February 11, 2019 / 10:03 AM / 6 months ago

GB: Croissance de 1,4% en 2018, au plus bas depuis six ans

par David Milliken et Andy Bruce

La croissance britannique a fortement ralenti au quatrième trimestre pour s'établir à 1,4% sur l'ensemble de 2018, son niveau le plus faible depuis six ans, selon les données publiées lundi par l'Office national de la statistique (ONS). /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger

LONDRES (Reuters) - La croissance britannique a fortement ralenti au quatrième trimestre pour s’établir à 1,4% sur l’ensemble de 2018, son niveau le plus faible depuis six ans, selon les données publiées lundi par l’Office national de la statistique (ONS).

La croissance est ressortie à 0,2% en octobre-décembre par rapport aux trois mois précédents, après +0,6% au troisième trimestre, et le produit intérieur brut (PIB) s’est contracté de 0,4% sur le seul mois de décembre, le plus mauvais résultat depuis mars 2016.

Les inquiétudes autour du Brexit ont découragé l’investissement des entreprises tandis que le ralentissement économique mondial a freiné le commerce extérieur, a expliqué l’ONS.

La croissance du quatrième trimestre est conforme aux estimations des économistes interrogés par Reuters mais la contraction du mois de décembre a défavorablement surpris, puisqu’ils tablaient en moyenne sur un chiffre stable.

“Le chiffre mensuel est très mauvais”, commente Kallum Pickering, économiste qui suit le Royaume-Uni pour Berenberg. “Les données mensuelles peuvent être volatiles mais c’est un mauvais signe à l’orée de 2019, avec l’incertitude autour du Brexit qui est à son pic et des signes de ralentissement de l’activité en zone euro et aux Etats-Unis.”

La livre sterling a perdu 0,3% face au dollar et à l’euro après la statistique, à respectivement à 1,2895 dollar et 87,72 pence pour un euro..

Le devise avait déjà perdu du terrain la semaine dernière en raison de l’impasse dans les négociations sur le Brexit qui a amené la Banque d’Angleterre (BoE) à réduire fortement ses prévisions de croissance.

En rythme annuel, la croissance du quatrième trimestre s’établit à 1,3%, à comparer à un consensus de 1,4%.

La croissance de 1,4% sur l’ensemble de 2018, la plus faible depuis 2012, se compare à un taux de 1,8% en 2018. Pour cette année la BoE a réduit sa prévision d’un demi-point à 1,2%, ce qui serait la plus mauvaise performance depuis la récession de 2009.

Les derniers mois de 2018 ont vu la croissance fléchir dans toutes les grandes économies, en partie à cause des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, mais le divorce compliqué avec l’Union européenne a encore compliqué la donne pour le Royaume-Uni.

Le ministre des Finances Philip Hammond a assuré que les derniers chiffres témoignaient d’une économie toujours “fondamentalement solide” et il a ajouté que les prévisionnistes de l’Etat n’anticipaient pas une récession.

LA CONSOMMATION RÉSISTE

Les données de l’ONS montrent que le commerce extérieur a amputé la croissance de plus de 0,1 point au quatrième trimestre, et la baisse de l’investissement a pesé dans les mêmes proportions.

L’investissement des entreprises a reculé de 3,7% par rapport au quatrième trimestre 2017, sa plus forte baisse depuis les trois premiers mois de 2010 quand le pays sortait de récession.

“Le PIB a ralenti pendant les trois derniers mois de l’année avec de fortes baisses dans la production de véhicules et de produits sidérurgiques et également un déclin dans la construction”, a déclaré Rob Kent-Smith, statisticien à l’ONS.

La consommation des ménages, principal moteur de la croissance étonnamment forte en milieu d’année, a toutefois fait preuve de résilience avec une progression de 1,9% sur un an.

De manière générale, l’investissement des entreprises marque le pas depuis le référendum de juin 2016 sur le Brexit, auquel la BoE impute la stagnation de la productivité.

La banque centrale prévoit une baisse de l’investissement des entreprises et des ménages cette année, et une réduction de moitié de la croissance des exportations.

Des données publiées séparément lundi ont montré une stabilité du déficit des échanges de biens à 12,1 milliards de livres en décembre, comme attendu par les économistes.

Tableau

Véronique Tison pour le service français, édité par Patrick Vignal

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