

La devise britannique perd 0,58% contre le billet vert à 1,2146, après un plus bas de 28 mois à 1,2117. Au même moment, elle abandonne 0,61% face à l’euro, qui remonte à 0,9175, un plus haut depuis septembre 2017.

TAUX

Après avoir évolué sans tendance une bonne partie de la séance, le rendement des obligations à 10 ans du Trésor américain gagne deux points de base, autour de 2,074%, grâce au rebond de la confiance du consommateur.

En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a fini quasiment inchangé à -0,399%.

PÉTROLE

Comme lundi, la perspective d’une baisse de taux aux Etats-Unis est le principal élément de soutien sur le marché pétrolier, où le baril de Brent prend 0,64% à 64,12 dollars et celui de brut léger américain avance de 0,63% à 57,23 dollars.

A SUIVRE mercredi :

Le principal rendez-vous de mercredi sera la fin de la réunion de la Fed qui publiera son communiqué à 18h00 GMT, suivi une demi-heure plus tard de la conférence de presse très attendue de son président, Jerome Powell.

Du coté des indicateurs, les investisseurs surveilleront notamment pour la zone euro l’estimation flash de l’inflation et le PIB à 8h00 GMT. Aux Etats-Unis, l’enquête ADP sur l’emploi privé, publiée à 12h15 GMT, donnera un avant-goût de la statistique officielle de l’emploi attendue vendredi.

Avec Thyagaraju Adinarayan à Londres, édité par Véronique Tison

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