February 28, 2019 / 9:10 PM / 10 months ago

Wall Street, sans inspiration, finit en légère baisse

(Reuters) - La Bourse de New York a fini en baisse jeudi, l’échec du sommet USA-Corée du Nord à Hanoï et des inquiétudes sur les résultats de société prenant le pas sur l’annonce d’une croissance meilleure que prévu au quatrième trimestre aux Etats-Unis.

La Bourse de New York a fini en légère baisse jeudi, l'indice Dow Jones cédant 0,27%. /Photo d'archives/REUTERS/Chip East

L’indice Dow Jones a cédé 69,16 points, soit 0,27%, à 25.916,00 et le S&P-500, plus large, a abandonné 7,89 points ou 0,28% à 2.784,49 Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 21,98 points (0,29%) à 7.532,53.

Le président Donald Trump a dit avoir renoncé à un accord sur la dénucléarisation de la Corée du Nord en raison de demandes inacceptables de Kim Jong Un, qui réclamait la fin des sanctions internationales frappant son pays.

“Je suis toujours prêt à renoncer si ce n’est pas un bon accord. Et je le ferais aussi avec la Chine si tel était le cas”, a-t-il déclaré après avoir écourté les pourparlers.

“L’absence de résultats du sommet suscite un peu de nervosité en faisant craindre un résultat semblable dans les négociations commerciales avec la Chine”, commente Jake Dollarhide, directeur général de Longbow Asset Management à Tulsa (Oklahoma).

“Mais le facteur principal est que la hausse a été vertigineuse depuis les plus bas touchés à la veille de Noël. Beaucoup de gens ont peur qu’on ait été trop loin trop vite.”

Après être revenu à environ 5% de sa clôture record de fin septembre, le S&P accuse sa troisième séance consécutive de baisse mais il affiche une hausse de 11% en deux mois.

Le mois de février s’est soldé par un gain de 2,97% pour l’indice de référence, le Dow s’octroyant pour sa part 3,67% et le Nasdaq 3,44%.

“Le marché est en panne de catalyseurs”, note pour sa part Oliver Pursche, stratège chez Bruderman Asset Management à New York. “Aujourd’hui il y a eu de bons indicateurs mais il y a aussi des inquiétudes autour des résultats de sociétés.”

Les analystes prévoient maintenant une baisse de 1,1% des bénéfices des sociétés du S&P 500 au premier trimestre, selon les dernières données d’IBES Refinitiv. Cette estimation était de -0,8% vendredi et de +5,3% le 1er janvier.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 2,6% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2018 après +3,4% sur les trois mois précédents, un chiffre supérieur aux attentes. Sur l’ensemble de 2018, la croissance a atteint 2,9%, son niveau le plus élevé depuis 2015.

Autre statistique positive, la croissance de l’activité dans la région de Chicago a fortement rebondi en février avec un indice PMI à 64,7 contre 56,7, selon l’enquête mensuelle auprès des directeurs d’achats. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une hausse bien moins marquée, à 57,0.

Le nombre d’Américains s’inscrivant au chômage a en revanche augmenté plus que prévu la semaine dernière, de 8.000 à 225.000, et le nombre d’allocataires a prorgessé à un plus haut de 10 mois, ce qui pourrait signaler un tassement de la dynamique du marché de l’emploi.

VALEURS

Huit des 11 grands indices sectoriels S&P 500 ont fini en baisse, emmenés par les matériaux (-1,27%) et l’énergie (-0,97%)

Plus forte baisse du S&P, le constructeur informatique HP a chuté de 17,27% après la publication d’un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 2,3% (à 9,66 milliards de dollars) mais inférieur aux attentes.

Egalement sanctionnés après leurs résultats, Booking Holdings, maison mère de Booking.com, a cédé 10,96% et le fabricant de bracelets de fitness Fitbit a lâché 13,83%.

