April 16, 2019 / 10:13 AM / 5 months ago

BCE: Certains doutent d'un rebond de la croissance

FRANCFORT (Reuters) - Plusieurs membres de la Banque centrale européenne (BCE) jugent que ses projections économiques sont trop optimistes compte tenu de l’accès de faiblesse de la Chine et des tensions commerciales toujours présentes, ont déclaré mardi quatre sources au fait des discussions.

Plusieurs membres de la Banque centrale européenne (BCE) jugent que ses projections économiques sont trop optimistes compte tenu de l'accès de faiblesse de la Chine et des tensions commerciales toujours présentes, ont déclaré mardi quatre sources au fait des discussions. /Photo prise le 4 décembre 2018/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Une “minorité significative” a dit douter - lors de la réunion monétaire de la semaine dernière - d’une reprise de la croissance au second semestre et certains ont même remis en cause la justesse du modèle prévisionnel de la banque centrale, compte tenu des multiples révisions à la baisse auxquelles il a donné lieu, ont dit les sources.

Les projections de la BCE sont l’un des éléments clés de la procédure décisionnelle en matière de fixation des taux et si les chiffres prévisionnels sont à nouveau revus à la baisse, la probabilité que la BCE relève les taux même plus tard que l’an prochain s’en trouvera renforcée.

Un porte-parole de la BCE s’est abstenu de tout commentaire.

Sur les marchés, ces informations ont pénalisé l’euro : la devise unique recule désormais de 0,2% face au dollar alors qu’elle était stable avant leur parution.

Elles ont aussi pesé sur les indices actions en Europe qui ont réduit, voire effacé leur avance, dans le sillage du secteur bancaire.

De son côté, le rendement du Bund allemand à dix ans a touché un plus bas en séance à 0,042% avant de revenir autour de 0,05%.

DES EFFETS LOIN D’ÊTRE TEMPORAIRES

Pour l’heure, la BCE pense que nombre des facteurs qui entravent la croissance sont d’ordre temporaire et qu’en conséquence la croissance reprendra au second semestre, comme l’a dit son président Mario Draghi le week-end dernier.

Certains de ses collègues pensent que ces obstacles sont loin d’être temporaires et qu’il n’y a donc aucune raison de projeter un rebond conséquent, expliquent les sources.

Par exemple, si le secteur automobile allemand a été touché par le facteur ponctuel que sont les nouvelles normes d’émission, il existe des éléments plus durables que sont les changements d’habitudes des consommateurs, la désaffection du diesel et le tassement de la demande chinoise, arguent certains gouverneurs, selon les sources.

En outre, poursuivent-ils, la faiblesse du commerce international semble partie pour durer, les conflits semblant devenir la norme et non plus l’exception et même si la croissance chinoise semble se stabiliser, cela ne se traduira pas par une brusque poussée de la demande.

Ils ajoutent que le modèle prévisionnel de la BCE doit être revu puisque les projections sont systématiquement trop optimistes et révisées à la baisse trimestre après trimestre.

La BCE projette une croissance de 1,1% en 2019 mais trois mois auparavant la prévision était de 1,7%.

Certains membres de l’institution jugent qu’il pourrait exister un biais inhérent à ses prévisions car elles montrent toujours une inflation orientée vers le haut, évoluant vers l’objectif, et une croissance revenant à son potentiel tendanciel.

Mario Draghi n’est pas fermé à la discussion, disent les sources, mais n’est guère intéressé par une analyse de fonds de la méthode quelque mois avant que son mandat n’arrive à terme.

Pour d’autres membres de la BCE, la véritable raison de l’imperfection des projections est une évaluation incorrecte des capacités productives non employées du marché du travail, ont encore dit les sources.

La zone euro a créé une dizaine de millions d’emplois depuis la crise de la dette et la population employée n’a jamais été aussi élevée.

Pourtant l’inflation n’évolue pas de la façon dont elle devrait au vu d’un emploi à un niveau record, laissant penser que le marché du travail est plus souple que par le passé et que le taux de chômage naturel a baissé.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Blandine Hénault

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