June 6, 2019 / 4:42 PM / 3 months ago

L'Europe efface ses gains après les annonces de la BCE

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont effacé leurs gains jeudi, alors que l’euro a grimpé, dans des marchés déçus que la Banque centrale européenne (BCE) n’ait pas évoqué de baisse des taux et se soit contentée de repousser à nouveau l’horizon du premier relèvement de ses taux depuis la crise financière.

Les Bourses européennes ont effacé leurs gains jeudi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,26% à 5.278,43 points. Le Footsie britannique a cédé 0,55% et le Dax allemand 0,23%. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,26% à 5.278,43 points. Le Footsie britannique a cédé 0,55% et le Dax allemand 0,23%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,05%, le FTSEurofirst 300 a grignoté 0,05% et le Stoxx 600 (-0,02%) est quasi-stable.

La BCE a de nouveau repoussé l’horizon d’un premier relèvement de ses taux directeurs depuis la crise financière et dit qu’elle pourrait continuer de rémunérer les banques qui prêtent aux entreprises et aux ménages dans un contexte de dégradation des perspectives de croissance.

Elle a par ailleurs revu en hausse sa prévision d’inflation pour cette année, tout en abaissant légèrement celle pour 2020, en prenant acte du risque d’un ralentissement plus long et plus marqué qu’attendu.

L’euro s’est raffermi face au dollar et les rendements obligataires sont remontés parce que les investisseurs attendaient un ton encore plus accommodant de président de la BCE Mario Draghi, à l’instar de son homologue de la Réserve fédérale, Jerome Powell.

“La nouvelle la plus importante pour les marchés n’est pas que la BCE ne va pas relever les taux mais plutôt que la BCE ne va pas abaisser les taux au cours des 12 prochains mois”, dit Frederik Ducrozet (Pictet Wealth Management).

Andrew Mulliner, gérant obligataire chez Janus Henderson Investors, met en cause pour sa part l’utilité du message de la BCE sur les taux.

“La crédibilité de cette communication avancée et son impact sur le marché posent question dans la mesure où les marchés tablent déjà davantage sur une baisse des taux sur cette période”, dit-il.

Sur le front commercial, Donald Trump a déclaré qu’il pourrait ne décider d’un éventuel relèvement des droits de douane sur 300 milliards de dollars supplémentaires de produits chinois qu’après le sommet du G20 à la fin du mois.

“C’est une décision que je vais prendre probablement après le G20, je vais la prendre dans un sens ou dans l’autre après le G20 et on verra ce que ça va donner”, a dit le locataire de la Maison blanche à la presse au début d’un entretien avec Emmanuel Macron à Caen (Calvados), en marge du 75e anniversaire du Débarquement des alliés sur les plages normandes.

VALEURS

Le secteur bancaire a réagi à la hausse dans un premier temps à la BCE, puis est retombé lourdement après l’annonce de conditions de refinancement des banques, via le programme de prêts à long terme TLTRO, moins bonnes qu’espéré. L’indice a terminé en baisse de 1,01%, accusant plus forte baisse sectorielle.

Les secteurs défensifs comme les services collectifs et la santé ont en revanche résisté, avec les valeurs de l’énergie portées par le rebond du brut.

Renault a chuté de 6,41%, la plus forte baisse du CAC 40 et sa perte la plus marquée en une séance depuis novembre, à la suite de la décision par Fiat Chrysler de retirer son offre de fusion à 30 milliards d’euros avec le constructeur français. Le groupe italo-américain accuse les conditions politiques en France d’avoir compromis le projet. Le groupe français a exprimé sa déception face au retrait de la proposition qu’il juge opportune.

Après une ouverture positive en réaction à ses résultats annuels supérieurs aux attentes, Remy Cointreau s’est retourné à la baisse et a abandonné 3,10%. Les analystes de Liberum évoquent notamment un free cash flow nettement inférieur à leurs prévisions, ainsi qu’un résultat net publié et une dette nette sous les attentes.

A WALL STREET

Wall Street est sur une note hésitante au moment de la clôture en Europe, toujours soutenue par l’espoir d’une baisse de taux de la Réserve fédérale mais freinée par la crainte d’une prolongation du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

L’indice Dow Jones gagne 0,17% à 25.584,15 points et le Standard & Poor’s 500 progresse de 0,10% à 2.829,07points, alors que le Nasdaq Composite perd 0,09% à 7.568,54 points.

LES INDICATEURS DU JOUR

Au niveau de la conjoncture en Europe, l’amélioration de la croissance en zone euro au premier trimestre a été confirmée et les commandes à l’industrie allemande ont augmenté plus que prévu en avril.

Aux Etats-Unis, les indicateurs du jour sont globalement positifs, avec une baisse des coûts unitaires de main d’oeuvre, le maintien des inscriptions hebdomadaires au chômage à un bas niveau et un recul du déficit commercial, sauf avec la Chine.

CHANGES

L’euro a nettement gagné du terrain, autour de 1,1295 dollar (+0,65%), après les déclarations de Mario Draghi qui n’a pas évoqué de baisse des taux. La devise européenne a été soutenue face au dollar ces derniers jours par les déclarations de la Fed qui entrouvrent la porte à une baisse des taux.

L’indice dollar est tombé à un creux de deux mois face à un panier de devises de référence. Il recule de plus de 0,35% face au yen, après avoir atteint la veille un plus bas de cinq mois à 107,8.

TAUX

En Europe, la remontée des taux s’est accentuée à la suite des déclarations de Mario Draghi selon lesquelles il n’y avait aucun risque de désancrage des anticipations inflationnistes. Le rendement du Bund allemand à cinq ans s’inscrit à -0,237%, en hausse de 1,5 pdb, après avoir touché un plus bas record de -0,188% dans le courant de l’après-midi.

Le 10 ans italien est retombé à ses niveaux de mi-avril, autour de 2,457%, alors que le vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, a dit vouloir entamer des négociations avec la Commission européenne pour éviter une procédure disciplinaire pour non respect des règles budgétaires.

La courbe des taux américains s’est aplatie, avec un rendement des Treasuries à 10 ans en baisse de trois points de base (pdb) à 2,095% tandis que celui à deux ans s’est maintenu autour de 1,84% après être tombé mercredi en séance à son plus bas niveau depuis décembre 2017 à 1,773%.

PÉTROLE

Les cours pétroliers continuent à faire du yoyo, après être descendus la veille à un plus bas depuis janvier sous la pression d’une production américaine qui a atteint un nouveau record et d’une économie mondiale en perte de vitesse.

Après avoir tous deux affiché des gains d’environ 1% en cours de séance, le Brent perd 0,46% à 60,35 dollars le baril après être tombé sous 60 dollars mercredi, et le brut léger américain cède 0,74% à 51,30 dollars.

Édité par Marc Joanny

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