February 26, 2019 / 9:26 PM / 25 days ago

Wall St cède aux prises de profits après des indicateurs mitigés

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York a fini en légère baisse mardi une séance en dents de scie après des indicateurs économiques et des résultats d’entreprise mitigés qui ont favorisé des prises de bénéfice, même si les déclarations au Sénat de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, ont quelque peu rassuré.

La Bourse de New York a fini en légère baisse mardi. L'indice Dow Jones a perdu 33,97 points, soit 0,13%. /Photo prise le 25 février 2019/REUTERS/Brendan McDermid

L’indice Dow Jones a perdu 33,97 points, soit 0,13%, à 26.057,98.

Le S&P-500, plus large, a cédé 2,21 points, soit 0,08%, à 2.793,9 et le Nasdaq Composite a reculé de 5,16 points, soit 0,07%, à 7.549,30.

Lors d’une audition au Sénat à Washington, Jerome Powell, a estimé que la croissance de l’économie américaine devrait rester soutenue cette année malgré la montée des risques et la dégradation des indicateurs économiques, et il a réaffirmé que la banque centrale resterait “patiente” en matière de relèvement des taux d’intérêt.

Parallèlement, les investisseurs attendent des éclaircissements sur l’issue des discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

“Il y avait plus d’incertitude aujourd’hui qu’hier”, a commenté Sameer Samana, stratège senior de Wells Fargo Investment Institute. “Les indicateurs économiques sont mitigés, le rally des marchés dure depuis environ deux mois; tout ça mis bout à bout suggère que c’est peut-être le bon moment pour prendre des bénéfices. Il s’agit pas de ventes massives mais de prises de profits à la marge.”

Le S&P-500 avait atteint lundi son plus haut niveau depuis début novembre, à moins de 5% de son record de septembre.

Sameer Samana a également évoqué les interrogations suscitées par les informations de presse selon lesquelles l’ex-avocat de Donald Trump Michael Cohen pourrait faire des déclarations embarrassantes pour Donald Trump lors d’auditions au Congrès.

LES INDICATEURS DU JOUR

L’indice de confiance du consommateur américain s’est redressé plus nettement qu’attendu en février, à 131,4 après 121,7 en janvier alors que le consensus Reuters le donnait à 124,7.

Le rebond est plus marqué encore pour l’indice mesurant les anticipations des ménages, à 103,4 après 89,4.

Les nouvelles sont moins encourageantes du côté du marché immobilier: les mises en chantier de logements ont chuté de 11,2% en décembre pour revenir à leur plus bas niveau depuis plus de deux ans et la hausse des prix a continué de ralentir.

VALEURS

Plus forte baisse du Dow Jones, Caterpillar a perdu 2,43% après l’abaissement de la recommandation d’UBS à “vendre” contre “acheter”. Les analystes de la banque estiment que les principaux moteurs du chiffre d’affaires que sont les marchés de la construction en Amérique du Nord et en Chine et celui du pétrole et du gaz auront bientôt atteint un pic.

Le géant des magasins de bricolage et d’aménagement intérieur Home Depot a cédé 0,88%, ses ventes à périmètre comparable ayant raté le consensus au quatrième trimestre de son exercice fiscal, conséquence selon le groupe d’un hiver “froid, neigeux et humide”.

JPMorgan, principal contributeur à la baisse du S&P-500, a abandonné 0,76% après avoir mis en garde contre un risque de récession aux Etats-Unis, qui pourrait freiner sa rentabilité.

A la hausse, les technologiques ont soutenu la tendance, à commencer par Cisco Systems, meilleure performance du Dow avec un gain de 0,77% et Microsoft MSFT.O> (+0,69%).

L’indice S&P des “techs” a pris 0,2%, la meilleure performance des 11 grands indices sectoriels S&P.

TAUX

Sur le marché obligataire américain, le discours prudent de Jerome Powell et la baisse des mises en chantier l’ont emporté sur le rebond de la confiance du consommateur, ce qui s’est traduit par une baisse des rendements.

Ce mouvement a été amplifié par la forte demande suscitée par l’adjudication de 32 milliards de dollars de titres à sept ans, bouclée avec un rendement à l’émission de 2,538%, me plus bas depuis 2007 pour cette maturité.

Le rendement des Treasuries à dix ans a cédé plus de trois points de base à 2,639% et le deux ans près de deux points à 2,488%.

“Il n’y a rien (dans les déclarations de Powell-ndlr) qui suggère que la Fed modifiera les taux avant le milieu de l’année au plus tôt”, estime Omair Sharif, économiste senior pour les Etats-Unis chez Société générale.”

Selon une enquête de JPMorgan publiée mardi, l’intérêt des investisseurs pour les emprunts d’Etat américains a atteint son plus haut niveau depuis septembre 2016.

CHANGES

Les propos de Jerome Powell ont pénalisé le dollar: en fin de séance, l’indice qui mesure ses fluctuations face à un panier de devises de référence cédait 0,36%, non loin du plus bas de trois semaines touché en matinée.

L’euro se traitait alors à 1,1388 dollar, en hausse de 0,26% après avoir dépassé la barre de 1,14 pour la première fois depuis le 6 février.

“Le message de fond adressé par Powell, c’est que la Fed doit être prudente. A ce stade, la Fed semble laisser entendre qu’elle a des doutes sur la situation économique”, a commenté Juan Perez, trader senior chez Tempus.

La livre sterling, elle, s’appréciait de plus de 1% face au dollar, au plus haut depuis cinq mois, et de près de 1% face à l’euro après le discours de Theresa May laissant la porte ouverte à un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars.

LA SÉANCE EN EUROPE

A l’exception de Londres, pénalisée par la hausse de la livre, les places boursières européennes ont fini la journée dans le vert, profitant de l’orientation positive de Wall Street en matinée.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,13% à 5.238,72 points et à Francfort, le Dax a pris 0,31%.

L’indice paneuropéen EuroStoxx 50 a progressé de 0,28%, le FTSEurofirst 300 de 0,36% et le Stoxx 600 de 0,39%, au plus haut depuis le 8 octobre. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,45%.

La séance parisienne a été marquée entre autres par la bisse de 2,94% de PSA après la publication des résultats records en 2018 mais néanmoins inférieurs aux attentes pour le chiffre d’affaires et le bénéfice net.

PÉTROLE

Au lendemain d’un repli marqué, les cours du pétrole ont terminé en hausse, le marché anticipant un maintien de la politique de production de l’Opep malgré les critiques du président américain, Donald Trump.

La perspective d’une augmentation des exportations libyennes a toutefois limité la progression des prix.

Le contrat avril sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagnait en clôture deux cents, soit 0,04%, à 55,50 dollars le baril, après avoir évolué entre 55,02 et 55,99 dollars.

Le Brent a pris 45 cents (0,69%) à 65,21 dollars après un pic à 65,60 dollars. Il avait perdu 3,5% lundi, sa plus forte baisse sur une séance depuis deux mois.

Avec Sinéad Carew à New York et Shreyashi Sayal à Bangalore

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