July 9, 2019 / 4:51 AM / 15 days ago

Airbus et Boeing pourraient ne plus proposer de chasseurs au Canada, selon des sources

OTTAWA (Reuters) - Airbus et Boeing pourraient se retirer de l’appel d’offres visant à fournir de nouveaux avions de combat au Canada car ils estiment que le processus est faussé au bénéfice de la firme américaine Lockheed Martin, ont déclaré lundi à Reuters deux sources informées de la situation.

Airbus et Boeing pourraient se retirer de l'appel d'offres visant à fournir de nouveaux avions de combat au Canada car ils estiment que le processus est faussé au bénéfice de la firme américaine Lockheed Martin, ont déclaré lundi à Reuters deux sources informées de la situation. /Photo d'archives/REUTERS/Hannibal Hanschke

Des sources au sein de l’industrie ont déclaré ces dernières semaines que Boeing, Airbus et le groupe suédois Saab AB, derniers rivaux de Lockheed Martin pour le contrat, s’étaient déjà plaints de la manière dont l’appel d’offres a été organisé, estimant que les exigences favorisaient la firme américaine.

Dassault Aviation, fabricant du Rafale, a annoncé en novembre dernier qu’il retirait sa candidature. Des sources ont à l’époque indiqué à Reuters que le groupe français n’était pas convaincu de pouvoir répondre aux exigences de sécurité requises.

Le gouvernement canadien doit dévoiler la semaine prochaine une ultime liste d’exigences pour le contrat, qui concerne la livraison de 88 avions de combat et dont le montant est estimé entre 15 et 19 milliards de dollars canadiens (10,2 et 12,9 milliards d’euros).

Selon les deux sources, s’exprimant sous couvert d’anonymat, Boeing et Airbus ont formellement adressé un courrier à Ottawa pour lui faire part de leurs inquiétudes à l’égard des exigences actuelles.

Pat Finn, plus haut représentant du ministère canadien de la Défense en charge de ce dossier, a confirmé que l’une des quatre compagnies en lice avaient transmis une lettre formelle au gouvernement.

Il a indiqué que des commentaires laissant entrevoir un possible retrait de l’appel d’offres avaient été effectués auprès d’Ottawa, sans donner davantage de précisions. “Nous continuons à échanger avec les quatre (firmes)”, a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique.

Airbus s’est refusé à tout commentaire. Aucune déclaration n’a pu être obtenue dans l’immédiat auprès de Boeing.

Le Canada tente, en vain, depuis près d’une décennie d’acquérir des chasseurs pour remplacer ses vieillissants F-18.

En mai dernier, suite à une plainte des Etats-Unis, le gouvernement canadien a assoupli les règles de l’appel d’offres afin de permettre à Lockheed Martin d’y prendre part, une décision à propos de laquelle Boeing avait alors exprimé sa stupéfaction.

D’après l’une des sources, les firmes autres que Lockheed Martin ont toutes indiqué y voir un frein à leurs candidatures.

Ottawa assure que l’appel d’offres n’est pas faussé. Pat Finn a déclaré que le ministère canadien de la Défense avait aussi modifié certaines exigences à la demande de Boeing, Airbus et Saab.

David Ljunggren; Jean Terzian pour le service français

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