April 11, 2019 / 4:42 AM / 13 days ago

UniCredit visée par une enquête antitrust de l'UE

MILAN (Reuters) - UniCredit a annoncé faire partie d’un groupe de banques soupçonné d’avoir organisé une entente sur les émissions d’emprunts d’Etat de la zone euro entre 2007 et 2012, une période durant laquelle la crise financière mondiale puis la crise de la dette de la zone euro ont touché de plein fouet des banques et plusieurs pays européens.

UniCredit a annoncé mercredi avoir reçu de la Commission européenne un communiqué de griefs lié à une enquête en cours sur des soupçons d'infraction aux règles européennes de la concurrence en lien avec des émissions d'emprunts d'Etat. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger

La première banque d’Italie a divulgué cette information mercredi soir à la demande de l’autorité italienne des marchés, plus de deux mois après que la Commission européenne a révélé que des traders de huit banques non nommées avaient échangé des informations “sensibles sur le plan commercial” et “avaient coordonné leurs stratégies de trading” sur des obligations libellées en euros.

UniCredit a déclaré que la commission soupçonnait certaines de ses filiales d’avoir enfreint les règles européennes de la concurrence et que la banque risquait de devoir s’acquitter d’une amende, même si cela était peu probable. Les établissements reconnus coupables d’une telle infraction risquent une amende pouvant représenter jusqu’à 10% de leur produit net bancaire annuel.

L’action Unicredit prenait un peu moins de 1,25% à la Bourse de Milan vers 14h20 GMT, après avoir abandonné jusqu’à 2% dans les premiers échanges jeudi.

Interrogé sur le sujet en marge de l’assemblée générale à Milan des actionnaires de la banque, l’administrateur délégué Jean-Pierre Mustier a répondu en reprenant le titre de la pièce de William Shakespeare: “Beaucoup de bruit pour rien”.

Il n’a pas souhaité s’exprimer sur une éventuelle provision par la banque en cas d’amende.

UN TRADER LA FILIALE ALLEMANDE SOUPÇONNÉ

Une source proche du dossier a déclaré que l’enquête pourrait être liée à des transactions effectuées par un trader obligataire qui a travaillé quelques mois dans la filiale allemande de la banque. La source a ajouté, sans plus de détails, que le trader n’avait pas accès au marché primaire obligataire.

“Sur la base des informations actuelles, il est impossible d’estimer le montant d’une éventuelle amende”, déclaré UniCredit dans un communiqué, ajoutant avoir jusqu’au 29 avril pour répondre aux autorités européennes sur ce dossier.

Les analystes de Jefferies pensent que l’amende pourrait représenter au maximun environ deux milliards d’euros.

La Commission a révélé en janvier que le cartel présumé sur les obligations souveraines avait été organisé par certains traders, essentiellement via des forums de discussion en ligne, tout en estimant que cela ne voulait pas nécessaire dire qu’il s’agissait d’une pratique courante dans le secteur en zone euro.

Des banques européennes se sont déjà acquittées d’amendes de plusieurs milliards d’euros, notamment pour avoir manipulé des taux de référence servant à calculer les crédits immobiliers.

La Commission européenne a accusé en décembre, dans une autre affaire, quatre banques, dont Crédit agricole, Credit Suisse et Deutsche Bank, d’entente sur le marché secondaire des obligations libellées en dollars entre 2009 et 2015.

Bureau de Milan; Marc Angrand et Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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