May 6, 2019 / 12:26 PM / in 2 months

Les actions accusent le coup du retour des tensions commerciales

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York est attendue en net repli et les principaux indices européens cèdent plus de 1,5% à mi-séance lundi, les nouvelles menaces de Donald Trump de taxer plus lourdement des centaines de milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis pesant sur les actifs risqués.

La Bourse de New York est attendue en net repli lundi. Les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de plus de 1,8% pour le Dow Jones, de 1,5% pour le Standard & Poor's 500 et de 2% pour le Nasdaq. /Photo prise le 3 mai 2019/REUTERS/Brendan McDermid

Alors que le vice-Premier ministre chinois Liu He est censé arriver mercredi à Washington, le président américain a annoncé dimanche sur Twitter son intention de porter dès vendredi de 10% à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois et évoqué une taxation de 325 milliards de dollars supplémentaires.

Pékin n’a pas réagi directement à ces menaces, le ministère chinois des Affaires étrangères se contentant de préciser que les préparatifs du déplacement d’une délégation officielle à Washington se poursuivaient, sans préciser si Liu He en ferait partie.

Sur les marchés, le changement de ton abrupt de Donald Trump se traduit par un net regain d’aversion au risque: les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de plus de 1,8% pour le Dow Jones, de 1,5% pour le Standard & Poor’s 500 et de 2% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 perd 1,94% à 5.441,26 points à 11h30 GMT et s’achemine vers sa pire séance depuis le 22 mars tandis qu’à Francfort, le Dax cède 1,84%. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 1,42%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,85% et le Stoxx 600 de 1,41%. Les marchés britanniques sont fermés, la journée étant fériée au Royaume-Uni.

Parallèlement, la volatilité affiche un rebond spectaculaire: l’indice mesurant celle de l’EuroStoxx 50 prend 23,77% et son équivalent pour Wall Street 41,41% pour remonter à plus de 18 pour la première fois depuis début mars.

La secousse a été particulièrement violente sur les marchés chinois: l’indice SSE Composite de Shanghai a chuté de 5,58%, sa plus forte baisse sur une séance depuis février 2016.

“Les marchés passent d’euphoriques à pragmatiques. Il s’agit d’un ajustement au risque Trump mais pas forcément d’un signal baissier fort”, commente Nicolas Chéron, de Binck.fr, sur Twitter.

Ce rebondissement inattendu éclipse la publication des indices PMI des services et composite de la zone euro, qui confirme la tendance au ralentissement de l’activité.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Les tensions commerciales pourraient pénaliser en premier lieu les valeurs américaines les plus exposées au marché chinois, qu’il s’agisse des producteurs de semi-conducteurs, de grands industriels comme Boeing et Caterpillar ou des poids lourds des hautes technologies comme Apple et Alphabet.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, tous les indices sectoriels Stoxx évoluent dans le rouge et les baisses les plus marquées affectent sans surprise les secteurs les plus exposés aux tension commerciales: le compartiment automobile abandonne 3,24%, celui des hautes technologies 2,18%.

Même constat au sein du CAC 40: en baisse de 5,05%, Valeo est lanterne rouge de l’indice, derrière STMicroelectronics (-4,47%) et ArcelorMittal (-4,10%).

Le secteur du luxe est lui aussi touché: LVMH abandonne 3,44%, Kering 3% et Hermès 1,54%.

Total cède 2,6% avec l’ensemble du secteur pétrolier (-1,77%), le repli des cours du brut l’emportant sur l’accord conclu par le groupe français avec Occidental Petroleum pour lui racheter les activités africaines d’Anadarko en cas de succès de l’offre de l’américain sur ce dernier.

Unique hausse marquée du Stoxx 600, l’opérateur norvégien de télécommunications Telenor prend 4,14% après l’annonce de discussions avec le malaisien Axiata en vue d’une fusion de leurs activités dans neuf pays d’Asie.

CHANGES

Sur le marché des devises, si le yuan est le principal perdant du retour des tensions commerciales, le yen en est au contraire le premier bénéficiaire, profitant de son statut de valeur refuge: la monnaie japonaise s’apprécie d’environ 0,3% face au dollar comme face à l’euro.

Le billet vert est en très légère hausse (+0,02%) face à un panier de devises de référence et la monnaie unique européenne se traite juste en dessous du seuil de 1,12 dollar.

“Le marché avait totalement intégré une issue favorable aux discussions commerciales USA-Chine au vu des déclarations antérieures positives des deux côtés, d’où la forte baisse du yuan ce matin, et la pression généralisée sur les actifs risqués traduit un ajustement important par le marché de la probabilité d’une issue favorable”, résument les économistes de la Société générale dans une note.

TAUX

Du côté des emprunts d’Etat, le rendement du Bund allemand à dix ans est brièvement repassé en territoire négatif pour inscrire un plus bas à -0,008% mais il est ensuite remonté à 0,017%, tout près de son niveau de vendredi soir.

Les emprunts italiens sous-performent une nouvelle fois en raison des craintes sur la pérennité du gouvernement de Giuseppe Conte. Le rendement des BTP à dix ans prend près de cinq points de base.

Le dix ans américain, profitant d’achats refuges, cède quant à lui près de cinq points à 2,4818%, effaçant la majeure partie des gains engrangés vendredi après les chiffres meilleurs qu’attendu de l’emploi aux Etats-Unis en avril.

PÉTROLE

Les cours du brut souffrent du mouvement général de repli sur les actifs jugés les plus sûrs: le Brent perd 0,76% et s’échange autour de 70,30 dollars après être tombé en début de journée sous 69 dollars pour la première fois depuis un mois.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède quant à lui plus de 1% à 61,30 dollars après un plus bas à 60,04 dollars.

Le facteur commercial l’emporte ainsi sur les préoccupations géopolitiques, alors que les Etats-Unis sont en train de déployer des bombardiers au Moyen-Orient en guise de nouvel avertissement à l’Iran.

Édité par Blandine Hénault

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