May 29, 2019 / 4:37 PM / 19 days ago

L'Europe termine en net recul, inquiétudes sur la croissance

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en net recul mercredi, l’inquiétude sur l’impact économique d’une guerre commerciale prolongée sino-américaines, et les tensions entre l’Italie et la Commission européenne ayant incité les investisseurs à se détourner des actifs à risque.

Les Bourses européennes ont terminé en net recul mercredi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,71%, sa plus mauvaise clôture depuis le 22 février. Le Footsie britannique a cédé 1,15% et le Dax allemand 1,57%. /Photo prise le 29 mai 2019/REUTERS

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,71% à 5.222,12 points, sa plus mauvaise clôture depuis le 22 février. Le Footsie britannique a cédé 1,15% et le Dax allemand 1,57%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,52%, le FTSEurofirst 300 de 1,35% et le Stoxx 600 de 1,43%, au plus bas depuis le 8 mars.

Dernier épisode en date de la guerre commerciale en cours entre la Chine et les Etats-Unis, la presse officielle chinoise a rapporté que Pékin était prêt à user de sa position dominante dans les terres rares - un groupe de 17 métaux utilisés dans de nombreux secteurs allant de l’électronique grand public aux équipements militaires - comme arme dans les négociations avec Washington.

Cette menace a pesé entre autres sur le secteur des semi-conducteurs et favorisé plus largement un mouvement de fuite vers les valeurs refuge, notamment vers les obligations d’Etat, dont les rendements chutent aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis.

“Il semble que les marchés financiers soient convaincus que la guerre commerciale ne va rien donner avant un moment et que de nouveaux risques sont en train d’émerger”, dit Edward Moya d’Oanda Markets.

“Si la Chine mettait a exécution sa menace sur les terres rares, l’impact serait désastreux pour les industriels des hautes technologiques et affecterait les résultats de beaucoup de sociétés du S&P 500 pendant plusieurs trimestres.”

Ce nouvel épisode du conflit commercial sino-américain intervient sur fond de données macroéconomiques peu encourageantes pour le deuxième trimestre et de tensions renouvelées en Europe autour des finances publiques italiennes.

La Commission européenne a demandé officiellement mercredi à l’Italie de s’expliquer sur la détérioration de ses finances publiques, une démarche qui pourrait aboutir dès la semaine prochaine à l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Rome.

VALEURS

Tous les secteurs en Europe ont fini dans le rouge, notamment les compartiments les plus cycliques. Les technologiques ont perdu 2,17% et les ressources de base 2,02%.

Parmi les plus fortes baisses du CAC 40, ArcelorMittal a reculé de 4,16% après avoir annoncé une nouvelle réduction de sa production d’acier sur son principal marché en Europe en raison de la faiblesse de la demande et d’importations élevées.

Casino a perdu 4,01% après l’abandon d’un acompte sur dividende en 2019 et de la dégradation de sa note de crédit par S&P tandis qu’Elior a lâché 3,88% après l’abaissement de sa prévision de croissance organique pour 2018-2019.

Les bancaires (-1,15%) ont souffert de la chute des rendements obligataires, qui pèse sur la rentabilité du secteur. Le rendement à 10 ans américain a perdu 30 points de base en tout ce mois-ci et le rendement du Bund allemand de même échéance est au plus bas depuis près de trois ans.

Parmi les valeurs qui ont résisté au mouvement général de baisse, EDF a avancé de 2,66%, la plus forte hausse du SBF 120, un trader évoquant une réaction retardée à l’évocation d’un projet de séparation des actifs nucléaires.

Dans le secteur des médias, l’allemand ProsienbenSat.1 a gagné 1,43% en réaction à la prise d’une part de 9,6% de son capital par l’italien Mediaset. A Paris, Lagardère a progressé de 0,65%, parmi les rares valeurs en hausse du SBF 120.

A WALL STREET

A la clôture en Europe, les grands indices américains reculaient d’environ 1%, au plus bas depuis plus de deux mois, dans la crainte d’une guerre commerciale prolongée. Le Nasdaq et le S&P sont passés sous leur moyenne mobile à 200 jours et le Dow est revenu sous le seuil des 25.000 points pour la première fois depuis le 8 février.

Tous les indices sectoriels américains étaient alors dans le rouge, les valeurs liées à l’énergie (-1,79%) en tête, plombées par la chute des cours du pétrole. Les valeurs technologiques perdaient 1,13% et l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie 1,21%.

CHANGES

Les devises les moins risquées comme le yen et le franc suisse sont recherchées et le dollar, porté par son statut de monnaie de réserve dans le climat d’aversion au risque, parvient à renforcer ses gains de mardi.

Le billet vert profite aussi de la faiblesse de l’euro, pénalisé par le regain de tensions autour des finances publiques de l’Italie. La devise unique évolue tout juste autour de 1,1130 dollar, en baisse de 0,3%.

TAUX

En Europe, le rendement à 10 ans allemand s’est enfoncé un peu plus en territoire négatif, à -0,175%, au plus bas depuis août 2016..

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, qui a cédé six points de base (pdb) mardi à 2,268%, recule encore de près de cinq points , à 2,2186%, à son plus bas niveau depuis 20 mois.

Il évolue ainsi en dessous du rendement des obligations à trois mois, qui s’établit à 2,353%, une inversion de la courbe qui peut éveiller les craintes d’une récession économique à venir aux Etats-Unis.

Le rendement à 10 ans italien est reparti à la baisse après la nette remontée des derniers jours qui l’a porté jusqu’à 2,708% en début de matinée, tandis que les rendement espagnols et portugais perdent environ cinq points de base pour toucher des plus bas record.

PÉTROLE

Les cours du brut sont en net repli dans la crainte que la prolongation des tensions sino-américaines n’affecte la demande mondiale de pétrole.

Le baril de Brent retombe à 68,79 dollars (-1,88%) et celui du brut léger américain se traite à 57,31 dollars (-3,1%).

MÉTAUX

Le cuivre, à un creux de près de cinq mois, et d’autres métaux industriels sont en net repli dans la crainte des conséquences de l’escalade des tensions commerciales sur la demande.

Édité par Marc Angrand

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