April 25, 2019 / 8:25 PM / in 4 months

Wall Street finit irrégulière, 3M pèse sur le Dow

(Reuters) - La Bourse de New York a fini sur une note irrégulière jeudi, avec un Dow Jones plombé par des résultats décevants dans le secteur industriel alors que Microsoft et Facebook ont porté le Nasdaq à un nouveau record en séance.

La Bourse de New York a fini sur une note irrégulière jeudi. L'indice Dow Jones, alourdi notamment par 3M, a cédé 0,51%. /Photo prise le 23 avril 2019/REUTERS/Brendan McDermid

L’indice Dow Jones, alourdi notamment par 3M, a cédé 134,97 points, soit 0,51%, à 26.462,08 points.

Le S&P-500, plus large, a abandonné 1,08 point ou 0,04% à 2.926,17 mais le Nasdaq Composite a gagné 16,67 points (0,21%) à 8.118,68, après être monté jusqu’à 8.151 points, nouveau record “intraday”.

Le marché a largement ignoré les indicateurs économiques du jour pour évoluer au gré des résultats de sociétés, avec notamment une déception du côté de 3M qui, comme Caterpillar mercredi, a évoqué des conditions de marché difficiles en Asie.

Le fabricant des Post-It et du Scotch a subi sa plus forte déroute en Bourse depuis 30 ans après avoir réduit ses prévisions et annoncé 2.000 suppressions d’emplois.

“3M nous donne un aperçu sur l’évolution de la production manufacturière et fait figure à ce titre de baromètre de la croissance mondiale, plus que Facebook ou même Microsoft. Cela agite les marchés un peu”, commente Josh Wein, gérant chez Hennessy Funds à Chapel Hill (Caroline du Nord).

“Les gens cherchaient une faille et ils l’ont trouvée en 3M. Les marchés vont peut-être marquer le coup mais ce sera passager, le sentiment reste quand même positif.”

Sur les 178 sociétés du S&P 500 qui ont publié à ce stade, 78% ont fait état de profits supérieurs aux attentes, selon les données de Refinitiv. Les estimations pour l’ensemble du S&P 500 ont en conséquence été revues à la hausse et les bénéfices sont désormais attendus stables, au lieu d’une contraction attendue de -2,3% au début du mois. Hors énergie, les profits sont même attendus en hausse de 1,4%.

Le S&P 500 a pris 17% depuis le début de l’année, grâce au revirement de la Réserve fédérale sur ses taux et dans l’espoir d’un accord commercial USA-Chine. L’indice phare des gérants américains n’est plus qu’à quelques points de son record de septembre mais peine à sauter l’obstacle, les investisseurs attendant de nouveaux catalyseurs.

“On a des signaux contrastés en ce moment mais il ne faut pas oublier qu’on a une Réserve fédérale beaucoup plus accommodante qu’au quatrième trimestre, ce qui apporte un matelas au marché action”, dit Kristina Hooper, stratégiste chez Invesco à New York. “Certes ce n’est pas un temps pour acheter aveuglément le marché mais rien ne justifie non plus d’en sortir.”

Quelque 6,4 milliards d’actions ont changé de mains, un volume en ligne avec la moyenne des 20 dernières séances.

VALEURS

Seuls des 11 grands indices sectoriels S&P 500 ont fini en hausse, emmenés par la santé (+1,13%) et les services de consommation (+1,08%) où Facebook (+5,85%) s’est illustré après ses résultats meilleurs qu’attendu.

La plus mauvaise performance a été pour les industrielles (-1,99%), tirées à la baisse par 3M (-12,95%) et aussi United Parcel Service (-8,13%) ou Raytheon (-4,36%) après leurs résultats.

Boeing a en revanche pris 1,95% alors que la FAA, l’autorité américaine de l’aviation civile, a programmé une réunion le 23 mai sur le 757 MAX interdit de vol depuis la mi-mars.

En tête du Dow Jones, Microsoft s’est offert un gain de 3,31% en réaction à des résultats meilleurs que prévu. Le titre flirte avec les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, devançant Apple et Amazon.com - lequel publiait ses comptes après la clôture.

