April 2, 2019 / 6:50 AM / 2 months ago

Zone euro: Villeroy met en garde contre un ajournement des réformes

PARIS (Reuters) - La zone euro ne doit pas céder à l’attentisme, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de France (BdF) en estimant que temporiser sur les réformes - tant nationales qu’à l’échelle européenne - jusqu’à une prochaine crise serait dangereux.

La zone euro ne doit pas céder à l'attentisme, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de France (BdF) François Villeroy de Galhau (photo) en estimant que temporiser sur les réformes - tant nationales qu'à l'échelle européenne - jusqu'à une prochaine crise serait dangereux. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai

“Alors que des propositions ambitieuses avaient été mises sur la table, la tentation inavouée semble aujourd’hui de différer beaucoup des progrès jusqu’à une prochaine crise”, constate François Villeroy de Galhau, dans la lettre introductive au rapport annuel de la BdF, consacrée cette année au 20e anniversaire de la monnaie unique.

“Il me semble que ce serait dangereux et que ce serait dommage, parce qu’il faut consolider les acquis (...) et parce qu’il est temps d’optimiser le potentiel de l’euro au bénéfice de l’ensemble des Européens”, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse de présentation de ce courrier adressé au chef de l’Etat et aux présidents du Sénat et de l’Assemblée.

“L’euro est un succès: l’euro a apporté une hausse des prix beaucoup moins forte (...), l’euro a apporté des coûts de financement qui sont nettement plus bas pour les Français (...) et en résultat l’euro a contribué à plutôt bien protéger le pouvoir d’achat des Français”, avait-il déclaré peu auparavant sur France Inter.

Selon lui, la monnaie unique a rempli ses ambitions initiales de stabilité des prix et des changes, ce qui a notamment permis au pouvoir d’achat par habitant de progresser en moyenne de 20% au cours des 20 dernières années en France.

“L’année 2019 devrait être plutôt un bon cru avec environ 2% de hausse du pouvoir d’achat par habitant”, a souligné François Villeroy de Galhau sur France Inter.

“Les ressentis peuvent être différents”, avait-il cependant concédé, en référence à la crise des “Gilets jaunes”, déclenchée par une fronde contre la hausse des taxes sur les carburants.

UNE UNION BANCAIRE À FINALISER

“Ces succès de l’euro n’appellent pour autant aucune complaisance”, prévient François Villeroy de Galhau dans son courrier, en appelant à poursuivre la mobilisation “pour affronter trois défis”.

Il appelle tout d’abord à renforcer la consolidation de l’Union bancaire - un projet lancé en 2012 en pleine crise des dettes souveraines européennes mais que les pays de la zone euro peinent à parachever - et à l’émergence de “vraies banques ‘paneuropéennes’ transfrontières”.

Le gouverneur de la banque centrale française préconise également de “mieux répartir la prospérité”, par une poursuite des réformes nationales combinée à une coopération européenne renforcée.

Il suggère par exemple “l’utilisation des marges budgétaires là où elles existent”, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, deux pays qui ont “légèrement activé leurs politiques budgétaires sans toutefois s’engager dans une véritable relance” susceptible de “soutenir leur propre croissance comme celle de la zone euro”.

François Villeroy de Galhau appelle enfin à “affirmer (la) souveraineté” de la zone euro en faisant en sorte que l’euro gagne “en importance internationale”.

Si le discours du gouverneur de la Banque de France rejoint celui de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui a plaidé en fin de semaine dernière à Paris pour un renforcement de l’Union bancaire, les deux responsables divergent sur les moyens d’y parvenir.

Alors que Christine Lagarde juge nécessaire de mettre en place un système de garantie commune des dépôts bancaires - troisième pilier du projet d’union bancaire visant à ce que tous les citoyens bénéficient de la même protection - François Villeroy de Galhau estime que “la priorité est de mieux faire fonctionner en pratique les deux premiers piliers”, à savoir la supervision commune des banques et le mécanisme de résolution des crises et de gestion des faillites bancaires.

Simon Carraud et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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