March 28, 2019 / 5:18 PM / a month ago

La Fed peut sortir l'arsenal de crise en cas de choc, dit Clarida

PARIS/MILWAUKEE (Reuters) - La Réserve fédérale peut sortir du cadre traditionnel de la politique monétaire si l’économie subit des difficultés inattendues, a déclaré jeudi son vice-président Richard Clarida.

La Réserve fédérale peut sortir du cadre traditionnel de la politique monétaire si l'économie subit des difficultés inattendues, a déclaré jeudi son vice-président Richard Clarida (photo). /Photo prise le 25 fevrier 2019/REUTERS/Ann Saphir

“Si nous avons un choc défavorable pour l’économie (...) la première réponse serait d’employer les outils monétaires habituels”, a-t-il dit, lors d’une conférence donnée à la Banque de France.

“Si cela ne suffit pas, il y a d’autres instruments dans la boîte à outils qui ont déjà été employés et il est certain qu’on les emploierait à nouveau si nécessaire”, a-t-il ajouté.

Il avait dit un peu auparavant que les liens financiers et commerciaux importants que les Etats-Unis ont développés avec le reste du monde les exposaient à des chocs externes que les banquiers centraux ne pouvaient passer sous silence lorsqu’ils élaboraient leur politique monétaire.

Ces chocs peuvent toucher les Etats-Unis directement en frappant les exportations mais ils sont ressentis encore plus fortement par le biais des échanges monétaires et financiers.

Tant que les investisseurs verront dans le dollar une valeur sûre, le faisant monter en temps de crise pendant que les taux d’intérêt américains eux baissent, il faudra faire attention, a expliqué Clarida.

“On entend beaucoup parler des répercussions de la politique monétaire américaine sur les autres pays mais on parle beaucoup moins de la façon dont les chocs mondiaux affectent les Etats-Unis”, a-t-il noté.

La somme des actifs et passifs américains à l’étranger représentait le quart environ du Produit intérieur brut en 1960 et 300% à présent, une montagne financière à partir de laquelle les problèmes subis par certains pays peuvent s’exporter vers les USA, a observé le vice-président de la Fed.

“Dans le monde d’aujourd’hui, les autorités monétaires américaines ne peuvent se permettre d’ignorer ce risque”, a dit Clarida, même si le but de la Fed est d’avoir un niveau d’emploi maximal qui soit compatible avec une inflation stable autour de 2%.

Dans les années qui ont suivi la crise financière de 2007-2009, la Fed a été confrontée à deux chocs externes, liés, en 2011, à la peur de voir la zone euro éclater, et aux perturbations financières qui ont touché la Chine en 2015 et 2016. Ce dernier événement en particulier a poussé la Fed à repousser les hausses de taux qu’elle avait prévues.

Il est possible que la banque centrale américaine soit à nouveau aux prises avec ce genre de situation actuellement, en raison du risque d’un Brexit dur, d’un environnement commercial tendu et d’un ralentissement de la croissance chinoise.

“Trois des derniers communiqués du Fomc (comité de politique monétaire) ont mis en avant les préoccupations liées à l’évolution du contexte économique et financier international”, a noté Clarida. “En présence de ces risques et avec des pressions inflationnistes limitées, nous pouvons nous permettre d’être patients”.

Howard Schneider et Leigh Thomas, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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