April 4, 2019 / 10:28 AM / 2 months ago

Japon: Gouvernement et BoJ contre la "théorie monétaire moderne"

Le ministre japonais des Finances, Taro Aso (droite), a déclaré jeudi que le recours à la dépense publique comme instrument privilégié de relance de l'emploi et de l'inflation - une thèse défendue par des universitaires américains - pourrait se retourner contre l'économie de l'archipel, déjà lourdement endetté. Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda (gauche), a soutenu la position de Taro Aso affirmant que l'idée était inacceptable parce qu'elle ne prenait pas en compte les risques d'un déficit budgétaire énorme. /Photo prise le 17 janvier 2019/REUTERS/Issei Kato

TOKYO (Reuters) - Le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a déclaré jeudi que le recours à la dépense publique comme instrument privilégié de relance de l’emploi et de l’inflation - une thèse défendue par des universitaires américains - pourrait se retourner contre l’économie de l’archipel, déjà lourdement endetté.

Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, a soutenu la position de Taro Aso affirmant que l’idée était inacceptable parce qu’elle ne prenait pas en compte les risques d’un déficit budgétaire énorme.

“C’est une idée extrême et très dangereuse parce qu’elle affaiblirait la discipline budgétaire”, a-t-il dit lors d’un débat au Parlement, en réponse à une question sur la “théorie monétaire moderne” (TMM ou MMT selon l’acronyme de l’anglais “modern monetary theory”), qui propose de repenser radicalement l’approche de l’endettement, des déficits et de la politique monétaire.

“Je n’ai aucune intention de faire du Japon une plate-forme d’expérimentation de telles idées”, a ajouté Haruhiko Kuroda.

“C’est une théorie extrême qui est difficile à accepter parce qu’elle ne prend pas en compte l’impact du déficit budgétaire et de la dette existante”, a dit Haruhiko Kuroda.

Le Premier ministre, Shinzo Abe, a déclaré de son côté que la politique de son gouvernement ne correspondait pas à la MMT puisqu’elle visait à réduire le ratio d’endettement.

Il a réaffirmé son intention de relever la TVA, qui doit passer de 8% à 10% en octobre, pour faire face à l’augmentation du coût de la protection sociale.

“Le Japon doit mettre en oeuvre la hausse de TVA. D’un autre côté, nous espérons favoriser la croissance en combinant des dépenses budgétaires flexibles et de politique monétaire audacieuse”, a-t-il dit.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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