June 14, 2019 / 1:35 PM / a month ago

Naval Group et Fincantieri lancent leur JV dans le naval

PARIS (Reuters) - Naval Group, filiale à 35% de Thales, et l’italien Fincantieri ont annoncé vendredi la signature de l’accord de lancement de leur coentreprise à parité dans la construction navale militaire, marquant la première opération transfrontalière en Europe dans cette industrie.

Naval Group, filiale à 35% de Thales, et l'italien Fincantieri ont annoncé vendredi la signature de l'accord de lancement de leur coentreprise à parité dans la construction navale militaire, marquant la première opération transfrontalière en Europe dans cette industrie. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

La signature intervient au moment où les relations entre Paris et Rome sont particulièrement tendues après l’échec du projet de fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Fiat que l’italien a attribué à l’interventionnisme du gouvernement français.

L’accord a été signé par Hervé Guillou, PDG de Naval Group, et Giuseppe Bono, PDG de Fincantieri, sur le frégate Frederico Martinengo amarrée à La Spezia sur une base de la navale marine italienne.

La coentreprise, qui concrétise l’avancement du projet “Poseidon”, respecte une stricte parité diplomatique : le siège sera à Gênes (Italie) et le centre d’ingénierie à Ollioules (Var) ; le directeur général, Claude Centofanti est un Français, et le conseil d’administration de six membres aura pour président non exécutif Giuseppe Bono.

“C’est l’aboutissement d’une ambition industrielle partagée”, a déclaré à des journalistes Hervé Guillou. “Nous sommes de très loin les deux plus gros acteurs européens du naval, mais sur notre seul marché domestique nous ne pouvons pas entretenir la totalité de nos compétences et maintenir notre compétitivité”.

Hervé Guillou a également évoqué la nécessité de résister à la concurrence chinoise et russe dans la course aux contrats à l’export, en particulier sur le segment de marché le plus dynamique, les frégates moyennes et lourdes comprises entre 2.000 et 10.000 tonnes.

En ligne de mire, 10 à 15 bâtiments dans les dix prochaines années, soit quatre à cinq milliards d’euros de prises de commandes à l’international, avec des synergies de coûts évaluées à 10-15%, a souligné de son côté le secrétaire général de Naval Group, Jean-Yves Battesti.

La clôture de l’opération est attendue d’ici la fin de l’été, a précisé Hervé Guillou.

Les deux partenaires sont déjà alliés dans un autre projet, le rachat par Fincantieri des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, dont le camp français (l’Etat et Naval Group) détiendra une participation minoritaire.

Hervé Guillou a dit espérer de ce projet-là des synergies, notamment dans leurs achats d’acier, et dans la préparation des navires du futur.

Mais sur ce dossier, les relations franco-italiennes s’étaient déjà détériorées, Rome ayant vivement réagi début janvier à l’annonce de l’ouverture par la Commission européenne, saisie par la France et l’Allemagne, d’une enquête sur le projet en raison de ses craintes en matière de concurrence dans le secteur.

Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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