March 27, 2019 / 6:31 AM / a month ago

Les investisseurs doivent miser davantage sur le Japon, selon SYZ AM

PARIS (Reuters) - Les investisseurs internationaux, en particulier européens, délaissent injustement les actions japonaises, qui leur offriraient pourtant une source de diversification inexploitée, déplore Joël Le Saux, gérant actions japonaises chez SYZ Asset Management.

Les investisseurs internationaux, en particulier européens, délaissent injustement les actions japonaises, qui leur offriraient pourtant une source de diversification inexploitée, déplore Joël Le Saux, gérant actions japonaises chez SYZ Asset Management. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai

Le marché actions de la troisième puissance économique mondiale, qui représente moins de 8% de l’indice global MSCI All-Country, est boudé à tort, explique-t-il.

“Pour les étrangers, les Européens comme les Américains, c’est un marché périphérique”, dit-il à Reuters. “Les investisseurs institutionnels, souvent, n’en ont même pas. Ils peuvent s’en passer.”

Parfois, ils prennent des paris, comme en 2013, avec l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe, vue d’un très bon oeil par les marchés, puis ils s’en vont, créant de gros mouvements et de la volatilité, dit-il.

En ce moment, l’engouement est minimal.

“Les investisseurs ont délaissé le marché japonais parce qu’ils sont entrés dans une mentalité de ralentissement économique global et qu’ils vendent en priorité les marchés périphériques, dont le Japon, qui est à 10.000 km, fait partie”, dit le gérant.

Relativement décorrélé des autres marchés et plus résistant en cas de fortes secousses, le marché japonais présente pourtant bien des avantages pour qui veut se diversifier, surtout s’il est prêt à acheter en yens et à offrir ainsi à son portefeuille une valeur refuge bienvenue en période de turbulences, plaide-t-il.

“L’erreur que font souvent les investisseurs est de se couvrir en risque de change alors qu’il serait plus avantageux d’investir en yens dans une stratégie de diversification, en sachant que si les marchés se mettent en mode ‘risk off’, à tous les coups, le yen s’apprécie”, explique-t-il.

UN MARCHÉ DÉCORRÉLÉ

“L’investisseur français, par exemple, ne se pose pas suffisamment la question de la viabilité de l’euro sur le long terme et néglige la diversification que lui offrirait un investissement en yens. Si vous couvrez le risque de change, vous perdez le bénéfice de la diversification.”

Autre atout des actions japonaises, la décorrélation, notamment par rapport aux actions européennes, très corrélées pour leur part aux actions américaines et émergentes, fait-il valoir.

“Le marché est assez volatil mais si vous prenez le Topix en euro, c’est-à-dire sans couverture de risque de change, depuis 2013, sa performance est inférieure à celle des actions américaines mais supérieure de manière constante à celle des actions européennes”, dit le gérant, graphique à l’appui.

Toute une partie de l’économie japonaise se porte bien même si la hausse de la TVA prévue pour octobre pourrait entraîner une récession limitée à la fin de l’année et début 2020, et la visibilité est totale du côté de la politique monétaire avec une banque centrale toujours prête à stimuler l’activité quand le besoin s’en fait sentir, complète Joël Le Saux.

Si tout va bien du côté des sociétés tournées vers le marché intérieur, les chiffres des exportations sont en baisse à cause de la Chine, ce qui ne signifie pas pour autant que les sociétés japonaises n’ont pas leur place dans un portefeuille, selon lui.

“Les sociétés japonaises sont relativement peu exposées à la Chine et sont maintenant plus multinationales qu’exportatrices, ce qui les rend moins vulnérables aux fluctuations du dollar”, dit-il.

Une tache, tout de même, dans ce tableau presque idyllique ?

“Il y a des incertitudes sur les sociétés cycliques liées à l’investissement productif en Chine, comme dans les machines-outils ou la robotique, avec des carnets d’ordres sensiblement sous pression depuis quelques mois et des incertitudes pour l’avenir”, avertit l’expert de SYZ AM.

édité par Marc Angrand

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