Le laboratoire Celgene, dont le prochain de rachat par Bristol-Myers Squibb (BMS) est contesté par des fonds activistes, a perdu 8,65%.

La meilleure performance du S&P a été pour le groupe de boissons Monster Beverage, en hausse de 8,67% après l’annonce de résultats meilleurs que prévu. Hors indice, le distributeur J.C. Penney s’est envolé de 22,58% après la publication de résultats moins mauvais qu’attendu, accompagnés de l’annonce de la fermeture de 18 magasins supplémentaires.

Tesla s’est adjugé 1,63% dans l’attente d’une annonce présentée comme importante après la clôture.

Au total, quelque 8,22 milliards de titres ont changé de mains sur les marchés américains, à comparer à une moyenne de 7,34 milliards sur les 20 dernières séances.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes, en baisse le matin, ont terminé en hausse pour la plupart, aidées par le PIB américain meilleur que prévu. Le CAC 40 parisien a pris 0,29% et le Dax allemand 0,25%, mais le Footsie britannique a cédé 0,46%, affecté par les valeurs minières. [.EU]

L’indice EuroStoxx 50 a gagné 0,47%, le FTSEurofirst 300 0,05% et le Stoxx 600 0,06%. Sur l’ensemble du mois de février, le Stoxx 600 a pris 3,9%, portant sa hausse à 10% depuis le 1er janvier.

TAUX

Les rendements des emprunts d’Etat ont progressé en réaction à la statistique meilleure que prévu de la croissance qui a apaisé les craintes d’un brusque ralentissement de l’économie.

Le rendement des Treasuries à 10 ans, baromètre du sentiment du marché sur la santé de l’économie, s’est apprécié de 3,1 points de base à 2,724% et celui des bons à deux ans, qui reflète les anticipations sur l’évolution des taux de la Réserve fédérale, a monté de 1,8 point de base.

“Même si on a des chiffres plus contrastés au premier trimestre, ce n’est pas la fin du monde et le risque de récession est loin de ce qu’on pouvait craindre”, commente Stan Shipley, stratège chez Evercore ISI.

CHANGES

Le dollar, initialement en baisse, s’est retourné à la hausse après les chiffres du PIB.

Face au yen, il atteint un plus haut de 10 semaines à 111,49 avant de revenir vers 111,42 (+0,4%).

Contre l’euro, il a réduit ses pertes pour s’afficher stable autour de 1,1370 après un creux de trois semaines.

L’indice dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de six devises de référence, grappillait 0,05% en fin de séance après avoir touché là aussi un plus bas de trois semaines.

Le franc suisse progressait lui à 0,9973 pour un dollar (+0,3%), profitant des inquiétudes suscitées par l’échec du sommet de Hanoï.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé sur une note irrégulière sur le new-yorkais Nymex, le brut léger américain restant bien orienté, à un peu plus de 57 dollars, alors que le Brent de mer du Nord, en baisse de 0,54% à 66,03 dollars, a pâti d’un indicateur chinois défavorable.

OR

La hausse du dollar en réaction au PIB meilleur que prévu a pénalisé l’or, tombé en séance à un plus bas depuis le 15 février de 1.312,43 dollars. A la clôture de Wall Street le métal fin cédait 0,5% à 1.313,14 sur le marché au comptant, accusant sur l’ensemble de février sa première baisse mensuelle en cinq mois.

Le palladium a repris 0,9% à 1.542 dollars l’once, à distance toutefois de son record de 1.565,09 atteint cette semaine, au terme d’un mois de février qui l’a vu signer sa plus forte hausse mensuelle depuis novembre 2016.

À SUIVRE VENDREDI

La séance sera rythmée par les indices PMI manufacturiers mais les investisseurs seront aussi attentifs à l’indicateur d’inflation PCE Core aux Etats-Unis, suivi de près par la Réserve fédérale.

avec Sinéad Carew à New York et Shreyashi Sanyal à Bangalore, Véronique Tison pour le service français

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