March 28, 2019 / 1:03 PM / 4 months ago

USA: Le ralentissement du PIB plus marqué qu'estimé au 4e trimestre

WASHINGTON (Reuters) - L’économie des Etats-Unis a davantage ralenti qu’estimé initialement au quatrième trimestre 2018, à cause entre autres de stagnation des bénéfices des entreprises, et la croissance de l’ensemble de l’année a été inférieure à l’objectif de 3% de l’administration Trump.

L'économie des Etats-Unis a davantage ralenti qu'estimé initialement au quatrième trimestre 2018, à cause entre autres de stagnation des bénéfices des entreprises, et la croissance de l'ensemble de l'année a été inférieure à l'objectif de 3% de l'administration Trump. /Photo d'archives/REUTERS/Timothy Aeppel

Le produit intérieur brut (PIB) a crû de 2,2% en rythme annualisé, a annoncé le département du Commerce jeudi, en troisième et dernière lecture.

L’estimation précédente donnait une croissance de 2,6% et les économistes interrogés par Reuters anticipaient une révision à la baisse moins marquée, à 2,4%.

Ce tassement s’explique par une réduction marquée des dépenses des ménages et de l’investissement des entreprises, ainsi que des dépenses publiques et de l’investissement immobilier.

Au troisième trimestre, les Etats-Unis avaient enregistré une croissance de 3,4%.

Sur l’ensemble de l’année 2018, la croissance est confirmée à 2,9%, la plus forte depuis 2015, après 2,2% l’année précédente.

Par rapport au quatrième trimestre 2017, l’économie américaine a crû de 3,0% et non pas de 3,1% comme annoncé en février.

C’est cette mesure que le président Donald Trump met en avant pour tenter de convaincre de la réussite de sa politique de relance par la baisse de la fiscalité et la hausse des dépenses publiques. L’ex-homme d’affaires s’est vanté de pouvoir porter la croissance à 4%, un objectif jugé irréaliste, par les économistes, en raison, entre autres choses, de la faiblesse des gains de productivité.

Le ralentissement observé au dernier trimestre de l’an dernier semble s’être poursuivi au premier trimestre de cette année au vu de la progression modeste des ventes au détail et e la dégradation de la conjoncture dans l’industrie et l’immobilier.

CONSOMMATION ET INVESTISSEMENT REVUS EN BAISSE

Cette évolution a logiquement un impact sur les bénéfices des entreprises, qui n’ont pas augmenté au quatrième trimestre, pour la première fois depuis le troisième trimestre 2016, alors qu’ils avaient progressé de 3,5% sur le trimestre précédent.

Ils ont toutefois augmenté de 16,2% sur l’ensemble de 2018.

Les effets du coup de pouce fiscal de l’administration Trump s’amenuisent de plus en plus dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et de tensions commerciales, sans parler de l’hypothèque du Brexit.

C’est pour tous ces motifs que la Réserve fédérale a décidé la semaine dernière de ne plus prévoir la moindre hausse de taux cette année, après les quatre opérées l’an passé.

La croissance des dépenses de consommation des ménages, qui représentent plus des deux tiers de l’activité économique des Etats-Unis, n’a été que de 2,5% en rythme annualisé sur le trimestre octobre-décembre, et non de 2,8% comme annoncé précédemment. Elles n’en restent pas moins soutenues, portées par un marché du travail dynamique.

La croissance de l’investissement des entreprises en biens d’équipement a elle aussi été revue à la baisse, à 6,6% contre 6,7%, tout comme celle de l’investissement dans la propriété intellectuelle, à 10,7% contre 13,1%.

L’investissement dans l’immobilier d’habitation s’est contracté de 4,7% et non plus de 3,5%, accusant son quatrième retrait trimestriel d’affilée.

L’investissement public a diminué de 0,4%, alors qu’il avait d’abord été annoncé en hausse dans la même proportion.

En revanche, la hausse des exportations a été révisée à 1,8% (1,6% annoncé en février), tandis que les importations étaient revues en baisse, avec pour effet par un tassement du déficit commercial, qui a retranché 0,1 point à la croissance du quatrième trimestre et non plus 0,22 point.

L’investissement dans les stocks a ajouté 0,1 point à la croissance, confirmant l’estimation de février.

Lucia Mutikani; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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