Dans les semi-conducteurs, les investisseurs ont salué la publication de Lam Research (+4,93%)mais sanctionnée celle de Xilinx, qui a chuté de 17,08% - la plus forte baisse du S&P. L’indice sectoriel de la Bourse de Philadelphie a cédé 1,81%.

Outre Amazon, Intel et Ford publiaient après la clôture, parmi d’autres. Si Amazon bougeait peu, le géant des semi-conducteurs Intel chutait de 7% après avoir réduit ses prévisions alors que Ford s’inscrivait en nette hausse, le constructeur automobile se montrant plus confiant pour ses résultats 2019.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le nombre des inscriptions au chômage a augmenté de 37.000 à 230.000 la semaine dernière aux Etats-Unis, une hausse sans précédent depuis 19 mois mais qui ne remet pas en cause la solidité du marché du travail.

Les commandes de biens d’équipement américains, elles, ont connu en mars leur plus forte hausse depuis huit mois, de 1,3% (hors aéronautique et défense), mais la baisse des livraisons laisse penser que l’investissement productif s’est tassé au premier trimestre.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes avaient auparavant terminé en baisse, pénalisées par des résultats mitigés en Europe et aux Etats-Unis et par des inquiétudes persistantes sur les perspectives de croissance mondiales.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,33% à 5.557,67 points. Le Footsie britannique a cédé 0,50% et le Dax allemand 0,25%.

L’indice EuroStoxx 50 a lâché 0,31%, le FTSEurofirst 300 0,19% et le Stoxx 600 0,21%. [.NFR]

TAUX

Après leur forte baisse de la veille, les rendements obligataires sont légèrement remontés dans l’attente des chiffres du PIB de vendredi, attendus en hausse de 2% selon le consensus Reuters.

“Les indicateurs de jeudi ont confirmé notre prévision de 2,5% pour le PIB, ce qui est au-dessus de ce qu’on pouvait attendre en début d’année. Les perspectives sont donc un peu meilleures et cela explique la remontée des rendements”, dit Michael Pond, économiste chez Barclays.

Le rendement du dix ans américain a fini en petite hausse de 1 point de base à 2,533%, après avoir touché en séance un plus bas de deux semaines sous 2,52%..

Le rendement des notes à deux ans a aussi pris un point de base à 2,330% et celui des emprunts à 30 ans un demi-point de base à 2,944%.

CHANGES

Le dollar s’échangeait en fin de séance à un plus haut depuis mai 2017 de 1,1131 pour un euro (+0,19%) en réaction à la statistique des commandes de biens durables, qui renforce les attentes pour la statistique de la croissance du premier trimestre publiée vendredi.

“Le dollar profite de statistiques américaines vigoureuses, d’indicateurs moroses à l’étranger et ton accommodant adopté par plusieurs banques centrales”, commente John Doyle, chez Tempus à Washington.

Dernière en date, la banque centrale suédoise a repoussé jeudi la perspective d’une hausse de ses taux, ce qui a fait dégringoler la couronne à un plus bas de 17 ans face au dollar.

L’indice dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de devises de référence, a cependant peu évolué (+0,01%), contre-balancé par un repli de 0,5% du dollar/yen.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en baisse sur le Nymex, au terme d’une séance marquée par un nouveau plus haut de l’année du Brent de mer du Nord à plus de 75 dollars le baril.

Dopé par l’arrêt des importations de brut russe en Allemagne et en Pologne, le Brent a atteint en séance 75,60 dollars, au plus haut depuis le 31 octobre, avant de finir en repli de 0,30% à 74,35 dollars. Le brut léger américain (West Texas Intermediate) a lui cédé 1,03% à 65,21 dollars. [O/LFR]

A SUIVRE VENDREDI :

La journée verra encore d’importantes publications de résultats mais les marchés américains seront particulièrement sensibles à la première estimation du PIB du premier trimestre, publiée une heure avant l’ouverture de Wall Street.

avec Sinéad Carew à New York et Sruthi Shankar à Bangalore, Véronique Tison pour le service français

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