March 21, 2019 / 5:19 PM / a month ago

Les banques freinent les actions après la Fed, le dollar remonte

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi mais au-dessus de leurs plus bas du jour en profitant du rebond de Wall Street au lendemain des décisions de politique monétaire plus accommodantes qu’attendu de la Réserve fédérale (Fed) américaine, qui ont pénalisé les valeurs financières.

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi. À Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 0,07%. A Londres, le FTSE 100 a gagné 0,88% alors qu'à Francfort, le Dax reculait de 0,46%. /Photo prise le 12 février 2019/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 0,07% (3,81 points) à 5.378,85 points après un plus bas de 5.349 points en début d’après-midi avant l’ouverture des marchés américains.

A Londres, le FTSE 100, une nouvelle fois dopé par la baisse de la livre sterling, a gagné 0,88% alors qu’à Francfort, le Dax reculait de 0,46%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,15%, le FTSEurofirst 300 0,01% et le Stoxx 600 0,04% après avoir perdu jusqu’à 0,62%.

La remontée de Wall Street, emmenée par les valeurs technologiques, a permis aux investisseurs en Europe de reprendre confiance tandis qu’une partie des investisseurs relativise la portée des décisions annoncées par la Fed mercredi.

“Nous maintenons nos prévisions selon lesquelles il n’y aura pas de récession des profits cette année et la croissance économique se redressera au second semestre. Toutefois, pour la plupart des classes d’actifs, ce scénario favorable semble déjà largement intégré dans les cours”, estiment ainsi les responsables de la stratégie d’investissement de DWS dans une note.

Reste que les motifs d’inquiétude sont loin d’avoir disparu, à commencer par l’imbroglio politique au Royaume-Uni, où le gouvernement de Theresa May tente de trouver une solution au blocage politique sur le Brexit. La scène s’est déplacée temporairement à Bruxelles, où se tient la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, un conseil au cours duquel la Première ministre britannique espère obtenir l’accord de ses partenaires à un report à fin juin de la sortie de son pays de l’UE.

“Même si une brève extension de l’article 50 au-delà du 29 mars est à portée de main (à condition que la Première ministre parvienne à faire adopter son accord par la Chambre des communes), comme les deux parties jouent la fermeté, le risque d’une erreur, c’est à dire d’un Brexit dur, est marqué”, écrivent les économistes européens de Nomura.

VALEURS

L’indice Stoxx européen des banques accuse la plus lourde perte du jour, un repli de 1,37% qui s’explique par la perspective d’un maintien plus long que prévu de taux bas, synonymes de pressions sur les marges de crédit.

A Paris, BNP Paribas a cédé 2,6%, Société générale 2,44% et Crédit agricole 1,71%.

La plus forte baisse du CAC est pour EssilorLuxottica, qui a chuté de 6,55% sur fond de montée des tensions entre ses branches française et italienne.

Sodexo a perdu 2,61% en réaction à l’abaissement de la recommandation de Goldman Sachs à “vendre”.

A la hausse, STMicroelectronics (+4,39%) affiche la meilleure performance du CAC 40 après les résultats et les prévisions de l’américain Micron Technology, qui ont ravivé l’espoir d’une reprise du marché mondial des puces.

Le Stoxx des hautes technologies a pris 0,59%, l’équipementier ASML Holdings 2,05%.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en nette hausse, le Dow Jones s’adjugeant 0,54%, le Standard & Poor’s 500 0,66% et le Nasdaq Composite 0,83%.

Si les valeurs bancaires restent dans le rouge au lendemain des annonces de la Fed (l’indice KBW du secteur cède 1,38%), le rebond est tiré par les technologiques après les résultats de Micron, qui bondit de 7,97%, et des avis favorables d’analystes sur Apple (+3,57%).

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, l’indice d’activité “Philly Fed” a rebondi nettement plus qu’attendu à 13,7 en mars alors que le consensus Reuters le donnait à 4,5 après -4,1 en février.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont par ailleurs diminué plus que prévu, à 221.000.

Dans la zone euro, l’indice de confiance du consommateur est légèrement remonté à -7,2 pour mars après -7,4 le mois dernier.

CHANGES

Après avoir perdu 0,8% mercredi, sa plus forte baisse sur une séance depuis le 7 février, l’indice dollar, qui mesure les fluctuations de la monnaie américaine face à un panier de devises de référence, est reparti de l’avant pour effacer la totalité de ses pertes de la veille.

Le billet vert a fini mercredi sous sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis dix mois mais certains analystes jugent son repli exagéré, même si les fondamentaux lui restent défavorables sur le long terme.

“Nous considérons les décisions du FOMC comme un signal significativement négatif pour le dollar et anticipons une poursuite de la baisse”, écrivent ainsi les responsables de la stratégie devises de Morgan Stanley dans une note.

L’euro, qui s’était rapproché du seuil de 1,1450 dollar mercredi pour la première fois depuis un mois et demi, est ainsi revenu autour de 1,1350.

La livre sterling, elle, continue de souffrir des craintes d’un Brexit sans accord, en attendant l’issue du Conseil européen de Bruxelles. Accusant sa plus lourde perte sur une séance depuis le début de l’année (-1,1% face au dollar), elle est passé sous 1,31 dollar pour la première fois depuis plus d’une semaine.

Elle a à peine réagi au communiqué de politique monétaire sans surprise publié par la Banque d’Angleterre.

TAUX

Les rendements des emprunts d’Etat américains, qui avaient plongé dans un premier temps après les annonces de la Fed, semblent se stabiliser, un peu en dessous de 2,52% pour le dix ans américain après un plus bas de 14 mois à 2,50%.

Son équivalent allemand a lui cédé plus de quatre points de base à 0,039% après être brièvement tombé à 0,034%.

PÉTROLE

Les cours du brut sont en baisse mais restent proches des plus hauts de l’année atteints en début de journée, la tendance de fond du marché pétrolier restant soutenue par la diminution des stocks, celle de la production de l’Opep et de ses alliés et les sanctions américaines visant l’Iran et le Venezuela.

Le Brent se traite autour de 68 dollars le baril après être monté à 68,69 dollars, au plus haut depuis le 13 novembre, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) évolue tout près du seuil de 60 dollars après un pic de plus de quatre mois à 60,33 dollars.

Les exportations pétrolières de l’Iran sont tombées en mars à leur niveau quotidien le plus bas de l’année, selon des sources du secteur.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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