February 28, 2019 / 5:29 PM / 22 days ago

L'Europe revient dans le vert après le PIB US, Wall St hésite

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, la plupart ayant remonté après une statistique de croissance américaine meilleure que prévu, alors qu’elles évoluaient toutes dans le rouge auparavant, l’optimisme suscité par l’évolution des discussions commerciales sino-américaines et par le sommet de Hanoï entre Pyongyang et Washington étant quelque peu retombé.

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi. À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,29%. Le Footsie britannique a cédé 0,46%, et le Dax allemand a avancé de 0,25%. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Wall Street, pour sa part, ne parvient pas à décoller en dépit des statistique meilleures qu’attendu du PIB américain.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,29% à 5.240,53 points. Le Footsie britannique a cédé 0,46%, affecté par les valeurs minières, et le Dax allemand a avancé de 0,25%.

L’indice EuroStoxx 50 a gagné 0,47%, le FTSEurofirst 300 0,05% et le Stoxx 600 0,06%.

A 2,6% en rythme annualisé, la croissance a fléchi aux Etats-Unis au dernier trimestre 2018 mais moins qu’on ne le craignait, toujours soutenue par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Mais sur l’ensemble de 2018, elle a été légèrement inférieure à l’objectif de 3% affiché par l’administration Trump.

Sur le plan international, les Etats-Unis et la Chine sont encore loin d’un accord qui mettra fin au conflit commercial “le plus grave” que Washington ait eu à affronter, a déclaré mercredi le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, soulignant la nécessité de voir la Chine opérer des changements en profondeur.

Pour autant, Washington s’efforce de parvenir à un accord commercial détaillé avec Pékin qui inclurait des engagements structurels, a déclaré jeudi le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, à la chaîne de télévision CNBC, ajoutant que les deux parties avaient déjà bien progressé et espéraient avancer encore dans les discussions à venir.

Le sommet de Hanoï entre les Etats-Unis et la Corée du Nord s’est par ailleurs conclu sans accord car le numéro un nord-coréen, Kim Jong Un, a réclamé une levée totale et immédiate des sanctions internationales visant son pays du fait de ses activités nucléaires et balistiques, a dit le président américain Donald Trump.

Mais le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo n’a pas exclu que les Etats-Unis et la Corée du Nord aient de nouveaux entretiens après ce sommet non concluant.

VALEURS

L’action Engie a signé la plus forte baisse du CAC 40 (-4,68%), le nouveau plan stratégique présenté par le fournisseur de gaz et d’électricité ayant visiblement du mal à convaincre les investisseurs.

A l’inverse, la plus forte progression de l’indice parisien revient à Vivendi (+5,37%). Selon plusieurs sources, le groupe américain spécialisé dans les rachats d’entreprise KKR et le chinois Tencent Music Entertainment étudient des offres rivales sur jusqu’à 50% du capital d’Universal Music Group, dont Vivendi entend céder une partie.

Le bond de Vivendi a permis à l’indice européen des médias de gagner 1,38%, la meilleure performance sectorielle de la journée.

Egalement en hausse, Carrefour a pris 2,53%, le distributeur ayant redressé la barre en 2018 et affiché sa confiance dans son plan stratégique en relevant certains de ses objectifs.

Les deux plus fortes hausses du Stoxx 600 reviennent à Zalando (+23,76%) et à Altran (+7,56%) à l’issue de leurs publications annuelles, bien accueillies.

Sunrise a chuté de 8,47% après avoir annoncé le rachat de la filiale helvétique de Liberty Global pour un montant total de 6,3 milliards de francs (5,5 milliards d’euros), dettes incluses. C’est la plus forte perte du Stoxx 600.

La baisse des cours de certains métaux industriels comme le cuivre, en réaction à un PMI manufacturier chinois décevant, a pesé sur l’indice des ressources de base, qui réalise la plus mauvaise performance sectorielle du jour avec une perte de 2,23%.

À WALL STREET

Wall Street évoluait dans le rouge à la clôture des Bourses européenne avec toutefois de faibles écarts - un peu plus marqués pour le Nasdaq - même si la croissance du quatrième trimestre a été meilleure que prévu aux Etats-Unis.

