February 4, 2019 / 5:33 PM / 3 months ago

Londres a offert à Nissan des garanties sur le Brexit et une aide

LONDRES (Reuters) - Le gouvernement britannique avait promis à Nissan une aide pouvant atteindre 80 millions de livres (91,5 millions d’euros) et des garanties sur le Brexit pour obtenir du constructeur automobile japonais un investissement majeur en Grande-Bretagne en 2016, montre lundi une lettre rendue publique par le gouvernement et restée auparavant confidentielle.

L'usine de Nissan à Sunderland. Le gouvernement britannique avait promis à Nissan une aide pouvant atteindre 80 millions de livres et des garanties sur le Brexit pour obtenir du constructeur automobile japonais un investissement majeur en Grande-Bretagne en 2016, montre lundi une lettre rendue publique par le gouvernement. /Photo prise le 4 février 2019/REUTERS/Phil Noble

Nissan a annoncé en octobre 2016 qu’il produirait la nouvelle génération de ses SUV Qashqai et X-Trail dans son usine de Sunderland mais il est en partie revenu sur cet engagement dimanche en renonçant à la production du X-Trail sur ce site du nord de l’Angleterre.

“Bien que nous ayons pris cette décision pour des raisons commerciales, l’incertitude persistante concernant les relations futures entre le Royaume-Uni et l’UE n’aide pas les entreprises comme la nôtre à planifier leur avenir”, a souligné Gianluca de Ficchy, président de Nissan en Europe, dans un communiqué publié dimanche.

A l’époque, le projet d’investissement du groupe japonais, qui promettait 740 nouveaux emplois, avait été salué comme un témoignage de confiance envers la Grande-Bretagne par la Première ministre Theresa May, qui venait d’entrer en fonctions et entamait le processus de sortie de l’Union européenne.

Le gouvernement a régulièrement refusé de publier cette lettre, dont l’existence a nourri les soupçons, notamment chez certains partisans du Brexit, selon lesquels il négociait des accords confidentiels avec certaines entreprises susceptibles de contraindre Londres à continuer de respecter des mécanismes européens malgré la sortie de l’UE.

PROMESSE D’UN ACCÈS AU MARCHÉ UNIQUE

“Le gouvernement reconnaît pleinement l’importance du marché européen pour votre présence à Sunderland”, écrit le ministre des Entreprises, Greg Clark, dans cette lettre adressée à Carlos Ghosn, alors PDG de Nissan.

“Une priorité essentielle de notre négociation sera de soutenir les constructeurs automobiles du Royaume-Uni et de garantir que leur capacité d’exporter vers ou d’importer en provenance de l’UE ne sera pas affectée négativement par les futures relations du Royaume-Uni avec l’UE.”

“Nous allons nous fixer des ambitions élevées et chercher de manière énergique à conserver un accès au marché européen en tant qu’objectif dans les négociations futures.”

Greg Clark souligne qu’une aide pouvant aller jusqu’à 80 millions de livres pour la formation, la recherche et le développement et l’innovation est conditionnée à la production des nouveaux modèles Qashqai et X-Trail en Grande-Bretagne.

Le ministre des Entreprises a déclaré lundi devant le parlement que, Nissan ayant modifié les termes de son investissement, le constructeur devrait déposer une nouvelle demande d’aide financière. Sur les 61 millions de livres déjà validés, seuls 2,6 millions ont été effectivement versés à Nissan, a-t-il ajouté.

Nissan, qui produit dans l’usine de Sunderland près d’un tiers des 1,52 million de voitures assemblées en Grande-Bretagne à l’année, exporte l’essentiel de cette production vers les pays de l’UE et, comme le reste du secteur automobile, le constructeur s’inquiète du rétablissement de droits de douane en cas de Brexit sans accord.

“La lettre, rédigée en octobre 2016, montre la volonté continue de Nissan et du gouvernement britannique de soutenir l’investissement au Royaume-Uni et de garder Sunderland comme l’un des pôles industriels de Nissan en Europe”, a dit le constructeur lundi.

Le groupe japonais va continuer à produire ses nouveaux modèles Juke et Qashqai dans l’usine de Sunderland, inaugurée en 1986 à la suite des efforts de la Première ministre de l’époque, Margaret Thatcher, pour inciter les entreprises japonaises à se servir de la Grande-Bretagne comme porte d’accès au marché européen.

Des délégués syndicaux ont rencontré des représentants de Nissan lundi et se sont engagés à se battre pour assurer l’avenir du site.

Avec Kylie MacLellan; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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