April 12, 2019 / 7:54 AM / 3 months ago

La croissance chinoise pourrait tomber à 6,2% en 2019

PEKIN (Reuters) - La croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois devrait ralentir à 6,2% cette année, son plus faible niveau en près de 30 ans, selon une enquête réalisée par Reuters, le ralentissement de la demande intérieure et à l’étranger pesant sur l’activité en dépit des mesures de soutien à l’économie prises par le gouvernement.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois devrait ralentir à 6,2% cette année. /Photo d'archives/REUTERS/Damir Sagolj

La prévision médiane est légèrement inférieure à celle de 6,3% qui était ressortie lors du sondage réalisé auprès des économistes en janvier.

Si l’économie chinoise a semblé montrer des signes de stabilisation récemment, les analystes estiment qu’il est encore trop tôt pour dire si cette tendance sera durable.

Les mesures de soutien prises jusqu’ici ont aussi été plus limitées que ce qui a pu être fait par le passé, ce qui pourrait conduire à une reprise plus progressive.

La plupart des 88 établissements sondés pour l’enquête s’attend à ce que la croissance touche un point bas plus tard dans l’année, alors que l’effet des mesures de soutien budgétaire et monétaire devrait prendre du temps avant de se diffuser à l’économie et de raviver la demande intérieure.

“Nous nous attendons à ce que l’économie ralentisse encore au deuxième trimestre, les exportations restant probablement sous pression avec la détérioration de la demande mondiale, le marché immobilier demeurant dans un cycle baissier et la faiblesse de la consommation pour les biens durables freinant la demande”, a estimé Ting Lu, chef économiste pour la Chine chez Nomura.

La prévision de croissance de 6,2% est conforme à celle du gouvernement, qui table sur une progression comprise entre 6% et 6,5%, mais elle marquerait une détérioration supplémentaire par rapport à la croissance de 6,6% observée en 2018 et de 6,8% en 2017.

La croissance attendue pour l’an prochain est de 6,0%, montre l’enquête.

La politique de Pékin pour réduire l’endettement et la pollution a pesé sur les nouveaux investissements tandis que les tensions commerciales avec les Etats-Unis ont pénalisé les exportateurs chinois.

La croissance du PIB chinois devrait atteindre 6,3% au premier trimestre sur un an, après 6,4% au quatrième trimestre 2018, son plus faible niveau depuis la crise financière.

La statistique officielle, ainsi que les données sur les ventes de détail et la production industrielle en mars, seront publiées le 17 avril.

LES AUTORITÉS À LA MANOEUVRE

Pékin a mis en oeuvre cette année des mesures de relance budgétaire avec notamment un vaste programme d’infrastructures routières, ferroviaires et portuaires et a procédé à des réductions d’impôts destinées à alléger la pression sur les bilans des entreprises.

Les autorités chinoises ont aussi demandé aux banques de continuer à prêter aux petites entreprises privées en difficultés et à des conditions plus abordables.

De son côté, la banque centrale chinoise devrait poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire cette année, même si les analystes estiment qu’elle ne devrait pas toucher à ses taux d’intérêt afin d’éviter un alourdissement de la dette.

Ils prédisent plutôt trois nouvelles baisses, de 50 points de base, du ratio de réserves obligatoires des banques ce trimestre et deux nouvelles le prochain trimestre.

Les économistes s’attendent à ce que la Banque populaire de Chine (BPC) garde son taux de référence inchangé à 4,35% jusqu’à au moins la fin 2020, selon l’enquête Reuters.

Les investisseurs espèrent de nouveaux signes de reprise économique en Chine qui permettraient d’apaiser les craintes sur un ralentissement de l’économie mondiale alors que le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé une nouvelle fois cette semaine ses prévisions pour 2019, citant les tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Sur ce front, l’optimisme a prévalu ces dernières semaines sur un accord prochain entre les deux grandes puissances économiques mondiales. Le président américain Donald Trump a récemment évoqué le fait qu’un accord pourrait être prêt vers la fin avril.

Les économistes préviennent toutefois que même si un accord est signé, et les tarifs douaniers levés, les exportateurs chinois pourraient continuer à souffrir de la faiblesse de la demande mondiale.

Blandine Hénault pour le service français

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