Le Dow Jones cédait 0,1%, tandis que le S&P-500 lâchait 0,08% et que le Nasdaq Composite revenait à l’équilibre.

Plus préoccupante est la hausse plus forte que prévu du nombre d’Américains inscrits au chômage la semaine dernière, synonyme peut-être d’un marché de l’emploi moins porteur.

Enfin, le sommet écourté entre Washington et Pyongyang n’incite pas les investisseurs à prendre des risques, tout comme certains résultats de sociétés jugés décevants, comme ceux de HP et de Booking Holdings.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Allemagne, l’inflation est restée éloignée de l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE) pour le troisième mois d’affilée en février, ce qui semble montrer que les pressions sur les prix restent contenues dans la première économie européenne en dépit de taux d’intérêt très bas.

En France, la croissance a été confirmée à 1,5% en 2018, en net ralentissement par rapport aux 2,3% de 2017, tandis que la consommation des ménages a rebondi bien plus qu’on ne s’y attendait en janvier, après sa baisse de décembre.

Aux Etats-Unis, outre la statistique de la croissance, les traders ont pu apprendre que le nombre d’Américains s’inscrivant au chômage a augmenté plus que prévu la semaine dernière et le nombre d’allocataires a progressé à un plus haut de dix mois, ce qui pourrait signaler un tassement de la dynamique du marché de l’emploi.

Enfin, la croissance de l’activité dans la région de Chicago a fortement rebondi en février alors qu’elle avait nettement ralenti le mois précédent.

CHANGES

Le dollar se stabilise face à un panier de devises de référence, contre lequel il avait touché la veille un plus bas de trois semaines, et réduit ses pertes face à l’euro à la faveur des chiffres du PIB américain.

Cette statistique, explique Eric Viloria, stratège changes du Crédit agricole, vient confirmer le diagnostic de la Réserve fédérale d’une économie américaine solide mais confrontée à des obstacles liés au commerce international ou encore à la dissipation des effets des baisses d’impôts de l’an passé.

“Nos économistes ont prévu une hausse de taux de plus cette année et il n’y a pas lieu de changer ça; la statistique du PIB n’est pas vraiment une surprise pour la Fed”, dit-il.

L’indice du dollar perd 0,03% à 96,128 tandis que l’euro gagne 0,1% à 1,1382 dollar.

TAUX

Le rendement de l’emprunt de référence américain à 10 ans est remonté à la suite de la publication de la statistique du PIB américain du quatrième trimestre. Il est repassé au-dessus de 2,71%, un niveau qu’il avait frôlé la veille, en s’établissant à 2,7186%.

Le rendement du Bund à 10 ans progresse lui aussi, à 0,185%, même si la statistique de l’inflation allemande a montré que celle-ci restait bien éloignée de l’objectif de la Banque centrale européenne.

PÉTROLE

Le WTI texan et le Brent de mer du Nord évoluent dans des sens opposés, le premier gagnant du terrain alors que le second reste orienté à la baisse en raison de la persistance de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, du ralentissement économique chinois et d’une production de pétrole de schiste record aux Etats-Unis, qui met à mal les efforts de l’Opep pour rééquilibrer le marché.

Mais les analystes spécialisés croient de moins en moins à une forte hausse des prix du pétrole cette année, l’augmentation continue de la production des Etats-Unis et la dégradation de la conjoncture économique mondiale menaçant d’annihiler le processus d’encadrement du marché engagé par l’Opep et ses alliés.

Le Brent de mer du Nord perd autour de 0,6% à 66 dollars le baril, tandis que le WTI progresse de 0,3% à un peu plus de 57 dollars le baril.

À SUIVRE VENDREDI 1ER MARS

Publication des indices manufacturiers PMI de la Chine, de la France, de l’Allemagne, de la zone euro et de la Grande-Bretagne, ainsi que l’indice ISM manufacturier des Etats-Unis. Une première estimation de l’inflation de la zone euro en février sera également donnée.

Édité par Marc Angrand

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