July 3, 2019 / 2:27 PM / 2 months ago

Deutsche Bank va tailler dans le banque d'investissement avec un plan de 5 milliards d'euros

FRANCFORT (Reuters) - Deutsche Bank devrait annoncer dans les jours à venir un vaste plan de restructuration, d’un coût de plusieurs milliards d’euros, qui affectera au premier chef les activités de banque d’investissement, ont dit mercredi des sources du dossier.

Deutsche Bank devrait annoncer dans les jours à venir un vaste plan de restructuration, d'un coût de plusieurs milliards d'euros, qui affectera au premier chef les activités de banque d'investissement, ont dit mercredi des sources du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

L’un d’entre elles a précisé que cette réorganisation de grande ampleur pourrait coûter jusqu’à cinq milliards d’euros à la première banque allemande, fragilisée depuis la crise financière de 2007-2009.

En mai, le président du directoire de Deutsche Bank Christian Sewing a annoncé le principe d’une vaste restructuration, après l’échec des négociations de fusion avec Commerzbank, en promettant aux actionnaires des “réductions drastiques” dans la banque d’investissement.

Le plan sera présenté dimanche au conseil de surveillance et prévoit de supprimer entre 15.000 et 20.000 postes, ce qui représente plus d’un cinquième de ses effectifs, avait rapporté Reuters et d’autres médias fin juin.

L’essentiel de ces réductions d’effectifs interviendra en dehors de l’Allemagne, a dit une des sources, puisque le plan vise surtout la banque d’investissement, désormais considérée comme le talon d’Achille de Deutsche Bank.

Et en s’attaquant à ce segment d’activité, qui représente encore environ la moitié des revenus de la banque, cette dernière accepte enfin qu’elle ne peut plus rivaliser avec les plus grands noms de Wall Street tels que Goldman Sachs et JP Morgan Chase.

“Christian Sewing veut vraiment déplacer le curseur”, a dit une autre source, ajoutant que l’ampleur du coût de restructuration allait vraisemblablement faire basculer dans le rouge les comptes de l’ensemble de 2019. Cela voudra que Deutsche Bank aura affiché une perte sur quatre des cinq dernières années.

LE TITRE EST TOMBÉ À UN PLUS BAS RECORD DÉBUT JUIN

Mais les dirigeants de Deutsche Bank et les investisseurs espèrent que cette restructuration, quel qu’en soit le coût, sera suffisamment radicale pour enfin sortir de l’ornière Deutsche Bank, dont l’action est tombée début juin à un plus bas record de 5,801 euros.

Cette dernière a terminé mercredi sur une hausse de 2,67%, à 6,932 euros, ce qui ramène son recul depuis le début de l’année à 0,5% après une chute de 56,1% en 2018 et respectivement +3,2% et -28% pour l’indice regroupant les valeurs bancaires européennes.

Un porte-parole de Deutsche n’a pas souhaité faire de commentaire sur le coût attendu de la restructuration.

La banque a dit qu’elle prenait des mesures pour accélérer sa transformation afin d’améliorer sa rentabilité durable.

“Nous tiendrons au courant toutes les parties prenantes si et quand nécessaire”, a déclaré la banque.

Parmi d’autres mesures de réorganisation figurent la possibilité de diminuer le nombre de postes du directoire, actuellement de neuf, et la mise sur pied d’une structure de défaisance (“bad bank”) pour y transférer des dizaines de milliards d’actifs jugés non-stratégiques.

Fondée en 1870, Deutsche Bank est depuis ses débuts une source par défaut de prêts et de conseils pour les entreprises allemandes souhaitant se développer à l’international ou lever des fonds sur les marchés actions et obligataire, un rôle qui a toujours été tacitement favorisé par l’Etat allemand.

Faire des coupes drastiques dans la banque d’investissement empêcherait Deutsche Bank de jouer pleinement ce rôle. Cela mettra également à des décennies d’expansion dans ce secteur, qui avait commencé avec le rachat de Morgan Grenfell, à Londres, en 1989 et s’était poursuivi dix ans plus tard avec l’acquisition de Bankers Trust à New York.

Selon des analystes financiers, les revenus de la banque d’investissement devraient revenir à 12,4 milliards d’euros cette année, reculant pour la quatrième année de suite et accusant un repli de plus de 30% par rapport au total de 2015.

Bertrand Boucey et Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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