July 2, 2019 / 9:01 AM / 3 months ago

Le cas Conforama, symbole des mues dans le commerce, estime Pannier-Runacher

PARIS (Reuters) - L’annonce de 1.900 suppressions d’emplois à Conforama illustre une transformation profonde du commerce traditionnel, a estimé mardi la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher.

L'annonce de 1.900 suppressions d'emplois à Conforama illustre une transformation profonde du commerce traditionnel, a estimé mardi la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

La chaîne de distribution de meubles bon marché, de décoration et d’électroménager, propriété du groupe sud-africain Steinhoff, va fermer 42 de ses 235 magasins en France, au moment où le géant du commerce en ligne Amazon annonce la création de 1.800 emplois dans l’Hexagone.

“Les magasins traditionnels font face effectivement à une transformation très profonde”, a déclaré Agnès Pannier-Runacher à Sud-Radio. “Et c’est vrai que la coïncidence des deux chiffres, 1.800 recrutements chez Amazon, 1.900 suppressions d’emplois chez Conforama, montre bien cette transformation.”

Elle a cependant fait valoir que la situation de Conforama et de ses 14.000 salariés, dont 9.000 salariés français, était “particulière”.

“La maison mère est une société sud-africaine qui vient de traverser beaucoup de difficultés qui n’ont rien à voir avec Conforama mais dont Conforama paye un peu les pots cassés”, a dit la secrétaire d’Etat.

“On les a accompagnés pour éviter la cessation de paiement ces deux dernières années ; aujourd’hui le pouvoir a été repris par les créanciers”, a ajouté Agnès Pannier-Runacher.

L’objectif du gouvernement est maintenant d’essayer de réduire le plan social et de s’assurer qu’un maximum de personnes pourront retrouver un emploi, a-t-elle souligné.

Dans un communiqué publié mardi, Conforama confirme “la fermeture de magasins déficitaires et sans espoir de redressement : 32 magasins Conforama et 10 magasins Maison Dépôt”, assortie de la suppression de 1.900 emplois. L’enseigne ajoute que ses “164 autres magasins permettraient de conserver un fort maillage du territoire français”.

“Depuis 2013, Conforama en France a cumulé des pertes qui s’élèvent à près de 500 millions d’euros”, ajoute le groupe, qui justifie des mesures “fortes et rapides afin d’assurer la pérennité de Conforama et de sauvegarder le plus d’emplois possible sur le long terme.”

COMITÉ D’ENTREPRISE DE CONFORAMA LE 11 JUILLET

Le comité central d’entreprise (CCE) initialement prévu mardi matin au siège de Conforama à Lognes (Seine-et-Marne) a été reporté au 11 juillet, a-t-on appris de source syndicale.

Alors que 20% des emplois du groupe sont menacés, des débrayages ont notamment eu lieu mardi au magasin du Pont-Neuf à Paris ainsi qu’à Béthune, Saint-Omer et Leers, dans les Hauts-de-France, selon cette même source.

La Fédération des employés et cadres du commerce Force ouvrière appelle à une “grève immédiate et illimitée dans les magasins durant toute la procédure du plan social”, a dit à Reuters Didier Pienne, délégué FO de Conforama, qui prédit quatre mois de procédure “au minimum” dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

“Conforama est une enseigne très populaire et le combat pour l’emploi n’est jamais symbolique”, a-t-il souligné. “Derrière, il y a des familles, des personnes qui ont crédit, qui vont partir en congés alors que leur magasin va fermer.”

De façon générale, les commerces traditionnels sont en train de basculer vers le numérique, a souligné Agnès Pannier-Runacher.

“Dans les cinq ans qui viennent, il est absolument indispensable, pour les indépendants comme pour les grandes enseignes, d’avoir a minima un canal de communication sur internet pour pouvoir attirer les clients”, a poursuivi la secrétaire d’Etat. “Il faut absolument accompagner les commerçants. C’est ce qu’on fait.”

“C’est une transformation des emplois (...) avec un risque de casse sociale et c’est pour ça qu’on est extrêmement attentif à pousser les entreprises à anticiper ces situations”, a-t-elle conclu. “Le magasin physique a de l’avenir mais il doit transformer sa façon d’accueillir le client et il doit avoir nécessairement une continuité en ligne.”

Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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