March 22, 2019 / 9:56 AM / 6 months ago

Le patron de Deutsche Bank l'un des mieux payés du secteur en Europe

FRANCFORT (Reuters) - Les membres du directoire de Deutsche Bank ont reçu leurs premières primes en quatre ans et le président Christian Sewing s’est vu octroyer sept millions d’euros de rémunération totale en 2018, faisant de lui l’un des patrons les mieux payés du secteur bancaire européen.

Les membres du directoire de Deutsche Bank ont reçu leurs premières primes en quatre ans et le président Christian Sewing s'est vu octroyer sept millions d'euros de rémunération totale en 2018, faisant de lui l'un des patrons les mieux payés du secteur bancaire européen. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

La publication vendredi du rapport annuel de la banque allemande sur les rémunérations intervient dans un contexte où Deutsche Bank envisage de fusionner avec Commerzbank, ce qui, selon les syndicats, pourrait entraîner jusqu’à 30.000 suppressions d’emplois.

Christian Sewing, aux commandes de Deutsche Bank depuis avril dernier, a conduit l’établissement à son premier bénéfice en quatre ans. Il avait perçu 2,9 millions d’euros au titre de 2017, avant d’être nommé président du directoire.

Sa rémunération de 2018 est supérieure à celle de plusieurs de ses homologues de grandes banques européennes, comme Jean-Laurent Bonnafé de BNP Paribas (environ 3,3 millions d’euros).

Elle est cependant inférieure à celle de Tidjane Thiam de Credit Suisse, qui a perçu 12,65 millions de francs suisses (11,23 millions d’euros).

LES PRIMES FONT DÉBAT EN ALLEMAGNE

Le directoire de Deutsche Bank a perçu une rémunération totale, primes comprises, de 55,7 millions d’euros en 2018, contre 29,8 millions d’euros un an auparavant, selon le rapport annuel.

Le total des primes pour 2018 s’est élevé à 1,9 milliard d’euros, contre 2,3 milliards il y a un an, soit une baisse de 14%, en raison notamment d’une réduction des effectifs, a déclaré Deutsche Bank.

Le versement des primes fait débat en Allemagne car l’opinion publique et de nombreux responsables politiques jugent les salaires des dirigeants déjà très élevés.

Fabio De Masi, élu de Die Linke, une formation de gauche, estime par exemple que quand une entreprise peut verser 1,9 milliard d’euros de primes, rien ne justifie de supprimer des emplois.

Gerhard Schick, activiste financier chez Finanzwende et ancien membre du parlement allemand, se demande pour sa part si les primes accordées par Deutsche Bank doivent être considérées comme des encouragements en vue d’une bonne performance.

“Cela contribue à une vision globalement négative de la banque, qui fait face à des scandales et veut apparemment se lancer dans une mauvaise fusion”, a-t-il déclaré.

Un porte-parole de Deutsche Bank n’a pas souhaité s’exprimer.

Un dirigeant de Blackrock, actionnaire de Deutsche Bank et Commerzbank, a par ailleurs déclaré qu’une fusion entre les deux banques “ne marcherait pas” si “l’objectif de cette opération est d’essayer à nouveau de créer une grande banque d’investissement inspirée du modèle américain”.

Deutsche Bank a aussi annoncé que ses coûts de contentieux devraient être “considérablement plus élevés” en 2019 qu’en 2018.

Dominique Rodriguez et Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten et Bertrand Boucey

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